Jeudi, 17 Octobre 2019
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Dites bonjour docteur

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On l’a dit cent fois, mais on ne peut se lasser de le répéter, l’attente et l’accueil dans nos centres hospitaliers figurent au second rang sur les tables de mortalité. J’ai passé deux heures à l’hôpital d’Efoulan le 27 septembre à me gratter les couilles ! Pour reprendre les mots de Donny Elwood. J’étais venu voir la docteure qui, un mois plus tôt, m’avait prescrit une batterie d’examens comme si petit corps était devenu un véritable Tchernobyl. Je tenais en main mes résultats codés comme le langage d’une société secrète. La médecine en est une !

Il est 11h tapantes. Le soleil tape comme un coup de poing. Il faut payer le billet de session. Une dame ronde comme le globe, d’une humeur canine donc !, me voyant agiter un billet de 5000F, lance : « Allez d’abord faire la monnaie ! » Le mutant s’exécute. Y’a des jours où je ne suis qu’un exécutant ! Je tape du pied ! Je me dirige ensuite vers l’aide soignante, une autre fâchée qui m’arrache presque le carnet des mains ! Je m’assois sur le banc de touche. Cela en est un, car personne ne sait quand arrivera son tour d’entrer sur l’aire de jeu. Tout dépend de l’humeur du coach… Je tape du pied. Il est 11h 30. Je suis resté seul. Le cœur cognant dans la poitrine. Puis, j’entends la « Porte des étoiles » s’ouvrir. La docteure tourne la clé dans la serrure, tourne le dos sans daigner regarder quel crapaud est assis et s’en va presqu’en courant! J’avoue que sans sa blouse blanche, elle est plutôt coquette ! Sa robette s’envole au vent qui entre et sort dévoilant des cuisses magnifiques ! Avec son beau visage lisse aux traits simples, sa bouche bien dessinée, elle avait dû faire des ravages dans les bals du samedi soir. Elle disparait dans le portail comme si elle avait Belzebuth aux trousses. « Elle revient d’ici 30 minutes », annonce la secrétaire. Beh, elle aurait pu me le dire, non ? Sous cette chaleur d’ananas je sors prendre de l’air dans la cour. « Sûr qu’il va pleuvoir dans l’après-midi.», me dis-je. Un lézard puis un autre vient s’aplatir sur les dallettes qui tapissent la cour de l’hosto.
Je tape du pied. Que me révèlera-t-elle ? Va-t-elle me renvoyer ? Reviendra-t-elle ? Je sens que je perds des kilos. Vous voyez, c’est l’angoisse qui tue. Une dizaine d’infirmières et aides-soignantes s’égaillent comme des moineaux sous le hangar prévu pour accueillir les malades en périodes de crue. Puis, vers 14h, Miss Dieu est de retour ! Une fois encore, elle me passe sans saluer et s’engouffre dans son office. J’ai été rejoint par un couple de Bassa. Très gentils, monsieur et madame. La femme m’a souri trois fois. C’est ça les malades. Ils sont comme les passagers d’un ascenseur, unis pour la même cause fût-ce pour une seconde… Enfin, le « face- to- face avec ma docteure ! Pas de salut, juste un timide « vous devez vous ménager.» C’est tout ?

L’attente, l’accueil, l’angoisse ! Les trois mamelles du malheur dans nos hôpitaux. Mais non, médecins et malades, nous sommes tous des naufragés de la vie, des épaves ! Qu’apprend-on à ces gens dans les facs de médecine ? Ce sujet aurait dû être inscrit au Grand dialogue national… Dans son livre intitulé « les Malades» (Grasset, 1997), le professeur Jean-Paul Escande, dit: «Je crois que certains de mes amis seraient encore en vie si les études médicales étaient différentes de ce qu’elles sont.» Moi aussi.

Le mutant

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