Vendredi, 25 Mai 2018
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Crise anglophone: Rêve de solution, trêve de récupération

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La rue a grondé dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest vendredi dernier. Le même jour, deux déflagrations, causées par une bombe artisanale, ont été enregistrées dans la ville de Douala, tout près des installations de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (Scdp).

Par Georges Alain Boyomo

La veille, la fièvre sociale a pris corps à Bamenda, suite à un attentat à la bombe visant
particulièrement des policiers. Le constat est que cette montée vertigineuse
d’adrénaline liée à la crise anglophone survient la veille et le jour même de la prise de parole du président de la République devant la tribune des Nations Unies à New-York, aux Etats-Unis. Qu’ont voulu faire dire au chef de l’Etat les manifestants
et les commanditaires de l’embrasement des régions anglophones ? Quelle image du Cameroun ont-ils voulu projeter à la face du monde ? En visant Douala, la capitale économique du Cameroun, quel message ont-ils voulu faire passer ? Quelles
sont les réclamations portées par les manifestants à Bamenda, Buea, Muyuka, Kumbo, Limbe… ?

Ces questions sont importantes pour décrypter les évènements de jeudi et vendredi dernier. S’il est évident que le gouvernement a manqué d’anticipation, d’efficacité et de pragmatisme dans la résolution des problèmes qui travaillent les régions anglophones, dont certains ont été soulevés par les enseignants et les avocats, il est regrettable de voir des irréductibles sécessionnistes et leaders politiques opportunistes tenter de récupérer la crise à leur compte. Dans la foule des manifestants, des messages pour la libération de tous les prisonniers détenus
dans le cadre de la mobilisation anglophone ont été brandis. La marginalisation des anglophones a été, à nouveau, dénoncée.

Des tracts appelant à l’ouverture du dialogue ont été aperçus. Tout cela est légitime. Ce qui ne l’est pas, ce sont les appels à la sécession. C’est l’instrumentalisation
de la longévité d’un homme à la tête de l’Etat pour convertir les populations anglophones à la sécession ou régler un problème d’intégration nationale. C’est l’apologie de la violence sur tout ce qui symbolise la puissance publique. C’est la
prise en otage de la jeunesse et la violation de son droit à l’éducation.

Dans le contexte sensible qui est celui du Cameroun aujourd’hui, le rôle d’éducation des masses dédié aux partis politiques revêt une importance particulière. En revisitant les réactions des hommes et appareils partisans, après les évènements de Bamenda et Buea, certains semblent l’avoir perdu de vue. En démocratie, l’animation de la vie politique et la conquête du pouvoir ne doivent pas susciter des vocations de pyromanes ou de charognards sous peine d’accroître la crise de légitimité des partis politiques dans notre pays. C’est ensemble et sans passion qu’il faut trouver un antidote au malaise que vivent nos frères et sœurs de l’autre rive du Moungo.

Du reste, comme l’indique Christian Penda Ekoka, conseiller technique à la présidence de la République, dans une tribune publiée en février 2017, nous sommes d’avis que le soulèvement anglophone est « une opportunité historique » pour le Cameroun. « …En comparant notre pays à un organisme humain, on peut dire que l’éruption des furoncles sur une quelconque de ses parties équivaudrait en réalité à une infection de l’organisme entier et son traitement exigerait d’attaquer le mal à la racine », explique l’ingénieur. Le vin est tiré. Il faut le boire dans la case à palabres ou se résigner à essuyer des déboires en série.

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