Mardi, 14 Août 2018
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Crise anglophone :d’une lettre, l’autre

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La rentrée scolaire est là. Alors qu’on se demande ce qu’il en sera des zones dites « anglophones » du pays, ne voilà-t-y pas que Maitre Akere Muna, nous poste sa « Deuxième lettre à mes Sœurs et Frères et Francophones », dans laquelle il invite les Camerounais qui parlent la langue de Molière à dire « Je suis anglophone ».

Par le Mutant

Il s’inspire du légendaire discours de Berlin de l’ancien président américain, John F. Kennedy : « Ich bin ein Berliner », qui s’inspira lui-même de l’empereur romain, Cicéron en 70 avant JC, dans son fameux « Civis rumanus sum » (« Je suis un citoyen romain »), duquel est venu, il ya deux ans en France, le « Je suis Charlie Hebdo » Quelle affaire ! Vraiment, notre pays va si mal, disons notre patriotisme et notre solidarité, disons tous « I am anglophone ! » Oui, ajoutons l’exclamation.

Quel sens de l’histoire, l’épistolier ! Il nous rappelle nos années du CM2 où le maitre, férule en main, nous faisait réciter ces héros jamais Camerounais ni Africains mais toujours Gaulois ou British. Ou alors, nos BD d’avant « Kirikou est tout petit comme ça, mais il est fort » : Blek le roc, Akim ou Zembla. Ah oui, Zembla, Yéyé, son lilliputien de negro avec son français de gendarmes romains ! Ah non, il ne fera pas la vache, Akere Muna ! On connait le« I am Cameroonian, I will be Cameroonian and I will live Cameroonian! ».

Et, c’était signé l’homme du 6 novembre 82, lors de sa première tournée des provinces en 1983. C’était à Bamenda ! Et, on récitait ça comme d’autres récitent les Cicéron aujourd’hui. Maintenant, on peut quand même s’étonner que ce soit en 2017 qu’il est donné de constater que des compatriotes ne sont pas libres Deux petits épisodes pour rafraichir la mémoire.

Dans les années 90, Gustave Essaka, premier triumvir de la Dic (Démocratie Intégrale du Cameroun), parti mort et enterré avec son très regretté fondateur, pleura en ces termes dans l’émission « Antenne libre » de la Crtv télé, présentée par un certain Albert Mbida: « si on ne peut plus parler dans son propre pays, c’est que c’est grave! » Quelques mois avant, Samuel Eboua, l’un des membres fondateurs de l’Undp, reçut une « fessée nationale souveraine » de la part des forces de l’ordre à Douala. Vous voyez, la liberté n’est pas libre !

Et voici qu’on cite le Révérend Père Akonga Essomba lors de la messe de requiem en la mémoire Mgr Jean-Marie Benoit Bala, évoquant la réponse de Caïn de la Bible, à la voix qui lui avait demandé où était son frère Abel. « Suis-je le gardien de mon frère? » « Oui, nous sommes les gardiens de nos frères », a affirmé, Akonga Essomba, le Thésée de notre époque. Depuis qu’il a tordu le coup au minotaure, il prend à toutes les sauces comme le cube magie. Pendant qu’on y est, les pygmées et les Bororos sont aussi nos frères. Pas un seul mot sur le drapeau du Cameroun piétiné, brûlé ni sur les écoles, biens et personnes transformés en brasier. Dieu soit loué, Christian Tumi vient de condamner ces petits barbares. Bravo éminence!

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