Lundi, 6 Juillet 2020
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Crise anglophone:Les  séparatistes sur le  banc des accusés

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Des victimes ont dénoncé leur «barbarie» au cours d’une conférence de presse organisée le 21 février dernier à Yaoundé par la Cavat. 

Par Jenner Onana

Son visage suscite de la peur, sa façon de parler de la pitié. Une large cicatrice sur la lèvre supérieure remontant jusqu’à la narine gauche. La bouche, un peu déformée sans doute à cause du vide laissé par la perte des dents, l’empêchant d’articuler correctement les sons. L’œil gauche crevé lui imposant de mettre les lunettes de soleil à longueur de journée. Une autre cicatrice sur la main gauche sous forme d’une entaille. Le principal de la Presbyterian school of Science and Technology de Bafut se présente comme une victime des terroristes ambazoniens. « J’étais couché chez-moi le 3 septembre 2018 autour de 6h30.  10 ambaboys armés de fusils sont entrés, après avoir enfoncé la porte. Ils m’ont ligoté et m’ont emmené jusqu’à leur base. Y étant, leur général a ordonné que je sois tué. Ils m’ont fusillé, j’ai levé la main pour me défendre, la balle l’a transpercée et m’a atteint au visage », révèle Ndue Derrick Ntunckle, tout en présentant la cicatrice sur sa main.

 Devant lui, sont disposées des photos présentant des blessures béantes. Certains confrères, surtout des femmes, n’osent pas jeter un coup d’œil. Poursuivant cet enseignant raconte : « Ils m’ont abandonné, sans doute croyant que je suis mort. Ils ont fait une vidéo qu’ils ont balancé sur les réseaux sociaux. Dans cette dernière, ils ont accusé l’armée d’être auteure du crime. C’est faux, ce sont les ambazoniens qui m’ont fait cela », insiste l’enseignant qui dit n’avoir pas encore regagné son poste de travail.  Comme lui, Mborong Vera et Mbinglo Elizabeth, deux autres personnes aux visages défigurés par des cicatrices et autres traces laissées, sans doute par la torture, ont aussi affirmé être des victimes des terroristes ambazoniens.

A travers une conférence de presse organisée à Yaoundé le 21 février 2020 par l’Association camerounaise des victimes du terrorisme d’Ambazonie(Cavat), dit vouloir attirer l’attention des dirigeants des pays qui abritent les terroristes amabazoniens, afin que ces derniers soient interpellés pour les crimes dont ils sont auteurs ou complices. « Les lois contre le terrorisme en vigueur aux Etats-Unis, en Angleterre, en Norvège ou en Belgique, entre autres, ne sont pas appliquées contre eux, pourtant ils doivent répondre de leurs actions devant la justice », a déclaré Me Emmanuel Nsahlai. Le chef de file du pool des avocats chargés de fournir les conseils juridiques aux individus victimes du terrorisme ambazonien fait également savoir que des Camerounais de la diaspora financent la guerre dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Afin de faire obstacle à cette pratique, des plaintes ont été déposées contre ces individus dans certains Etats aux Etats-Unis, où déjà certains de leurs comptes bancaires et facebook ont été bloqués.

 « Nous sommes heureux que les victimes directes de cette crise puissent rappeler au monde entier que leurs souffrances ne doivent pas être oubliées et que les principes fondamentaux de la déclaration universelle des droits de l’Homme ne doivent pas être bafoués en ce qui les concerne comme notamment le droit à la justice pour les victimes civiles des conflits armés », a pour sa part, déclaré le président exécutif du Haut conseil des Camerounais de l’Extérieur, Samuel Dongmo.  Le monde entier ne devrait donc pas être indifférent à la souffrance de ces victimes, à moins qu’il soit complice comme l’affirme l’adage, « qui ne dit mot consent».

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