Mercredi, 14 Novembre 2018
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Contentieux post électoral:le duel Kamto – Owona

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La deuxième journée de l’examen du recours du candidat du Mrc a pris les allures d’une guerre froide entre ses avocats et ceux du Rdpc puis, entre les deux personnalités.
Par Jean-Christophe Ongagna
Le président de la Commission nationale de recensement général des votes (Cnrgv), Emile Essombe, est sur un mauvais nuage. Après avoir essuyé l’affront de Me Michèle Ndoki – l’un des avocats chargés de la défense du candidat du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) la veille (16 octobre dernier, Ndlr) -, le magistrat pensait bien faire hier 17 octobre, en brandissant un procès-verbal de l’instance qu’il a présidée entre le 09 et le 14 octobre dernier. Dans son esprit, il était question de prouver que sa Commission avait fait un travail irréprochable. Coup de théâtre, le représentant du Mrc dans cette instance, Alain Fogué Tedom, qui a apposé sa signature sur l’ensemble des documents censés être transmis au Conseil constitutionnel, fait le constat selon lequel, seul le document présenté par le président de la Cnrgv est authentique.
Sur le champ, il alerte les avocats du parti parmi lesquels Me Sylvain Souop, qui exige que l’on produise la totalité des 32 procès-verbaux. Pour l’avocat, les documents qui peuvent tout changer retracent l’intégralité des débats qui ont eu lieu au sein de la Cnrgv. « […] nous avons parlé de 32 Pv (procès-verbaux, Ndlr) qui doivent être signés. Dans la logique de Monsieur le membre (Emile Esoombe, Ndlr), qu’il nous produise les 32 Pv ici et maintenant pour que le public voie […] nous avons également sollicité […] qu’on nous produise des bordereaux d’émargement », défend Alain Fogué Tedom.
Ce qui ne peut être fait par celui qui visiblement, avait voulu faire preuve d’honnêteté intellectuelle. Le président du Conseil constitutionnel va venir à la rescousse du « Conseiller » Essombe. « On n’ouvre plus les débats », déclare Clément Atangana, qui indique que l’audience se trouve « à la dernière étape ». « Si vous continuez, on va enregistrer cela comme un incident. Les débats sont clos », ajoute-t-il. La salle d’audience est en ébullition. Le Mrc vit un revirement de situation inattendu.
Passe d’armes
Son candidat qui par ailleurs, se fait appeler le « tireur de penalty », était en ballotage défavorable après les plaidoiries de la défense (Elections Cameroon, ministère de l’Administration territoriale et le Rassemblement démocratique du peuple camerounais). Avec le sourire en coin, Maurice Kamto va quitter la salle d’audience. Le délibéré est renvoyé ce jour 18 octobre dès 18h par Clément Atangana. Quelques heures avant, la « guerre psychologique » que se mènent le Mrc et le Rdpc en l’occurrence dans le cadre du contentieux post électoral en cours, a prêté le flanc à une véritable passe d’armes entre deux personnalités : Maurice Kamto et Grégoire Owona en l’occurrence.
Dans ce qu’il est convenu d’appeler un laïus, le premier va se livrer à ce que le second va qualifier de « prestation de serment ». Maurice Kamto, va notamment s’exprimer sur ses origines ethniques en relevant qu’aucun Camerounais en général et d’ethnie Bulu en particulier, n’a choisi de naître là où il est né, lui étant Bamiléké. Et d’ajouter : « […]. D’aucuns auraient voulu que je m’excuse pour avoir démissionné de son gouvernement (celui de Paul Biya, Ndlr), d’avoir formé un parti politique et de m’être présenté comme candidat face à lui. Non […] je ne m’en excuserai pas, […] parce que je crois que nous sommes à une phase de l’histoire [notre] pays, où il faut que nous ayons le courage de dire qu’il y a un temps pour toute chose. Et que si ce président de la République aime comme je le crois son pays, il doit au fond de lui-même, savoir qu’il a donné le meilleur de lui-même et qu’il n’a plus grand-chose à offrir à ce pays ».
Une opinion pas du tout du goût de Grégoire Owona. « Qu’est-ce que Bulu et Bamiléké viennent chercher ici ce soir ? », va-t-il questionner, exaspéré en observant que le contentieux a quitté le terrain politique pour celui du dilatoire. De plus, il « est devenu l’occasion de faire leur numéro (avocats du Mrc, Ndlr) et de se mettre en valeur ». Le président de la sous-commission juridique du Rdpc va également relever dans cette joute verbale, que « le Mrc n’a pas pu trouver des arguments de droit et la réalité du terrain, tout le monde la connaît ». Par ailleurs, Grégoire Owona estime qu’il est inadmissible pour quelqu’un qui a occupé des fonctions dans « le gouvernement de Paul Biya », d’annoncer sa démission dans les journaux.
Ce jour dès 10h, le candidat du Social Democratic Front (SDF) à l’élection présidentielle du 07 octobre dernier, sera face aux « 11 sages » du Conseil constitutionnel dans le cadre d’une audience publique. A titre de rappel, Joshua Osih appelle dans son recours, à l’annulation totale du scrutin cité supra.

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