Mardi, 12 Novembre 2019
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Crise anglophone: 1850 morts et 530 000 déplacés internes

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Selon International Crisis Group, qui a publié un nouveau rapport le 02 mai, plusieurs dizaines de milliers de personnes ayant fui les troubles dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest sont réfugiées au Nigeria.  

Par Florentin Ndatewouo

Les chiffres actualisés de la guerre dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest  donne froid dans le dos. Selon le nouveau rapport de l’Organisation non gouvernementale (Ong) International Crisis Group (ICG), publié le 02 mai, l’on enregistre depuis le début de la crise en 2016, 1850 morts, 530 000 déplacés internes et des dizaines de milliers de réfugiés. La situation est d’autant plus préoccupante que l’Ong, dans ce document intitulé « Crise anglophone au Cameroun : Comment arriver aux pourparlers »,  propose l’instauration  d’un climat de confiance, en vue de la résolution de ce conflit. International Crisis Group estime que des concessions doivent être faites aussi bien au niveau du gouvernement qu’à celui des séparatistes. «Le gouvernement devrait soutenir la conférence générale anglophone, qui devrait permettre aux anglophones de se mettre d’accord sur leurs représentants à un éventuel dialogue national tout en redonnant une voix aux anglophones non séparatistes. Dans le cadre d’un discours réconciliateur, le président camerounais devrait reconnaitre l’existence du problème anglophone et la légitimité des revendications exprimées par les populations anglophones ; ordonner des enquêtes sur les abus des forces de sécurité ; prévoir des compensations pour les victimes et s’engager à reconstruire les localités détruites ; et libérer les centaines d’activistes anglophones actuellement détenus, y compris des figures importantes du mouvement séparatiste », propose l’organisation dont la mission est de prévenir et résoudre les conflits meurtriers.

De leur côté, prône-t-elle, « les séparatistes devraient renoncer à leur stratégie de villes mortes le lundi et de boycott de l’école, et exclure de leurs rangs les combattants qui ont commis des abus contre les civils ». A ces mesures, devrait s’ajouter l’apport de la communauté internationale. « Au niveau international, l’idée serait de récompenser les parties qui acceptent de modérer leurs positions et de sanctionner celles qui maintiennent une ligne plus intransigeante. L’Union européenne et les Etats-Unis, en particulier, devraient envisager des sanctions ciblées contre les pontes du pouvoir et les hauts gradés qui continuent de faire obstacle au dialogue (interdictions de voyages, gels des avoirs), et les séparatistes qui prônent ou organisent la violence (poursuites judiciaires). La procureure générale de la Cour pénale internationale devrait ouvrir des enquêtes préliminaires sur les abus des deux parties, afin de souligner que la poursuite des violences aura des conséquences judiciaires », recommande le rapport. Cela implique une entende préalable entre ces pays qui se montrent divisés sur la question, selon International Crisis Group.

Discussions préparatoires

Après la phase de mise en confiance des différentes parties, l’Ong entrevoit la tenue de discussions préparatoires. Ceci, en présence des émissaires du gouvernement, des fédéralistes et des séparatistes. ICG propose pour cela que ces échanges se déroulent à l’étranger. Dès lors, l’apport des pays et organisations internationales  tels  les Etats-Unis, la Suisse, le Vatican, les Nations unies, l’Union européenne (en particulier la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni) et l’Union africaine, serait  de « continuer à encourager le gouvernement au dialogue, y compris en proposant de financer et de soutenir les rencontres préparatoires ». L’Eglise Catholique  et la Suisse, en raison de leur neutralité face à cette crise, tel que perçu par les parties prenantes,  disposent de meilleurs atouts pour assurer la médiation, à en croire l’Ong. Qui estime que les discussions de fond entre les trois parties devraient se dérouler au Cameroun. «Le gouvernement devrait, au cours de ces négociations, se montrer prêt à réviser la Constitution pour accorder une plus grande autonomie aux régions ou approfondir sensiblement le cadre légal de la décentralisation. Ces améliorations pourraient notamment inclure l’élection des présidents des régions et des conseils régionaux au suffrage universel direct ; l’instauration d’administrations régionales disposant d’une grande autonomie financière et administrative ; et l’augmentation des compétences et des ressources des communes. Le gouvernement pourrait par ailleurs entreprendre des réformes institutionnelles et de gouvernance pour mieux prendre en compte les spécificités des systèmes éducatif et judiciaire des régions anglophones », conclut le rapport.

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