Dimanche, 27 Septembre 2020
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COVID-19:une centaine de Camerounais bloqués en Inde

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Parmi ces compatriotes qui attendent d’être rapatriés par le gouvernement depuis le mois de mars dernier, sept d’entre eux ont déjà perdu la vie.

Par Jenner Onana

Six mois déjà que son calvaire dure. Michel Tobi Bisseg, parti du Cameroun le 8 mars dernier, est arrivé en Inde un jour plus tard. Cet ingénieur de formation se rend dans ce pays du continent asiatique dans l’espoir de recevoir des soins médicaux pour ses problèmes cardiaques. « J’ai reçu mes médicaments le 11 mars et je suis sorti de l’hôpital le 17 mars. A ce moment, je me rends compte que le Cameroun a fermé ses  frontières ».

Michel Tobi Bisseg et son épouse n’auront pas alors d’autre choix que de rester coincés dans un hôtel à New Delhi, la capitale indienne. « Après une dizaine de jours, nous sommes priés de libérer l’hôtel. Les responsables de l’établissement hôtelier ont décidé de fermer ses portes à cause de la pandémie du COVID-19 », raconte-t-il.

C’est alors que le plus dur a commencé. « Nous avons cherché un lieu d’hébergement bon marché. Nous avons trouvé un autre hôtel qui est situé devant une station de Metro. Celui-ci est gardé par la police. Il était donc presqu’impossible pour nous de sortir. Le confinement a duré 52 jours. Par moment, nous étions ravitaillés par des Organisations non gouvernementales. Pour un diabétique qui vient de suivre une cure cardiaque, il n’était pas évident de tenir. Je ne consomme pas du sel et du sucre, entre autres », poursuit-t-il.

D’autres compatriotes subissent le même calvaire depuis des mois. C’est le cas de Paul B. (nom d’emprunt). Celui-ci est arrivé en Inde le 6 mars dernier en compagnie de sa mère. Laquelle souffre d’un cancer diagnostiqué au mois de décembre 2019. Comme ces quatre Camerounais, ils sont 108 au total, selon les statistiques du ministère des Relations extérieures (Minrex), en attente de rapatriement en Inde.

Vivant dans des conditions difficiles, selon leurs témoignages, sept d’entre eux ont déjà trouvé la mort.  « Le dernier cas de décès a été enregistré dans la nuit du 4 août dernier », fait savoir Paul B. Les familles ne possédant pas de moyens nécessaires pour garder les corps de leurs proches dans des morgues, ils ont été incinérés, explique, dépité, Michel Tobi Bisseg.

Pour se sortir de leur situation, un collectif des Camerounais en détresse en Inde a été mis sur pied. Résidant à mille lieues les uns des autres dans ce « pays continent », les membres du collectif ont créé un groupe WhatsApp. C’est grâce à cette plateforme qu’ils communiquent entre eux. Le 16 juin dernier, le Collectif a adressé une correspondance au ministre des Relations extérieures(Minrex). « Suite à la pandémie du COVID-19, nous sommes bloqués en Inde depuis le mois de mars 2020 (…) Nous attendons d’être rapatriés par l’Etat du Cameroun. Les procédures semblent longues et interminables (…) En attendant leur aboutissement, nous vous prions de donner l’autorisation à Ethiopian Airlines de nous embarquer à nos frais ».

Minrex

Dans la foulée, le 1er juillet dernier, le Premier ministre a instruit le Minrex, en liaison avec le ministre des Transports et celui des Finances, de finaliser les procédures administratives et financières en suspens, en vue du rapatriement des Camerounais encore bloqués à l’étranger. Depuis la fermeture des frontières aériennes de plusieurs pays du fait du coronavirus, les autorités ont en effet entamé une opération de retour par vols spéciaux de centaines de compatriotes.

Plus tard, le 22 juillet, le Minrex, Lejeune Mbella Mbella, a communiqué la liste des personnes en attente de rapatriement en Inde à l’ambassadeur du Cameroun en Chine, avec compétence en Inde. Par cette correspondance, il est demandé à l’ambassadeur camerounais de saisir les autorités indiennes afin de faciliter les procédures de retour des Camerounais en détresse en Inde. Celles-ci n’auraient toujours pas abouti comme en attestent les témoignages supra.

Rendu hier 05 août au Minrex pour s’enquérir de l’évolution de la situation, nous sommes orientés à l’Inspection générale chargée des affaires consulaires. En effet, renseigne-t-on sur place, la direction des Camerounais à l’étranger qui s’occupe habituellement du dossier a été dessaisie de l’affaire. A l’inspection, personne n’a voulu se prononcer sur ce sujet. Néanmoins, une source indique, sous anonymat, qu’au regard de la situation actuelle de l’espace aérien mondial, les responsables en charge du dossier seraient toujours à la recherche d’une date adéquate pour effectuer le rapatriement.

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