Samedi, 21 Juillet 2018
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Le disque rayé des feuilles de route

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«Feuille de route », ça vous dit ? Nous si.

Par Georges Alain Boyomo

C’est le 30 avril 2003 que cette expression fait son apparition dans le lexique international, précisément dans le cadre de la résolution de l’interminable conflit israélo-palestinien. La feuille de route définie par le « Quartet » Nations Unies, Union européenne, Etats-Unis et Russie était destinée à favoriser un règlement pacifique durable de ce conflit, sur la base du principe de la coexistence de deux Etats. Quinze ans après l’élaboration de cette feuille de route, la « solution à deux Etats » demeure un vœu pieux. Avec l’avènement de Donald Trump à la Maison blanche, qui multiplie des déclarations à l’emporte-pièce et des options chaotiques, les choses semblent même aller de mal en pis.

La question est donc de savoir s’il y a une malédiction des feuilles de route. Le champ de notre démonstration est le Cameroun. Le prétexte ? La sortie du Premier ministre jeudi dernier, à l’occasion du conseil de cabinet du mois en cours. Philemon Yang instruit les membres du gouvernement de traduire en actions tangibles les
directives du chef de l’Etat contenues dans son discours à la nation le 31 décembre 2017, mais surtout à « les intégrer dans les feuilles de route à lui soumettre le 15 février 2018, au plus tard ».

Si nous étions étrangers à l’actualité camerounaise, nous tomberions de l’armoire. De fait, cette instruction du Premier ministre, qui intervient au moment où le gouvernement du 2 octobre 2015 ne cesse de collectionner des casseroles, sur-
prend plus d’un. Est-ce un stratagème de plus qu’utilise le chef de l’Etat pour distraire son petit monde et l’opinion publique, au moment où des sources bien en cour au palais de l’Unité annoncent un imminent réaménagement du gouvernement, tandis que d’autres entrevoient plutôt un remaniement ministériel après l’élection présiden-
tielle théoriquement prévue en octobre ? Ou alors s’agit-il d’une réelle intention de redonner de l’oxygène à l’action gouvernementale à quelques mois de cette consultation électorale ?

A défaut de lire dans le marc de café, on rappellera que c’est à l’issue du conseil ministériel tenu en décembre 2011 que le président de la République avait demandé à son gouvernement pléthorique de tenir des feuilles de route. En février 2012, alors qu’il tardait au peuple de voir les résultats de l’évaluation publiés, le secrétaire géné-
ral des services du Premier ministre de l’époque, Louis Paul Motaze, indiquera que des « amendements et ajustements nécessaires » devaient y être apportés. En novembre de la même année, rien n’a véritablement filtré de l’évaluation « à mi-par-
cours » des feuilles de route ministérielles au cours du conseil ministériel tenu au palais d’Etoudi. « Le gouvernement a reçu des instructions et des conseils », s’était contenté de déclamer Philemon Yang, au terme de ce conclave.

On ne sait non plus si les ministres qui ont été remerciés du gouvernement le 2 octobre 2015 sont ceux-là dont les performances ont été jugées médiocres. En tout état de cause, beaucoup ont vu dans le limogeage d’Ama Tutu Muna, Essimi Menye, Patrice Amba Salla, Louis Bapès Bapès ou de Catherine Bakang Mbock autre chose que la
sanction pour quelque rendement insuffisant dans la conduite des programmes et objectifs de leurs départements ministériels respectifs. Que gagne donc le gouvernement à se répéter comme un disque rayé sur cette histoire des feuilles de route ? Les prochains jours vont certainement nous édifier sur la question.

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