Jeudi, 22 Août 2019
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Djaïli Amadou Amal:une plume au service de ces dames

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Lauréate du Prix  Orange du livre en Afrique, l’écrivaine de 44 ans dénonce les violences faites aux femmes.

Par  Vanessa Bassale

Des mains du ministre des Arts et de la Culture et ceci devant un parterre d’invités, Djaili Amadou Amal a reçu le 22 mai dernier  à Yaoundé le premier Prix Orange du livre en Afrique (Pola). Son roman « Munyal, les larmes de la patience » publié en avril 2018 aux Editions proximité a séduit le jury. Encerclée à la fin de la cérémonie par des proches qui souhaitent la féliciter, la lauréate ne cache pas sa joie.  « On ne s’habitue jamais à recevoir un prix. Chaque récompense apporte une joie particulière », confie, émue, celle qui a remporté en mars dernier le Prix panafricain de la littérature lors du récent Salon du livre de Paris.

Cependant, il ne faut pas s’y tromper. Cette douce timidité cache une volonté et une détermination de fer. En effet, depuis son premier roman « Walaande, l’art de partager un mari » (IfriKiya, 2010), Djaili Amadou Amal dénonce les violences faites aux femmes. Elle aborde par exemple les questions de violences conjugales, de polygamie et de mariage forcé. Un mariage forcé dont elle a elle-même été victime à l’âge de 17 ans.  Comme Ramla, l’un des personnages principaux du livre primé, elle a dû arrêter ses études  trop tôt pour devenir une épouse et ensuite une mère. Toujours comme Ramla, elle  a réussi à se défaire de cette union empoisonnée et à se construire une autre vie. Les similitudes entre la trajectoire personnelle de l’auteure et celle de certains personnages de ses livres sont si nombreuses qu’elles donnent l’impression que cette dernière réécrit au présent son propre passé. « Mes livres ne sont pas des autobiographies », renseigne t-elle avant de reconnaitre que ses œuvres sont certes inspirées de son vécu mais aussi de celui de milliers d’autres femmes.

Ecrivaine engagée, elle est la voix des sans voix. La voix de celles qui aimeraient crier « Ça suffit ! J’en ai assez ! Je ne veux plus supporter ! ». Faisant fie des pesanteurs sociales, cette quadragénaire utilise sa plume pour hurler le mal être de ces femmes. Le Pola qu’elle vient de recevoir servira certainement d’amplificateur ou de haut-parleur à son message.

A ceux qui pensent que ses écrits à eux seuls ne résoudront pas le problème des violences faites aux femmes, l’auteure répond qu’ « au moins ils suscitent le débat ». Selon elle, la dénonciation d’un fléau est la première étape de son processus d’éradication.  Pour donner corps à son combat, elle crée en 2012 l’association Femmes du Sahel. Une association, qui comme l’Alvf, de sa grande amie Aissa Doumara, la lauréate du premier prix Simone Veil, lutte contre les violences faites aux femmes.

Si elle est aujourd’hui célébrée pour son œuvre, cette fille d’Iman née en 1975 à Maroua dit tout devoir à la grande ouverture d’esprit de son juriste de père. Ce dernier bien qu’étant une autorité musulmane lui permettait de se rendre  à l’église catholique pour prendre des livres car à l’époque c’était le seul endroit où on en trouvait. Aujourd’hui, avec déjà trois romans publiés et de nombreux prix glanés  la romancière avoue ne pas être tentée par d’autres genres littéraires. Elle rêve cependant de voir ses œuvres adaptées au cinéma.

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