Lundi, 18 Juin 2018
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Crise anglophone: le deputé Jean Simon Ongola Ongba plaide pour la libération des leaders

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Attention aux vandales des emblèmes de la République !

Par Par Jean Simon Ongola Omgba: élu de la Nation

Loin d’être une revendication corporatiste, le crise dite anglophone s’est exportée au-delà de nos frontières. Les derniers événements puissamment relayés dans les réseaux sociaux laissent croire qu’il existe des agendas cachés contre la République. Laissons l’animosité ourdie contre nos dirigeants par les compatriotes de la diaspora mais intéressons-nous à leurs actes contre les emblèmes de la République. Plus grave encore la violence du discours et les comportements délictueux de certains de nos compatriotes nous laisse présager une migration et des dérives, qui vont contre les valeurs de la Républiques et du vivre ensemble.

Sur le plan interne, les derniers développements de la situation dans la Région du Nord-Ouest ne sortent pas du constat sus-évoqué mais nous interpellent à plusieurs ti-
tres. Le durcissement du ton des activistes, l’enlisement sur le terrain, les méthodes projetées par certains membres de la mouvance dite « sécessionniste », avec l’utilisation des armes, nous ramènent à des pratiques inacceptables et condamnables.
Des pratiques de la période post-coloniale, essentiellement caractérisées par les méthodes violentes pour les revendications politiques, sociales et sociétales sont révolues . L’exploitation politique des actes de vandalisme commis par les soit-disant sécessionnistes ne peuvent qu’alimenter la division et nourrir l’animosité et l’extrémisme de Camerounais pourtant épris de paix.

Il y a deux aspects a comprendre pourtant dans cette crise anglophone.
1 – Le premier concerne le respect des institutions de la République, c’est-à-dire de l’Etat de droit.La dernière découverte d’un véritable arsenal de guerre à Mbengwi
montre qu’il y a une forte présomption d’actes délictueux voir terroriste. L’Etat a le devoir et l’obligation de protéger les citoyens.

Dans ce contexte, seul l’Etat doit prendre les dispositions nécessaires et utiles pour assurer la sécurité des biens et des personnes, dans le strict respect des lois et règlements de la République. Nous nous devons de garder dans l’esprit, que l’insécurité et le désordre ont pour conséquence inéluctable, la désaffection des citoyens et l’effritement de la confiance vis-à-vis des institutions.

Face aux manœuvres terroristes de certains activistes qui n’ont rien à voir avec les revendications sociales et politiques légitimes, il est clair et entendu que, seul le
respect des règles de l’Etat de droit peut garantir la liberté des citoyens, assurer leur sécurité, rendre la justice de manière efficace.

Les Camerounais doivent se montrer très fermes contre ceux qui remettent en question l’unité Nationale. C’est le ciment de notre « vivre ensemble ». Le respect de l’Etat de droit consiste laisser la justice, faire sereinement son travail. Les juges doivent prendre des décisions en leurs âmes et consciences, en fonction des arguments de l’accusation et de la défense au termes des procès contre
des activistes de la crise anglophone. L’une des au
diences se tient d’ailleurs ce jour.
Toute tentative tendant à porter entrave à l’action de la jus-
tice et à faire porter au Gouvernement seul, la responsabi-
lité de la crise actuelle, est un jeu dangereux et
contreproductif. Il convient de nous rappeler que les faits
reprochés à certains activistes sont passibles de sanctions
pénales. Autant dire que si les activistes venaient à être re-
connus coupables, ils devraient en toute logique être lour-
dement condamnés.
Il est clair que « la préservation de l’Etat de droit est tri-
butaire de la préservation de la sécurité, la garantie à tous
de la pleine jouissance de leur droit fondamentaux et la
rationalisation de la gouvernance qui veille à l’exécution
des lois ». Malgré de nombreux obstacles, le Cameroun
sous la conduite du Président Paul BIYA est engagé sur
la voie escarpée de l’Etat de droit à son rythme que d’au-
cuns trouvent lent.
2 – Le second aspect concerne les reponses urgentes à ap-
porter pour satisfaire les revendications sociales, poli-
tiques et économiques. Proposer des solutions aux
attentes et aspirations des populations de manière volon-
tariste sans nier les réalités, est l’option prise par le Gou-
vernement. Il n’est pas superflu de rappeler que certains
de nos compatriotes anglophones, au fil du temps, se ra-
dicalisent. Progressivement, les manifestants d’hier, sur la
base de revendications sociales, sont devenus au fil de l’ac-
tion, des fédéralistes. Certains sont aujourd’hui des « Sé-
cessionnistes » voire des Terroristes. Il est urgent de
stopper cette spirale dangereuse.
Avec la création de la Commission sur le Bilinguisme et le
multiculturalisme, les réformes en cours de notre système
judiciaire, le Président Paul BIYA a exprimé un marqueur
fort de sa volonté de consolider l’unité et la cohésion du
pays. L’existence d’une diversité culturelle et linguistique
du Cameroun est une évidence. Le Cameroun a des sensi-
bilités culturelles différentes. Il serait absurde de prétendre
que nous sommes tous identiques. Mais il y a un socle in-
tangible : L’Unité Nationale.
Sur un autre plan, les revendications socio-économiques
de nos compatriotes anglophones sont légitimes. Elles ne
concernent pas uniquement la partie Anglophone du pays.
Parler de marginalisation de nos concitoyens d’expression
Anglaise est une contre-vérité dont le caractère démago-
gique et politicien n’échappe à personne.
Les changements et les évolutions souhaitées concernent
le déficit global de gouvernance du Cameroun tout entier.
Il s’agit de faire des choix et d’implémenter un développe-
ment inclusif et durable : c’est la responsabilité du Gouver-
nement et de sa majorité. Si nos compatriotes quels que
soit leur région, n’ont aucune perspective, ne soyons pas
surpris qu’ils deviennent des proies d’une idéologie de la
division, semeuse d’anarchie et de désordre avec des
conséquences désastreuses pour le pays.
Nos politiques publiques doivent, plus que par le passé,
être marquées par le sceau d’une ouverture de proximité
et de prise en compte des besoins et préoccupations des
citoyens dans l’ensemble du pays. La mise en œuvre de la
décentralisation, qui est consacrée par la Constitution, est
la voie royale pour atteindre cet objectif. La création d’une
fonction publique territoriale pourrait être un atout.
Cependant, l’impasse de la situation anglophone appelle à
des initiatives d’apaisement. La majorité de nos compa-
triotes s’élèvent aujourd’hui, pour que la sagesse, la res-
ponsabilité, reprennent le dessus afin que des solutions
soient trouvées sans tarder, que le calme revienne et que
les parents puissent en toute quiétude envoyer leurs en-
fants à l’école dès la rentrée scolaire.
En l’absence d’un dialogue serein, tout peut devenir incon-
trôlable.Toutes les parties prenantes, sans exclusive, et
sans condition, doivent impérativement dans l’intérêt des
populations, participer à une plateforme de concertation
constructive. Il faut que la raison l’emporte et qu’il y ait de
sages du côté de l’Etat et du côté des acteurs, qui se re-
vendiquent leaders de la « crise Anglophone ». L’intérêt du
Cameroun devra prévaloir. Toute démarche tendant à vou-
loir, humilier et condamner une partie par l’autre ne peut
avoir pour résultat que d’intensifier la méfiance, attirer
l’animosité et les rancœurs.
Le choix des acteurs, côté gouvernemental, devra être ju-
dicieux pour garantir le succès de ces assises. La méthode
utilisée devra permettre à toutes les sensibilités de s’ex-
primer librement afin d’examiner en profondeur et sans à
priori les revendications.
Le dialogue n’est pas une fin en soi. Sa légitimité est tribu-
taire du calendrier de mise en œuvre de ses résultats, de
son suivi et de son évaluation. Il est certain que le dialogue
ne peut pas se soustraire à une cacophonie partisane, il
faudrait rester vigilant sur l’instrumentalisation pour at-
teindre des objectifs non avoués.
La possibilité de relâcher, sans condition ou sous contrôle
judiciaire, les personnes qui ont été arrêtées lors des mou-
vements de protestation devra être examiné avec lucidité,
pragmatisme et patriotisme. Car faut-il le rappeler, plus
qu’une demande, la libération des activistes de la mou-
vance des revendications sociales et politiques est de fait,
une nécessité et un gage de bonne volonté. Mettre l’accent
sur l’importance de créer un environnement d’apaisement
afin de lever toute hypothèque au retour à la normale,
contraint, par ailleurs, à prendre toutes les distances avec
les revendications séparatistes.
Ce sera un des enjeux de ce dialogue. Il est en effet inad-
missible de valider les méthodes utilisées par les activistes
« séparatistes », visant à induire en erreur l’opinion publique
et à diffuser des faits erronés, avec la fabrication et la pu-
blication de fausses informations sur les réseaux sociaux
et les diverses applications qu’offrent les TIC. Pire, à fabri-
quer des engins explosifs destinés à tuer des innocents.
La solution au problème dit « Anglophone » a une dimension
historique, socio-économique et régionale, ne pas en tenir
compte nous fait courir le risque de s’égarer et de tirer des
conclusions hâtives et peu pertinentes.
Il revient à la génération actuelle, après celle des « anciens
» d’inventer des mécanismes de médiation avec les ci-
toyens afin de les associer au processus et traverser sans
dégâts la difficile épreuve du problème Anglophone. Il a le
mérite aujourd’hui d’être reconnu de tous.

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