Vendredi, 20 Juillet 2018
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Criminalité:Nkolbisson, un an après les assassinats

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Si la vie semble avoir repris son cours normal, la série de meurtres enregistrée dans ce quartier de Yaoundé continue de hanter les esprits.

Par Josiane Afom

Mercredi 08 novembre dernier. Il est 15h. Dans la salle de réception d’une auberge située derrière la brigade de gendarmerie de Nkolbisson dans l’arrondissement de Yaoundé VIIème, un groupe de jeunes installés autour d’une table devisent en buvant de la bière. Non loin de là, d’autres jeunes sont assis devant une boutique. Ces deux scènes démontrent bien que la vie a repris son cours normal dans cette partie de la capitale politique, après la série d’assassinats qui y a été enregistrée courant août 2016.

C’est d’ailleurs dans cette auberge que l’une des victimes, en compagnie de son bourreau, avait été aperçue quelques heures avant sa disparition. Elle s’y était rendue pour acheter des jus. C’était le lundi, 8 août 2016 aux environs 20h, selon les témoignages du voisinage. Elle avait été froidement assassinée dans la nuit du 8 au 9 août. Souffrante, sa génitrice, qui était partie de Ngomedzap, village situé dans le département du Nyong et So’o, région du Centre, pour venir suivre un traitement à Yaoundé, avait elle aussi subi le même sort. Plusieurs autres découvertes macabres avaient été faites dans ce même quartier en moins d’un mois. Ce qui avait créé une psychose au sein de la population.

Souvenirs
Les habitants du lieu-dit « Auberge » gardent toujours en mémoire la disparition tragique de leur voisine. Il s’agit de la nommée Véronique, la quarantaine sonnée. « Lorsqu’elle avait fini de vendre ses avocats ce soir-là, elle était arrivée au quartier en compagnie d’un jeune homme qu’on n’avait jamais vu auparavant. Quelques heures après, ils sont ressortis. À ma grande surprise, dès mon réveil au petit matin, j’ai appris qu’elle avait été assassinée dans la nuit », se souvient un voisin.

« Son bourreau, qui avait abusé d’elle avant de la tuer, se serait dit que la maman de la fille pouvait le remarquer, puisque Véronique avait présenté son amant ce jour-là à sa génitrice. C’est ce qui l’aurait poussé à revenir faire taire la malheureuse. Pour faire sortir cette dernière de la maison afin d’en finir avec elle, il lui aurait déclaré que sa fille avait fait un accident grave », relate une source policière. 15 mois après l’horreur, même si dans l’ensemble la vie semble avoir repris son cours normal, les souvenirs de la défunte continuent de hanter la population.

« Chaque fois que je passe devant ce camp, je repense à Véronique », affirme un habitant du quartier. Parlant du camp en question, la chambre qu’occupait la défunte reste inoccupée. D’aucuns estiment que loger dans cette pièce serait s’attirer un mauvais sort. Une idée que d’autres ne partagent pas. « Je pense que c’est parce que la maison est délabrée qu’elle est restée inoccupée. Pensez-vous que quelqu’un de sérieux puisse prendre en location une résidence dont la porte ne se ferme pas correctement ? C’est tout simplement parce que la case a été abandonnée par le bailleur ; encore que ce n’est pas dans cette pièce qu’on avait assassiné les anciens occupants », dédramatise un habitant du quartier.

Même si ces souvenirs restent vivaces au lieu-dit « Auberge », les proches et voisins de la défunte Véronique sont rassurés : le tueur en série de Nkolbisson avait été arrêté et séjourne à la prison centrale de Kondengui. « L’année dernière, le mois d’août précisément nous avait marqués à cause des assassinats en série dans Yaoundé VIIème. Mais, depuis qu’on a arrêté l’assassin, nous ne vivons plus dans la peur. Même si nous sommes toujours exposés au danger, car le quartier n’est toujours pas éclairé », regrette un riverain de Nkolbisson. « Même s’il n’avait pas avoué être le responsable de l’assassinat de Véronique et de sa maman, il était passé aux aveux sur un cas. Nous avons conclu qu’il était le coupable de tous ces meurtres parce que tous les corps découverts présentaient les mêmes signes.

Il nous était également revenu qu’il avait une relations avec toutes ses victimes», confie une source proche des enquêtes ouvertes à la suite de ces meurtres. « Toutefois, je reste convaincu que ce jeune homme a un problème, parce que c’est difficile pour une personne normale d’éliminer toutes les femmes avec lesquelles il a eu une aventure. Aussi, pendant les enquêtes, il nous a été rapporté que l’accusé avait été chassé de son village pour un fait pareil. Il faudrait bien qu’on cherche à le soigner sinon, il risquerait de commettre les mêmes crimes une fois qu’il sera libéré », poursuit la source.

Patrouilles
Suite à ces meurtres en série enregistrés l’année dernière à Nkolbisson, les forces de l’ordre avaient annoncé des mesures de sécurité en grandes pompes. Chaque habitant de ce quartier était par exemple prié de regagner son domicile avant la tombée de la nuit. Pour sa part, le commissaire du 12ème arrondissement avait interdit le marché de nuit au carrefour Nkolbisson. Dans la même veine, des patrouilles policières s’étaient multipliées dans l’arrondissement. Sur instruction du sous-préfet de Yaoundé VIIème à l’époque des faits, Augustin Alain Ndongo Mbang, un intérêt particulier, était marqué aux horaires de fermeture des débits de boissons.

Sauf que d’après les habitants de ce quartier périphérique de Yaoundé, toutes ces mesures sécuritaires ne sont plus respectées. Tout comme rien n’a été fait en ce qui concerne l’éclairage des différentes zones à risque. Au commissariat de Nkolbisson, une source ayant requis l’anonymat explique que les patrouilles policières sont toujours présentes sur le terrain. Néanmoins, « le travail de la police est organisé. Les éléments qui descendent sur le terrain sont tenus de respecter à la lettre les instructions de la hiérarchie. Il y a ce que nous appelons les passages obligatoires, où les policiers de garde doivent absolument se rendre ».

Notre source ajoute que lorsqu’ils sont sur le terrain, il y a au moins trois contrôles qui passent avant le lever du jour. « Le premier est celui du commissariat du 12ème, le deuxième est le service de garde de la délégation régionale de la Sûreté nationale du Centre. Le dernier, quant à lui, est celui du service de garde de la délégation générale à la Sûreté nationale », explique-t-elle. Et, « depuis qu’on a interpellé le présumé coupable de ces crimes, le calme y règne. Aucun assassinat n’a plus été signalé à Nkolbisson », se félicite notre source.

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