Mercredi, 12 December 2018
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Crise sécessionniste:peur dans la ville de Buea

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Après les attaques à « Mile 16 » et Munya, la découverte d’un camp d’entraînement des « Ambazoniens » dans le premier quartier, etc., le chef-lieu de la région du Sud-Ouest vit désormais une ambiance de couvre-feu.

Par Jean De Dieu Bidias, de retour de Buea

La longue avenue d’environ 4 km qui va de Total Molyko au lieudit « Class Quater » en traversant l’université de Buea, naguère bondée de monde et fortement animée de jour comme de nuit, est devenue depuis plus d’un mois une grande timide. Sur cette voie principale qui donne à Buea Town, le quartier qui abrite les services administratifs, le trafic est relativement dense en cette matinée du vendredi, 06 juillet 2018. Et cette situation s’explique en partie par la présence ce jour dans la capitale régionale du Sud-Ouest, de hautes personnalités de la République, à l’instar du ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, venu décorer des employés de la Société anonyme des brasseries du Cameroun (Sabc).

Toutes sirènes hurlantes, son cortège fortement militarisé avec à sa tête un véhicule de reconnaissance, traverse la ville aux environs de 10h en direction de l’historique Mountain Hotel, propriété de l’Etat construite au pied du Mont-Cameroun en 1952. Contrairement à Yaoundé et Douala, entre autres « villes
normales » où le concert des sirènes n’intéresse presque plus personne, le spectacle autour des sorties et entrées des autorités dans la ville de Buea est minutieusement scruté par les habitants, à cause notamment du caractère spectaculaire qu’elles suscitent en termes de dispositif sécuritaire. Normal pour des populations qui ont presque toujours vécu une situation de calme et de sérénité, qui s’est traduite jusqu’ici par une bonne santé de l’économie locale et des cas de réussites individuelles ou collectives
qui forcent l’admiration.

A Buea, l’on enregistre une masse critique d’investissements privés dans les secteurs du tourisme et des loisirs, de la restauration, des transports, de l’import-export, des technologies de l’information et de la
communication, de la santé, etc. Mais ces acquis sont fortement hypothéqués aujourd’hui du fait de la situation sécuritaire délétère qui prévaut dans l’ensemble de la région.

Grande criminalité
Si Buea n’a jamais véritablement échappé au mauvais vent de revendications sociopolitiques qui souffle dans la partie anglophone du Cameroun depuis le troisième trimestre 2016, lequel s’est mué en lutte armée pour la sécession à partir d’octobre 2017, la situation s’est sérieusement délitée au cours des derniers mois. Amenant ainsi nombre de commerces à mettre la clé sous le paillasson et beaucoup de personnes à partir. Plusieurs actes de violence avaient été enregistrés au cours des derniers mois dans l’arrondissement de
Muyuka. Les assaillants, qui s’étaient revendiqués du mouvement sécessionniste de l’Ambazonie, avaient ensuite attaqué Ekona, une localité située dans le même arrondissement, avant de monter à Buea.

Leurs premiers raids sur « Mile 16 » (Point kilomètre 16 en français), fin mai, ont contraint les autorités à y déployer un important contingent de la police et de la gendarmerie. Les forces de défense et de sécurité ont même démantelé, il y a quelques jours, un camp d’entrainement des milices sécessionnistes. Pas suffi-
sant pour ramener la sérénité au sein de la population qui, dans son immense majorité, a abandonné maisons et commerces à la recherche d’un abri à l’intérieur de la ville. Dans ce quartier situé à l’entrée principale de Buea (en venant de Douala), le plus grand investissement est à n’en point douter le luxueux hôtel Sergeville.

Mais il reste fermé depuis plus d’un mois, au même titre que les laveries informelles et nombre de snacks-bars-restaurants du coin. Et les signes de sa réouverture prochaine ne sont pas perceptibles. Armés jusqu’aux dents, des éléments du Groupement polyvalent d’intervention de la gendarmerie nationale (Gpign), une unité d’élite réputée dans la lutte contre le grand banditisme et la grande criminalité,
y ont pris leurs quartiers.

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