Jeudi, 13 December 2018
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Crise anglophone : des solutions contre les assassinats ciblés

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Les multiples attaques meurtrières des sécessionnistes contre les forces de sécurité, les autorités administratives et traditionnelles, les civils sont montées d’un cran ces derniers temps.

Par Jean-Simon ONGOLA OMGBA*

Les innocents froidement abattus, des hommes d’Eglise tués dans leurs presbytères, des écoles et des édifices publics incendiés, des symboles de la République désacralisés, sont autant de faits d’arme de ces hors la loi. Mais, le meurtre de Sa Majesté Stephen ESOH ITO d’EKONDO TITI, le12 août dernier en plein culte, qui a plongé la communauté BALONDO dans la consternation, est un meurtre de trop. Les chefs traditionnels donc certains venaient d’être libérés par ces barbares, comme l’ensemble des populations, sont dans l’émotion, la tristesse et la douleur.
En clair, l’assassinat du Chief Stephen ESOH ITO ne sera pas sans conséquence. Les terroristes, qui dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun sèment la désolation, doivent bien se tenir. Puisque le peuple camerounais uni dans sa diversité est blessé dans sa chair.

Ces terroristes auteurs de ces violences abjectes s’attaquent déjà aux fondements de notre organisation sociale. S’en prendre à l’autorité traditionnelle est un marqueur fort de la volonté des terroristes de plonger le pays dans une guerre civile qui aura pour conséquence fatale l’effondrement de l’Etat et des institutions républicaines. Le Cameroun, notre patrie, est notre patrimoine. Par conséquent, nous allons défendre son intégrité sans fléchir, même devant ceux qui veulent nous apeurer. Nous leur opposerons une détermination farouche. Leurs violents assauts et leur volonté de division seront réduits à néant. En effet, nous ne pouvons pas l’accepter. En réalité, dans l’escalade actuelle, aucun dialogue n’est possible.

Les chefs traditionnels occupent une place de choix dans notre société. En réagissait, il y a quelques mois, à la montée en puissance des exactions des ennemis de la République ils ont réaffirmé leur leadership, qui n’est ni contesté, ni remis en cause dans notre société. C’est dire que les dépositaires de notre tradition sont résolumment opposés à toutes formes de violence dans nos villages et villes. Leur position peut s’expliquer par le fait que depuis la nuit des temps, bien avant l’indépendance du Cameroun, ils ont toujours participé à la reliance sociale.

Pour comprendre, quelques faits historiques méritent élucidé sur le rôle des chefferies. Avant toute chose, il est louable d’en évoquer la perception de l’administration britannique et française du Cameroun sous le régime du mandat de la société des Nations. Si dans la partie francophone du Cameroun nous sommes héritiers d’un centralisme jacobin, qui a accordé la prépondérance à un régime administratif spécial : l’indigénat, il n’en est pas de même dans la partie anglophone du pays. L’administration du territoire du Cameroun sous mandat de la Grande Bretagne a obéi à l’ « Indirect Rule ». Le Haut Commissaire Frederick LUGGARD le définissait ainsi : « administrer par le moyen des chefs, tacher de les instruire sur leur fonction d’administrateur, chercher leur coopération et maintenir leur prestige ».

L’application du droit indigène faisait des tribunaux indigènes des organes importants. L’organisation sociale et l’héritage institutionnel qui en découlent font du chef traditionnel l’auxiliaire de l’administration, le symbole de l’autorité de l’Etat, la clé de voute de l’organisation de la communauté, le dépositaire des valeurs de notre culture et de nos traditions. Toutefois, la détermination des sécessionnistes à voir l’Etat s’effondrer en s’attaquant aux chefs traditionnels n’est plus à démontrer. Dans la crise anglophone, le temps est venu aussi de faire face à ceux qui s’évertuent à empêcher les autorités publiques et judiciaires de veiller, avec la fermeté que requiert la loi, à la protection, de l’intégrité et de la sécurité des biens et des personnes.
Face à l’escalade dans le Nord-ouest et le Sud-ouest, il ne fait plus de doute que le Cameroun est en guerre contre le terrorisme.

Si notre armée est venue à bout des membres de la nébuleuse terroriste Boko Haram, il n’en demeure pas moins vrai que dans la partie anglophone il existe une minorité de terroriste qui ne peuvent pas faire peur à la République et à nos forces de défense. Les pouvoirs publics n’ont pas d’autres choix que de mener cette guerre et de la gagner. Ils viennent d’évaluer la situation sécuritaire dans l’ensemble du territoire en prélude à l’élection présidentielle du 7 octobre prochain. Et, il est certain qu’une stratégie globale est en train d’être mises en place dans l’optique d’un redéploiement de nos forces de défense et de sécurité sur le terrain, lesquelles ne peuvent plus être les seuls acteurs dans la lutte contre le terrorisme.

Au demeurant, en tant que élu du peuple, je crois humblement que pour être efficace, nous devons responsabiliser la société entière. Dans la lutte contre contre Boko Haram, cette synergie entre l’armée et les populations a montré son efficacité. Pourquoi pas l’implémenter dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Le travail effectif de proximité avec les citoyens et les comités de vigilance, doit être adapté au contexte actuel dans ces régions. Chaque Camerounais dans nos quartiers, dans nos villes et villages, doit avoir sa place pour la coproduction d’une sécurité collective. In fine, la lutte contre le terrorisme oblige nos dirigeants, plus que jamais, à tisser des liens de confiance avec les populations. Ceci devrait s’établir par une coopération renforcée et le contact permanent. Celui-ci est le seul moyen de collecter les renseignements et de repérer d’éventuels assassins. Tout ceci ne peut se faire qu’avec les leaders d’opinion et les chefs traditionnels. Il ne s’agit pas d’organiser la délation mais de nous rappeler que le rôle à jouer dans l’identification des menaces : la vigilance citoyenne.

Autre solution à la sortie de crise est de faire tarir les sources de financement du terrorisme. En effet, les circuits qu’emprunte l’argent pour se retrouver par la suite dans les comptes bancaires des marchands d’armes, méritent d’être examinés avec minutie et professionnalisme. L’ouverture d’une coopération franche et sincère avec certains Etats amis, sera un élément de facilitation incontournable. La maitrise des réseaux de financement est un atout indéniable dans la lutte contre le terrorisme.
Aussi, il est urgent de composer les commissions rogatoires et de porter plainte auprès des juridictions internationales contre les activistes sécessionnistes qui recrutent les enfants soldats, les embrigadent, les drogues et les forment pour tuer.

Le silence assourdissant des Ong et Amnesty international nous inquiète et nous interroge. Nous devons tous comprendre que le Cameroun est un pays de droit. Aucune revendication aussi légitime qu’elle puisse être ne peut justifier les meurtres et les assistanats des innocents. Les responsables et complices de tels actes doivent être traduits devant les tribunaux et jugés conformément aux lois de la République. Ceux qui se trouvent à l’extérieur du Cameroun doivent être par contumace et extradés au Cameroun. Les Camerounais, de toutes souches, de toutes les classes, forces de sécurité et civils, autorités publiques et traditionnelles, doivent présenter un front uni et indestructible aux sécessionnistes. Il y va de l’avenir de notre Nation et de l’héritage de nos enfants.
*Député de la Nation

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