Dimanche, 27 Septembre 2020
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Dimako:de l’abîme vers la lumière?

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Après une longue période sombre, le nouvel exécutif communal rêve d’un plan marshal pour remettre la ville sur les rails malgré la pandémie du COVID-19.

 Par Sébastian Chi Elvido, de retour de Dimako

 La particularité de Dimako est que c’est la ville natale de Chantal Biya, épouse du chef de l’Etat. Appelé également «Kpwengué», cet arrondissement du département du Haut-Nyong est situé entre les rivières Ponda et Foulé-foulé sur la route nationale N° 10, à 300 kilomètres de Yaoundé et à 30 kilomètres de la ville de Bertoua, chef lieu de la région de l’Est.  D’après l’histoire, Dimako a été fondée vers les années 1939 par Sa majesté André Bangda. Mais dès sa création, le village de l’époque souffrait de l’enclavement. « Il était loin des villes de Doumé et de Bertoua. Pour que les populations puissent se ravitailler en denrées de première nécessité, il fallait faire le déplacement vers ces villes », reconnait le chef de canton Bakoum-Pol,  André-Aimé Bangda qui précise que «son premier leader éclairé a milité pour que la première société forestière et industrielle de Doumé (Sfid) puisse s’installer. Du coup, il s’est créé un marché mettant fin au calvaire des populations et puis en 1948, Dimako a connu l’arrivée des personnes venant de tous les horizons à la recherche du bien-être ». Malheureusement,  en 2000, la Sfid a fermé ses portes et Dimako est restée l’ombre d’elle-même.

Dimako, est la première ville de l’Est à avoir une unité de transformation forestière. La présence de cette unité  a favorisé la montée de l’exploitation abusive des forêts au Cameroun. Cette commune a connu son essor depuis avant les indépendances, grâce à l’exploitation forestière de la société forestière et industrielle de Doumé qui y a précédé et justifié la création de la ville. Après plus de 60 ans d’exploitation sans aucun programme de régénération, la société a fermé ses portes abandonnant ainsi la ville et ses populations. Aujourd’hui, à la faveur de la loi de 1994 portant sur la forêt et la faune, Dimako est encore la première commune au Cameroun à bénéficier d’une forêt communale dont l’exploitation prévoit le reboisement dans son plan d’aménagement », avait déclaré en 2007, feu Janvier Mongui Sossomba qui a passé 30 ans à la tête de la commune jusqu’en  mai 2018. C’était lors de la signature d’une convention de reboisement avec l’Agence nationale du développement forestier (Anafor) dont l’objectif était de créer une économie basée sur la production des plantations, la transformation et même la commercialisation des produits en qualité et quantité. Depuis lors, l’exploitation de cette forêt est source de financement des initiatives de développement, mais Dimako n’a véritablement pas retrouvé son essor d’antan.

Nouvel exécutif

Arrivé à la tête de la commune après le double scrutin législatif et municipal du 09 février dernier, Yves Didier Tokambou Nteme nourrit un plan marshal pour relever les conditions de vie des populations appauvries après la fermeture de la Sfid. « Tout au long de la campagne électorale du double scrutin du 09 février dernier, nous nous sommes engagés dans les villages et quartiers de Dimako à améliorer les conditions de vie des populations dans un environnement sain. Actuellement, place est à l’action concrète»déclare Yves Didier Tokambou Nteme pour qui « l’aménagement de la voirie urbaine y compris la lutte contre l’insalubrité dans la ville constituent des priorités». C’est dans cette optique que le 07 juillet dernier, la commune a offert aux populations sous fonds propres des bacs à ordures. Cet outil pour le maintien de l’hygiène et salubrité a été déposé dans les artères de la ville, la gare routière et les marchés. En plus, le maire et son équipe ont visité la carrière dédiée au déversement des ordures urbaines et installé l’équipe communale d’hygiène et de salubrité. « Vous savez, s’il faut des points de collecte, il faut également prévoir un lieu de déversement de ces ordures ménagères. C’est pourquoi nous sommes actuellement en pourparlers avec la société Hysacam pour voir dans quelle mesure elle pourrait nous faciliter l’enlèvement de ces ordures », explique le maire pour qui  «la ville de Dimako prenait déjà un coup en terme de dépôt anarchique des ordures ménagères». Par ailleurs, la réhabilitation de certains tronçons de routes communales est parmi les priorités pour l’année en cours. Il s’agit des travaux de réhabilitation des tronçons de routes communales d’un linéaire d’environ 08 km, traversant plusieurs quartiers seront exécutés en procédure d’urgence dans le cadre du budget d’investissement public (Bip) 2020.

Vision

Pour les cinq prochaines années celui qui est aussi le promoteur de la «Nouvelle dynamique pour le développement de Dimako » a un rêve pour la municipalité. « Notre projet territorial tient sa nouveauté du paradigme décalé des projets promus, de la qualité juvénile de ses promoteurs qui ont appris de la sagesse des aînés, mais également de la capitalisation transformationnelle des aspirations passées par une actualisation conséquente du Plan de développement communal», fait-il savoir. En cinq ans, le déploiement de la Nouvelle dynamique se propose de tenir sur cinq piliers principaux qui sont :« L’eau et énergie  à travers la définition et la mise en œuvre des stratégies de massification de l’offre en eau ainsi que la massification de l’offre en énergie électrique. Dans l’infrastructure, à travers la définition et mise en œuvre des stratégies d’urbanisation, de l’habitat, d’amélioration des pistes rurales, des structures sociales de base, de l’offre sportive et de loisir. En ce qui concerne l’économie et emploi des jeunes, à travers le développement de l’entrepreneuriat local, la promotion des entreprises dans les domaines à avantage comparatif et l’assainissement de la dette. Pour ce qui est de l’éducation, la formation et la santé, à travers l’appui à l’éducation, la formation axée sur les besoins économiques, la promotion de l’excellence scolaire et l’amélioration des prestations de santé publique. Enfin dans la culture, il s’agit de mettre l’accent sur les pôles revalorisation du patrimoine traditionnel».

Sur un autre plan, la construction d’un hôtel de ville moderne est une priorité. C’est dans ce sillage que le directeur général du Fonds spécial d’équipement et d’investissement intercommunal (Feicom), Philippe Camille Akoa a effectué une visite de travail à Dimako le 30 juillet dernier. Malgré la pandémie du COVID-19 qui a largement affecté l’assiette à travers une baisse drastique des recettes, la commune est déterminée à mettre en pratique cette vision pour relever le niveau de vie de ses populations. Avant son élection à la mairie de Dimako, Yves Didier To­kambou Nteme était directeur de l’insertion sociale des jeunes et du volontariat au ministère de la Jeunesse et de l’Education civique, cumulativement avec les fonctions de coordinateur national du programme national de volontariat.

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