Mercredi, 27 Janvier 2021
Accueil quotidien mutations politique Denis Emilien Atangana: « Le piège de l’immédiateté a tué la majorité des leaders d’opposition » 

Denis Emilien Atangana: « Le piège de l’immédiateté a tué la majorité des leaders d’opposition » 

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Le président du Fdc dresse le bilan des élections régionales du 06 décembre dernier, auxquelles a pris part son parti dans trois circonscriptions.

Votre jeune parti politique, le Front des démocrates camerounais (Fdc) vient de participer  aux toutes premières élections régionales organisées au Cameroun. Quel est le sentiment général que vous pouvez exprimer après ce scrutin historique ?

C’est un sentiment général d’immense satisfaction, de joie et surtout d’espoir et de gratitude que le Fdc peut exprimer par ma modeste voix au terme de ce 1er Scrutin régional organisé au Cameroun. Les sympathisants, les militants, les cadres et les divers amis politiques et partenaires du Fdc expriment cette joie profonde et leur gratitude à l’endroit de tous ceux qui les ont accompagnés et soutenus dans cette compétition qui s’est révélée être une épreuve pour notre principal adversaire le Rdpc qui croyait y aller sans concurrent pour remplir les formalités habituelles dans cette région du Centre que la plupart des acteurs politiques lui ont abandonnée sans raison, abandonnant en même temps les populations au triste sort général que vous connaissez. Le Fdc a donné le change et fait une offre politique différente et une alternative aux populations et aux élites qui sont pratiquement prises en otage par ce parti quasi unique. Au Fdc, nous ne sommes pas des faiseurs de miracles au sens banal du terme, nous ne berçons pas les populations d’illusions sans lendemain, mais nous travaillons sur les profondeurs en tenant compte de nos forces et des réalités que nous voulons faire évoluer de façon méthodique. Le changement au Cameroun est un vaste chantier qu’on ne peut pas construire avec le simple enthousiasme et une démagogie de type populiste. Cette élection nous a permis de mieux connaitre le Cameroun et les Camerounais, de sentir leurs besoins, leurs peurs, leurs aspirations et leurs espoirs. Ceux qui n’y ont pas été ne peuvent pas le savoir et par conséquent ne peuvent pas trouver des solutions appropriées et durables aux problèmes du Cameroun et des Cameroun. Pour le Fdc, le Cameroun d’aujourd’hui et de demain va au-delà de Paul Biya et du Rdpc. C’est à cela que nous travaillons de façon méthodique et structurée et toutes nos actions politiques ou électorales vont dans le sens de cet autre Cameroun. C’est notre mission et nous allons l’accomplir sans tomber dans le piège de l’immédiateté qui a tué la majorité des leaders des partis de l’opposition camerounaise.

On ne s’attendait à voir le Fdc aller défier le Rdpc dans les départements de la Lekié, du Nyong et So’o et surtout du Mfoundi au regard de la majorité écrasante que le parti de Paul Biya y détient dans les conseils municipaux. Qu’est-ce qui a motivé votre participation à ce scrutin régional ?

Comme vous le savez bien, notre parti le Fdc est né il y a à peu près deux ans seulement dans ce contexte où le taux de morbidité et de mortalité des partis politiques est très élevé en dépit de leur foisonnement administratif. Le Fdc est un parti politique qui veut exister et fonctionner avec une certaine modernité qui répond aux exigences des organisations socio-politiques qui veulent jouer un rôle déterminant et positif attaché aux missions et objectifs qui leur sont assignés. C’est dans cette logique que notre parti a pris part au double scrutin municipal et législatif du 09 février 2019 avec le score qu’on connait. Et c’est toujours dans cette constance que nous avons décidé de prendre part aux élections régionales du 06 décembre 2020 qui en étaient la suite logique au niveau constitutionnel. IL n’a jamais été écrit nulle part qu’on va à une compétition, y compris même sportive pour la gagner absolument, même si chaque compétiteur se donne les moyens pour remporter la couronne finale, même en Coupe du Monde Football ou aux Jeux Olympiques. On y va souvent pour découvrir, apprendre, se faire connaitre, se confronter aux autres concurrents, préparer l’avenir. On y va aussi pour gagner et c’est le Couronnement ! C’est cette pédagogie qui manque le plus aux opérateurs politiques camerounais qui cherchent des raccourcis et veulent tout le temps récolter sans semer, et vaincre sans convaincre ou faire des miracles en berçant les Camerounais d’illusions qu’ils ne peuvent ni entretenir, ni assumer. Ce qui est clair, c’est que nous avons largement atteint nos objectifs de compétition électorale, de marketing et de communication politique et même résultat proprement électoral.  Je vous rappelle qu’au début de cette course, le Fdc avait un seul candidat sur la ligne. Mais à l’arrivée, nous sommes retrouvés avec 15 autres Grands Electeurs venant des partis concurrents, en l’occurrence du Rdpc qui ont rallié notre Message de Vérité en nous accordant leurs Suffrages. N’oubliez pas qu’un parti politique est en difficulté actuellement parce que le Rdpc lui a arraché une trentaine de voix de ses propres conseillers avec les méthodes parfois corruptives que nous connaissons.  Ce n’est pas fair-play mais c’est la réalité. Au contraire, c’est le Fdc qui a réussi à arracher près de 15 voix au Rdpc, sans argent que nous n’avons d’ailleurs pas, mais avec la force des Convictions et le langage de la Vérité. C’est Inédit au Cameroun !

Vous avez adressé avant le 06 Décembre 2020 une lettre au président du Rdpc, votre principal adversaire à ce scrutin qui déclenche la mise en place effective de la décentralisation. Quels en étaient l’objet et la motivation ?

Dans cette fameuse lettre que j’avais adressée au président du Rdpc, j’interpellais monsieur Paul Biya sur un ensemble de comportements et de pratiques dont les membres et plénipotentiaires se rendaient coupables sur le terrain de ce premier scrutin régional et qui n’honorent ni sa personne, ni son parti Rdpc et encore moins le Cameroun dont il est par ailleurs président de la République et garant aussi bien du respect de la Constitution et des institutions. Il est en même temps garant de la sécurité et de la transparence des processus électoraux que ses camarades de parti violent avec une arrogance et une impunité déconcertantes. Même dans ce tardif scrutin régional pour lequel les candidats de ce parti partaient largement favoris, on avait du mal à comprendre cette fébrilité et cette quasi-panique lors de la campagne électorale. On a vraiment eu l’impression qu’ils n’avaient pas confiance en leurs propres grands électeurs, conseillers municipaux dans les mairies que ce parti contrôle avec ces vieilles majorités obèses et quasi inutiles et incapables de répondre aux aspirations des populations dont ils ont la charge. C’était vraiment indécent et grossier. Je crois que notre sonnette d’alarme a retenti très fort dans les oreilles de Paul Biya, Président du Rdpc, mas aussi de beaucoup de camerounais et de la communauté internationale qui ont été pris en témoins face à ces dérives d’un autre âge. Cette lettre a eu l’effet escompté.

Comment se sont globalement déroulés la campagne électorale et le scrutin régional proprement ?

Sur le plan officiel, nous pouvons dire que les choses se sont globalement bien passées aussi bien dans les départements où le Fdc était en compétition, que dans les autres régions du Cameroun, e dehors malheureusement de celles du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qui vivent encore dans la peur et le crépitement mortel des armes des séparatistes ambazoniens et des forces de défense t de sécurité camerounaises. Comme vous le savez, le jeu était presque fait d’avance en raison de la faible représentation/participation des partis politiques de l’opposition pour des raisons que nous n’aurons pas le temps d’évoquer ici. Mais nous regrettons davantage ces méthodes corruptives qui sont viscéralement inscrites dans l’Adn de certains militants et cadres du Rdpc et qui ont pu ternir inutilement ce premier scrutin régional. Nous regrettons aussi une certaine caporalisation de nos chefferies traditionnelles à travers leurs chefs qui ont fait partie du collège électoral plus comme des militants aux ordres du Rdpc que des garants de nos traditions et culturelles. La reforme consensuelle du Code électoral qui est de nos futurs champs de bataille politique devrait permettre de corriger toutes ces inepties pour mieux adapter ce Code à la modernité du jeu électoral au Cameroun. Cette réforme du Code électoral est une priorité et une urgence camerounaise qu’aucun Leader ou Parti Politique ne doit confisque pour son propre compte de façon égoïste.

Il nous revient que votre parti a causé quelques dégâts dans le camp du Rdpc, où vous avez réussi à retourner près de quinze conseillers électeurs en votre faveur alors que c’est le contraire qui se produit très souvent dans ce type d’élections ? Comment avez-vous procédé pour pêcher dans les eaux du RDPC ?

Oui. Quinze grands électeurs, venant très certainement du Rdpc nous ont accordés leurs suffrages lors de ce scrutin régional dans les départements de la Lekié, du Nyong et So’o et du Mfoundi. Nous nous en félicitions et les remercions dans leur anonymat lié au caractère secret du suffrage. Cela montre simplement que notre message était fort et le reste. Il a été convaincant et chargé de convictions et de vérité qui ont touché les cœurs de ces Camerounais qui, bien militant dans ce parti, sont sensibles et attentifs à un son de cloche qui fait retenti la vérité. C’est pour cela que nous sommes contre les cloisonnements et les clivages stéréotypés en politique. Nous devons toujours échanger pour nous connaitre et nous apprécier en tant que Camerounais. J’ai compris au détour de ce scrutin que les barrières de type tribal et même superficiellement partisan ou idéologique sont très dangereuses même pour notre vivre-ensemble et notre unité nationale. Le fair-play politique doit être inscrit dans les cultures et comportements des acteurs politiques camerounais. La politique n’est pas la guerre. Au contraire, c’est un jeu ou à la limite un combat d’idées, d’opinion et parfois d’intérêts. On en est venu à interdire aux Camerounais de rencontrer simplement d’autres Camerounais et de leur exposer leurs idées et leurs projets de société politiques. Certains sont carrément barricadés et surveillés à la veille d’une élection. C’est fou et inacceptable !

Pour finir, comment entrevoyez-vous l’avenir du Fdc après cette performance électorale en termes de perspectives ?

Le Fdc a beaucoup appris depuis le double scrutin municipal et législatif du 09 février 2019 et davantage lors de ce scrutin régional du 06 décembre 2020. Pour dire simplement les choses, nous allons continuer le travail d’implantation et de structuration du Fdc. Nous allons continuer à recruter une nouvelle génération d’hommes et de femmes qui s’intéressent à faire la politique pour ce qu’elle a de plus noble pour reconstruire la nation camerounaise dans un esprit de fraternité, d’unité et de progrès commun.  Le Fdc veut et doit être un parti politique moderne, ouvert aux hommes et femmes et surtout aux jeunes qui regardent le Cameroun avec des yeux nouveaux, débarrassés des lunettes de la peur, de la haine et de la division. Des Camerounais prêts pour une autre Vision pour ce grand pays trop riche qui n’a que trop souffert de désordre et de mal-gouvernance   depuis l’indépendance. Nous allons continuer à travailler et à plaider pour la résolution définitive de la crise anglophone, à batailler pour la réforme consensuelle du Code électoral, la mise en place effective de la décentralisation, la lutte acharnée contre la gabegie financière et la mauvaise gestion des biens publics, et l’engagement citoyen des jeunes dans la gestion du bien public. Mais pour y arriver, nous devons construire un Vrai parti Politique pour porter et encadrer toutes ces initiatives de façon patriotique et républicaine. Nous avons la Volonté et les moyens d’y parvenir pour le bien du Cameroun et des Camerounais.

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