Mardi, 4 Août 2020
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Contrôle des devises en zone Cemac:plaidoyer pour un assouplissement

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La Chambre africaine de l’énergie déplore une politique qui crée un environnement peu propice à l’arrivée des investisseurs étrangers dans ce secteur.

Par Lucien Bodo

La Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) a adopté de nouvelles règles de contrôle de devises en juin 2019. Une mesure mal accueillie à l’époque par les milieux d’affaires et qui a nécessité plusieurs sessions d’explication de la Banque centrale. Le 27 avril, dans un contexte de crise sanitaire liée au coronavirus, la Chambre africaine de l’énergie a elle aussi fait part de ses inquiétudes.

Dans un article disponible sur son site internet – energychamber.org/fr – elle dit s’associer « aux acteurs de l’industrie pétrolière pour appeler la Beac à assouplir ses règles de contrôle des devises ». L’organisme rappelle que l’institution dirigée par Abbas Mahamat Tolli « a introduit de nouvelles règles contrôlant les flux de devises en Afrique centrale dans le but de promouvoir la transparence financière et de garantir que les revenus pétroliers restent au sein des économies et des banques locales ». Une gestion et une distribution saines et transparentes des rentrées financières de l’industrie pétrolière et gazière à saluer. Malheureusement, soutient la Chambre, « ces règles spécifiques ont créé un environnement très peu attrayant pour les investisseurs étrangers qui cherchent à investir dans les États de l’Union Cfa ».

A titre d’illustration, les nouvelles règles stipulent que tous les transferts de devises de plus de 1680 dollars (plus d’un million Fcfa) doivent être approuvés par la banque. Par ailleurs, tous les produits d’exportation supérieurs à 8400 dollars (plus de 5 millions Fcfa) doivent être rapatriés en 150 jours sur un compte bancaire local.

Selon la Chambre africaine de l’énergie, « ces contrôles entraînent des retards de transaction et empêchent les investisseurs étrangers de rapatrier les fruits de leur investissement, ce qui est une condition essentielle de toute juridiction attrayante ». Elle estime ainsi qu’avec de tels contrôles et règles en place, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale souffrira et deviendra moins attrayante pour les investisseurs crédibles.

Prenant en considération la situation actuelle caractérisée par des cours du pétrole de plus en plus bas (20 dollars en moyenne) et la pandémie de COVID-19, « la Chambre appelle instamment la Beac à écouter les voix et les préoccupations de l’industrie et à assouplir ces contrôles des devises pour maintenir l’attractivité de la région en tant que destination d’investissement ». Pour cet organisme, une réforme de l’environnement des affaires en Afrique devrait être une priorité pour tous les régulateurs et toutes les banques centrales, afin d’assurer une reprise économique rapide et de rendre le continent plus compétitif sur la scène mondiale.

La Chambre africaine de l’énergie est la plus grande association africaine du secteur de l’énergie. Elle regroupe des entreprises de toute la chaîne de valeur du pétrole et du gaz, de l’électricité et des mines. Elle compte plus de 100 partenaires du secteur privé, public et financier. Avec pour mission essentielle de mettre l’énergie au service des Africains, la Chambre concentre ses efforts sur le renforcement des capacités nationales et le développement d’entreprises locales fortes et compétentes. Elle s’intéresse également à la facilitation de l’entrée des investisseurs régionaux et internationaux sur les marchés énergétiques les plus dynamiques du continent, y compris au Sénégal, Nigéria, Angola, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Afrique du Sud et Soudan du Sud, entre autres.

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