Vendredi, 19 Janvier 2018
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Conflit foncier 152 allogènes expulsés du quartier Kouoptamo à Bafoussam

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Démolition

La lente décision des autorités a poussé les victimes à saisir la Ligue des droits et libertés. Maison détruite à Kouoptamo.

Par Michel Ferdinand

Le siège de la Ligue des droits et des libertés (Ldl), organisation de défense des droits de l’homme basée à Bafoussam, est presqu’assiégé, le 5 mai 2017, par une vingtaine de personnes, sur les 152 allogènes, devenus sans domicile fixe depuis les incidents de mai-août 2016, au cours desquels les ressortissants bamiléké ont été sommés de quitter le village Koupkare-Koupara à Kouoptamo dans le Noun. L’expulsion, expliquent les victimes, s’est accompagnée de destruction de cultures vivrières et de 500 bornes, et de l’incendie des maisons d’habitation.

Les faits remontent à plusieurs années, lorsque Mohamed Mussabe, chef du village Fochieya à Foumbot et voisin de Koupkare-Koupara, s’engage avec Mohamed Nji Tanji à « rétablir le règne de Nji Tanji », qu’ils pensent avoir été floué. Ce duo conteste le droit de possession de IsmaIla Ndam, successeur de Soulemanou Nji Malouné qui, en son temps, a vendu ces terres. L’affaire est portée devant les tribunaux qui reconnaissent les droits de Ismaïla Ndam.

Mais, Mohamed Mussabe ne veut rien entendre. Il prétexte un appui du sultan bamoun, Ibrahim Mbombo Njoya, pour intimer l’ordre aux victimes de partir. Le sultan, selon nos sources, ne s’y reconnaît pas, lui qui prône la paix et la cohabitation pacifique. Les 152 lots convoités font l’objet de titres de propriété dûment obtenus par les bénéficiaires ou en voie de l’être. Les acquéreurs s’y sont établis depuis 30 ou 50 ans. Les attaques sont tellement répétitives ces dernières années que les victimes saisissent les autorités administratives, parlementaires et judiciaires.

La terreur

Le rapport d’une réunion co-présidée le 4 août 2016 par les sous-préfets de Foumbot et Kouoptamo précise que « depuis 1967 jusqu’à nos jours, la parcelle querellée appartient et est exploitée d’abord par Nji Maloune Soulemanou, et ensuite par Ndam Ismaïla, son héritier coutumier ». La bande à Mussabe sème la terreur sur les populations, menace les autorités judicaires et policières, lors des descentes sur le terrain. C’est le cas d’un policier de la police judiciaire agressé dont l’arme a été emportée avant d’être retrouvée. En février 2017, M. Mussabe et quatre membres d’un comité de vigilance du quartier Kouopkare, sont en détention préventive à la prison de Foumbot.

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