Samedi, 15 December 2018
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Douala:arrêt des poursuites contre Mimi Mefo

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Le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire de Douala-Bonanjo a demandé le désistement de l’action publique contre la journaliste d’Equinoxe Tv.
Par Blaise Djouokep

15h20mn. Mimi Mefo Takambou quitte le tribunal militaire de Douala-Bonanjo, libre. Tout autour d’elle, on aperçoit une foule composée de ses avocats, de journalistes et membres de sa famille, venus l’assister et lui porter soutien. Les journalistes membres du Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc) exultent et sortent de l’enceinte du tribunal pour laisser exploser leur joie. L’émotion est lisible sur le visage de Mimi Mefo, ainsi que de sa maman. Une dizaine de minutes après sa sortie du tribunal, la journaliste s’engouffre dans un véhicule, tournant alors la page de cette affaire qui, en l’espace de six jours, lui aura suscité des émotions les plus fortes de sa vie.
Hier lundi, 12 novembre, l’attente aura été longue, mais l’issue du procès lui est heureuse. A 15h, lorsque le juge du tribunal militaire appelle l’affaire, trois chefs d’accusation sont connus contre la journaliste. Elle est poursuivie pour incitation à la révolte, outrage aux forces de défense et mise en mal de la cohésion sociale. Mimi Mefo est identifiée par le tribunal en déclinant son identité. Pendant que le juge prend encore des notes, le commissaire du gouvernement se lève, prend la parole, et demande l’arrêt des poursuites contre Mimi Mefo Takambou. Le juge prendra note avant de prononcer le « désistement de l’action publique, et donc de l’arrêt des poursuites » et « ordonner le classement de la procédure au greffe du tribunal militaire ».
D’après Me Para Isofa, l’un des conseils du collège d’avocats assurant la défense de Mimi Mefo, « le commissaire du gouvernement a demandé l’arrêt des poursuites conformément aux dispositions du code de justice militaire qui prévoit notamment en son article 13 alinéa 4 que ‘‘ sur prescription du président de la République, le ministre chargé de la Justice militaire peut arrêter à tout moment, avant le prononcé du jugement, toute poursuite pénale devant le tribunal militaire’’ ». Me Para Isofa précise que « c’est le fondement légal sur lequel le tribunal s’est appuyé pour donner acte au ministère public qui est la partie poursuivante, pour l’arrêt des poursuites ».
Bien que satisfait, Me Fénelon Mahop Sen relève que c’est un procès dont on pouvait se passer. « C’est un procès pour rien. Nous sommes dans un pays où les libertés individuelles sont piétinées », déplore l’avocat. Ainsi s’achève une affaire qui a duré six jours, laquelle commence le mercredi, 07 novembre par l’audition à 14h, puis l’incarcération de Mimi Mefo Takambou à la prison centrale de Douala à 23h30mn, suite à un mandat de détention provisoire. Samedi, 10 novembre, la rédactrice-en-chef adjointe en charge du desk anglais d’Equinoxe télévision est remise en liberté en toute discrétion aux environs de 13h45mn « en exécution de l’ordre de mise en liberté du commissaire du gouvernement du tribunal militaire de Douala », comme indiqué sur son bulletin de levée d’écrou, marquant l’arrêt des poursuites. Une affaire qui a pris de l’envergure et dont on ne parlera plus.
Quant à son confrère Michel Biem Tong, une source renseigne qu’il est attendu au tribunal militaire de Yaoundé au plus tard demain, 14 novembre. En effet, c’est depuis le 23 octobre dernier qu’il est incarcéré au Secrétariat d’Etat à la defense (Sed).

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