Mercredi, 17 Juillet 2019
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Ahmad Ahmad, le Cameroun et la Can 2019

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Georges Alain Boyomo
C’est assurément un pavé dans la mare de l’organisation des Coupes d’Afrique des nations Cameroun 2019, Côte d’Ivoire 2021 et Guinée 2023 que le président du Conseil des associations de football en Afrique australe (Cosafa), Phillip Chiyangwa, a jeté le 7 avril dernier. Le président du Cosafa, l’un des principaux soutiens du président élu de la Confédération africaine de football (Caf), Ahmad Ahmad, estime que les trois prochaines Can « ont été attribuées de manière brutale et politique au bénéfice d’une région ». Phillip Chiyangwa conclut : « Le Cosafa va donc protester (…), à tel point qu’une commission d’enquête [devra] être mise en place».
Présent à Sandton, en Afrique du Sud, au moment où le président du Cosafa, par ailleurs président de la Fédération zimbabwéenne de football, y a tenu ces propos incendiaires, Ahmad Ahmad réagit, un rien énigmatique : «J’assure à mes collègues que je suis un membre du CosafaMême si je suis le président de la Caf, je suis un membre du Cosafa avant tout ».
Comme dans un scénario écrit à l’avance, le président du Cosafa est passé, le 13 avril dernier, des paroles à l’acte. Phillip Chiyangwa a saisit le président de la Caf. «Il est inconcevable que cinq tournois d’affilée soient organisés dans une seule région du continent. Cela démontre l’inégal intérêt que la Caf porte à ses membres. C’est pour cela que le Cosafa demande qu’un nouveau et transparent processus soit effectué pour l’attribution des Can 2019, 2021 et 2023 », écrit l’homme d’affaires.
Au train où vont les choses, s’il est prématuré de pronostiquer que la Caf va accéder à la requête du patron du Cosafa, il serait naïf de penser que le dossier de l’organisation des trois prochaines Can ne fera pas l’objet d’un débat public au sein de l’instance faitière du football africain. La bataille de l’opinion ouverte, le président de la Fédération guinéenne de football a dégainé, dans ce combat à fleurets démouchetés. «Pour le moment, nous sommes au niveau des bruits, mais je veux dire au Cosafa qu’il n’a pas raison. Ce n’est pas seulement le football (…), il faut regarder, dans le rétroviseur, l’histoire de l’Afrique. Ils [les pays du Cosafa, ndlr] sont les derniers pays à devenir indépendants et cette indépendance a été donnée grâce à toute l’Afrique », explique Antonio Souaré, au micro de la Bbc.
Pour sa part, la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) n’a pas réagit à ce sujet. D’ici, nous pensons d’ailleurs que le silence est d’or en pareille circonstances. Seulement, le Cameroun aurait tort de ne point lire les signes du temps. De quoi s’agit-il ? Pour organiser la Coupe d’Afrique des nations féminine, le pays de Roger Milla et Aboudi Onguene s’est pressé si lentement pour réhabiliter ou parfaire les infrastructures dédiées qu’on a frôlé le pire : le retrait de l’organisation au Cameroun.
A l’occasion de la Can 2019, il va de soi qu’aucune erreur ne sera pardonnée au pays organisateur, car Issa Hayatou parti, Ahmad Ahmad et ses « amis » du Cosafa (pour ne citer qu’eux) sont au rebond, et donc prêts à frapper. Sur le plan des infrastructures sportives, hospitalières et des voies de communication, le Cameroun, qui n’a pas organisé la Can masculine depuis 1972, a intérêt à satisfaire, à date, aux exigences de la Caf. Le temps presse et le pays est tenu à l’œil.

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