Vendredi, 5 Juin 2020
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Coupures de courant:lumière sur les ténèbres

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Les récentes privations d’énergie électrique observées à Yaoundé et Douala s’expliquent, entre autres, par le remplacement en cours de certaines infrastructures vétustes.

Par Lucien Bodo

Weekend à la bougie pour de nombreux quartiers de Yaoundé, entre le 08 et le 10 mai derniers. Pour cause, la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel) procédait à la mise en service technique de deux transformateurs dans les postes de Ahala et Kondengui. L’importance et la densité des travaux ont conduit à une interruption de l’énergie électrique de plus de 21 heures d’affilée dans plusieurs quartiers de la ville. Cette coupure de courant fait certes parler d’elle, mais en réalité, les villes de Yaoundé et Douala subissent régulièrement des privations d’énergie depuis le début de l’année. Ceci pour plusieurs raisons.

La première, d’après nos informations, est conséquente à la vétusté de plusieurs infrastructures. Pour y remédier, les deux principaux opérateurs – Eneo et Sonatrel – ont entamé des travaux, chacun selon son domaine d’intervention, pour, soit les remplacer, soit leur donner une seconde vie. C’est le cas des poteaux en bois. Rien que dans la ville de Yaoundé, apprend-on, 5000 d’entre eux doivent être remplacés dans l’urgence au cours de cette année. 50 000 sur l’ensemble du territoire national. Jusqu’en 2018, ce matériel important dans la distribution et le raccordement aux lignes électriques était produit à 90% dans le Nord-Ouest. Du fait de l’insécurité liée à la crise anglophone, les producteurs sont entrés en cessation d’activités, créant de ce fait un déficit. Afin de résoudre ce problème, la région de l’Ouest a déjà été prospectée pour suppléer celle du Nord-Ouest dans la production dudit matériel, grâce aux champs d’eucalyptus.

En dehors du remplacement des poteaux en bois, les coupures s’observent aussi lors des travaux d’élagage des lignes de transport et durant le remplacement de certaines lignes. A cela s’ajoute la météo, élément naturel qui inflige parfois des dommages à certaines infrastructures et cause de brèves coupures dans les quartiers souffrant d’une instabilité du réseau. En saison des pluies, il est récurrent d’observer des chutes d’arbre sur les lignes ou de voir la foudre s’abattre sur certains équipements.

C’est ce qui s’est passé le 02 mai dernier, avec un incident enregistré sur la ligne de transport Edea-Yaoundé. Le ministre de l’Eau et de l’Energie, Gaston Eloundou Essomba, a dû effectuer une visite sur le site accompagné des équipes de la Sonatrel. L’objectif étant de s’assurer de la continuité du service public de l’électricité dans la ville de Yaoundé et ses environs.

Un responsable à Eneo estime que la réhabilitation du réseau électrique national, dans son ensemble, est un très vaste chantier. Ce qui signifie que l’objectif « zéro coupure » ne sera pas atteint dans un avenir proche. Toutefois, des initiatives fleurissent pour permettre de se rapprocher de plus en plus de l’équilibre offre-demande. C’est dans ce registre que s’inscrivent les travaux d’interconnexion de la ligne de 225 Kv en cours au poste d’Ekombitié, par Mbalmayo. Ceux-ci visent globalement à accroître la capacité de transit de l’énergie électrique vers Yaoundé à partir du barrage de Memve’ele. Les travaux pilotés par la Sonatrel ont été confiés à l’entreprise camerounaise SMS.

Entamés au début du mois de janvier dernier, ils ont déjà permis le nettoyage de la bretelle de connexion (environ 350m), la fondation et la pose des trois pylônes, ainsi que la pose et l’ancrage des câbles. Les responsables pensent pouvoir boucler le chantier d’ici quelques semaines. En attendant, il faut en finir avec le nettoyage du corridor de la ligne 225 kV de Mbalmayo à Milamizibi, la consignation des lignes 225 kV par Sinohydro et 90 kv par Eneo, ainsi que la mise sous tension de la bretelle de connexion par l’entreprise SMS.

Pour Eric Mansuy, seule une bonne coordination des actions entre les différents acteurs du secteur permettrait de réduire la tension entre l’offre (Environ 1400MW) et la demande (Environ 2000 Mw). Répondant aux questions du site energies-medias.com en février dernier, le directeur général d’Eneo estimait qu’il faudrait procéder à des investissements d’environ 531 milliards Fcfa entre 2020 et 2031.

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