Samedi, 11 Juillet 2020
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Coronavirus au Cameroun:la facture du confinement

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Au centre de vifs débats en ce moment, cette option déjà expérimentée pas d’autres pays pour endiguer la pandémie n’est pas sans conséquences sur l’économie.

Par Lucien Bodo

Le 24 mars, au terme d’une réunion inter-ministérielle, le Premier ministre a publié un communiqué qui se veut clair. « Je voudrais préciser, pour dissiper certaines rumeurs abondamment véhiculées à travers les réseaux sociaux depuis quelques jours, qu’aucune décision de confinement total ou partiel de la population n’a été prescrite par le chef de l’Etat », écrit Joseph Dion Ngute. Le chef du gouvernement insiste plutôt sur l’urgence et l’impératif du respect, par les Camerounais, des 13 mesures prises il y a une semaine, pour essayer d’enrayer la propagation du coronavirus au Cameroun.

Avant lui, le ministre de la Santé publique a rappelé sur « Actualité Hebdo », le 22 mars, que le confinement n’était pas (encore) envisagé. Quelques temps après, il va réitérer son propos à travers un tweet. « Je voudrais clairement préciser qu’aucun confinement total de Douala et Yaoundé n’est actuellement à l’ordre du jour du gouvernement. Cette rumeur n’est que pure manipulation », expose Malachie Manaouda.

Dans l’opinion pourtant, le confinement, total ou partiel, est réclamé par beaucoup. Surtout que trois villes sont désormais atteintes. Douala, Yaoundé et Bafoussam. Au 25 mars 2020, le pays dénombrait 75 cas, alors qu’il y a deux semaines, il n’en comptait aucun. Cerise sur le gâteau, une personne est déjà décédée, de quoi alimenter encore un peu plus la psychose. Et à ce jour, seuls deux malades de coronavirus ont pu complètement recouvrer la guérison.

Ailleurs

L’autre élément qui justifie l’appel au confinement c’est que cette mesure drastique a déjà été prise par plusieurs pays dans le monde, notamment en Afrique. Et certains parmi eux compte moins de cas déclarés que le Cameroun. En République démocratique du Congo, (Rdc) le pointage du 24 mars indiquait que 45 cas de coronavirus avaient déjà été identifiés. Par ailleurs, le pays compte déjà trois morts et au moins une guérison. A l’effet de freiner la progression de la maladie, le président Félix Tshisekedi a décrété l’état d’urgence. Dans le même temps, la ville de Kinshasa, épicentre de la pandémie dans le pays, a été mise en confinement.

L’état d’urgence a également été décrété en Côte d’Ivoire, assorti d’un couvre-feu. Le président Alassane Ouattara a aussi annoncé l’hypothèse d’un confinement progressif de plusieurs régions en fonction de l’évolution de la situation. La Côte d’Ivoire a enregistré 48 nouveaux cas en deux jours, portant le total à 73, selon le dernier bilan de mardi soir.

L’Afrique du Sud quant à elle est en confinement total pour une durée de trois semaines depuis le 23 mars. L’armée a été mobilisée pour s’assurer de son respect par la population. Pays le plus touché du continent, le nombre de personnes contaminées a bondi mercredi 24 mars, avec 709 cas contre 554 la veille. Les autorités sanitaires estiment que ces données pourraient être multipliées par au moins trois ou quatre au cours des deux prochaines semaines.

Du reste, des couvre-feux été décrétés en Mauritanie, en Égypte et au Gabon. Dans le même temps, un confinement est imposé au Rwanda, sur l’île Maurice, dans les deux plus grandes villes de Madagascar, en Tunisie et en Algérie. Le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, a quant à lui décrété l’état d’urgence pour une période de 12 mois. Au 24 mars, on dénombrait 2 137 cas de contamination sur le continent africain, dont 62 morts.

En Europe, plusieurs pays européens se sont barricadés et interdisent à leurs citoyens de sortir. C’est le cas, entre autres, de l’Italie, la France ou encore de l’Espagne. Aux Etats-Unis, la ville de New-York, épicentre de la pandémie dans le pays, est en état de confinement. Plusieurs leaders d’opinion demandent l’élargissement de cette mesure au reste du pays. En Asie, l’Inde a décidé de confiner complètement son 1,3 milliard habitants pendant 21 jours pour barrer la voie au COVID19.

Au total, c’est 2,6 milliards d’être humains qui sont actuellement assignés à résidence par leurs gouvernements respectifs, dans plus de 50 pays et territoire. Une méthode que le corps médical recommande vivement et présente comme étant la seule à même d’empêcher avec plus d’efficacité la propagation de la maladie.

Mesures d’accompagnement

Toutefois, si le confinement est une tentation forte, il se heurte à une réalité inéluctable. 90% de la population évolue dans le secteur informel au Cameroun. Ce dernier représente par ailleurs environ 50% du produit intérieur brut du pays. Ce qui signifie qu’avec le confinement, une très grande partie de la population risque de se retrouver sans moyen de subsistance. Le coronavirus céderait ainsi sa place de calamité à la faim.

Au Sénégal, pour atténuer les effets de la pandémie, l’état d’urgence et le couvre-feu sont assortis de la création d’un « fonds de riposte et de solidarité » évalué à environ 1,5 milliard d’euros (Près de 1000 milliards Fcfa), dont 75 millions (Près de 50 milliards Fcfa) destinés à l’aide alimentaire d’urgence. Le pays a également annoncé des aides pour la restauration, l’hôtellerie, le transport et la presse. Du côté de la Côte d’Ivoire, le président Alassane Ouattara a annoncé un plan de riposte national d’un montant de 95,8 milliards Fcfa. Par ailleurs, des  mesures sont en étude pour soutenir l’économie et « soulager les populations ».

Du côté de l’Afrique du nord, le confinement ne concerne pas tout le monde. En effet, dans plusieurs pays, environ 15% de la population continuera de travailler pour garantir la bonne marche des secteurs vitaux, tels la sécurité, la santé, l’agroalimentaire, l’eau, l’électricité et les banques. Afin de faire respecter ce dispositif par une population qui brille par son indiscipline, l’armée est appelée en renfort. En clair, si l’Etat du Cameroun en arrive à l’étape d’un confinement total ou partiel, il lui faudra trouver des mesures d’accompagnement pour éviter un problème encore plus grave. Un confinement taillé sur mesure comme cela se fait ailleurs.

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