Samedi, 28 Novembre 2020
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Diplomatie:le Cameroun se la joue Big Brother  

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En plus du remplacement stratégique des ambassadeurs du Cameroun en France, en Espagne, en Italie, etc., où les activistes de la diaspora ont solidement pris pied, la nomination d’un policier en Allemagne cache mal le repositionnement diplomatique du pays.    

Par Jean De Dieu Bidias

Difficile d’établir le lien direct entre son limogeage et les événements du 13 octobre dernier à l’ambassade du Cameroun en Allemagne, mais l’ambassadeur du Cameroun dans ce pays, Jean-Marc Mpay, a été démis de ses fonctions lundi dernier, soit moins de trois semaines après que des assaillants se revendiquant de la Brigade anti-sardinards (Bas) ont attaqué la représentation diplomatique et inscrit sur certains de ses murs des graffitis présentant le président de la République, Paul Biya, comme un tyran. Après 12 années passées à Berlin, il est remplacé par Victor Ndocki, commissaire divisionnaire qui occupait avant son départ à la retraite le 22 décembre 2015, le poste de secrétaire général de la délégation générale à la Sûreté nationale (Dgsn). Si sa nomination ne relève pas à proprement parler de l’inédit – son ex-patron et camarade d’armes, Martin Mbarga Nguélé, a été longtemps avant lui ambassadeur du Cameroun en Espagne -, l’affectation de ce vieux policier en Allemagne, pays où l’on retrouve l’une des plus fortes colonies du Cameroun à l’étranger et où les rangs des activistes anti-Biya n’ont cessé de grossir ces derniers temps, est loin d’être anodine.

Depuis le saccage de cette même ambassade, le 28 janvier 2019, les militants de la Bas y ont multiplié les manifestations. Au point où l’on a l’impression que ce mouvement qui a pratiquement troublé tous les séjours du chef de l’Etat et de sa famille en Europe depuis deux ans, a solidement pris pied à Berlin et dans d’autres villes allemandes. Le choix porté sur Victor Ndocki comme chef de mission diplomatique dans ce pays pourrait donc participer de la stratégie de Paul Biya et son gouvernement de réduire la capacité de nuisance de cette partie de la diaspora camerounaise qui, d’après eux, fausse la perception de certains partenaires sur le  Cameroun et alimente les jugements de valeur de la communauté internationale, des Ong et des médias internationaux sur la situation sociopolitique du pays.

Revers

Pour nombre d’observateurs, en tout cas, sa nomination marque un virage dans la diplomatie camerounaise, contrainte à être désormais plus portée vers le renseignement prévisionnel. Jusque-là, le gouvernement a d’autant plus fait preuve de faiblesse en la matière et surtout dans la diplomatie de couloirs qu’en Angleterre, aux Etats-Unis et en Afrique du Sud, pour ne prendre que ces trois pays partenaires où l’on a enregistré des manifestations en soutien à la sécession anglophone, il a été pratiquement éclipsé par les activistes ambazoniens. Car, grâce à leur propagande victimaire auprès des milieux démocrates et républicains, ces derniers ont réussi à faire inscrire la question anglophone à au moins deux reprises dans l’agenda du Parlement américain. Et l’un des revers de la somnolence de Yaoundé a été que, se fondant sur des allégations de violations des droits de l’homme impliquant des éléments des forces de défense et de sécurité camerounaises dans la guerre contre des groupes sécessionnistes anglophones, le Congrès américain avait demandé et obtenu, en février dernier 2019, une réduction de l’aide militaire apportée par l’administration Trump au Cameroun, pour un montant cumulé d’environ 9 milliards Fcfa.

Changements stratégiques

Dans la foulée de cette décision, les Etats-Unis avaient supprimé un programme de formation destiné à certains corps d’élite de l’armée camerounaise, et suspendu la livraison au pays de quatre bateaux de patrouille, de neuf véhicules blindés et d’un système de radar. Début novembre 2019, l’administration Trump avait également suspendu le Cameroun de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), la loi américaine qui permet aux pays d’Afrique subsaharienne d’exporter leurs produits sur le marché américain sans droit de douanes. Ces derniers mois, Paul Biya a déployé au compte-gouttes de nouveaux ambassadeurs en France, en Espagne, En Italie, entres autres. Dans le premier pays, il n’a pas nommé moins que celui qui chapeautait la division des affaires diplomatiques de la Présidence, à savoir, André-Magnus Ekoumou. Il a également désigné un nouveau haut-commissaire en Afrique du Sud. A l’Office des Nations unies à Genève (Suisse), il a dépêché Salomon Ehet, ministre plénipotentiaire qui était jusque-là directeur de l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric). Ces changements stratégiques ne devraient pas tarder à se poursuivre aux Etats-Unis où Henri Etoundi Essomba est en poste depuis 2016, ou encore au Royaume-Uni de Grande-Br

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