Lundi, 14 Octobre 2019
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concours administratifs au Cameroun: arnaque autour de la légalisation des pièces du dossier de canditure

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Concours administratifs

La légalisation de certaines pièces du dossier des concours administratifs est majorée selon les administrations.

Par Rosine Ntolo

Palais de justice. On se bouscule en cette matinée du 11 juillet 2017. En file indienne, on attend se faire établir un certificat de nationalité. Un document indispensable dans le dossier d’établissement d’une carte nationale d’identité (Cni). A peine sorti du taxi, plusieurs jeunes vous apostrophent. « Signatures, extrait de cassier judiciaire, certificat de nationalité », lancent-ils porte document en main.

Habituellement élaboré à 2000 Fcfa, ce « précieux document» est passé à 2500Fcfa voire 3000Fcfa. Vous « n’avez qu’à nous demander 5000 Fcfa, nous allons toujours payer, nous n’avons pas le choix, on ne peut pas faire sans. Il me faut à tout prix ma carte nationale d’identité », soutient Béatrice Tsanga, surprise et irritée à la fois. Le prix de l’extrait de cassier judiciaire lui aussi connait une nette augmentation. Vendu à 2500Fcfa, il est passé à 3500Ffa et 4000Fcfa lorsqu’on s’entoure des services d’un démarcheur apprend-on.

De nouveaux tarifs, dus au  nombre de candidats qui se bousculent pour constituer des dossiers de concours.

Un mois que les administrations publiques sont prises d’assaut par des postulants. La police, la gendarmerie, l’Iric, l’armée, les infirmiers diplômés d’état,  orchestrent cette chasse aux  signatures.

 

Il faut vite s’y prendre pour éviter les tracasseries de dernières minutes. Un phénomène qui semble s’accompagner de nombreux désagréments. Entre arnaques, dérives et contrefaçons, les néophytes ne savent plus à quel saint se vouer.

Les commissariats de service publique de Yaoundé sont eux aussi noir de monde. Dans ces lieux c’est la même rengaine. Ici « on vous demande les photocopies, 200 Fcfa à gauche, 500 Fcfa à droite. On dirait un circuit d’arnaques bien ficelé. Bientôt nous
allons payer pour qu’ils prennent nos empreintes», ironise un usager. Au commissa-
riat de sécurité publique du 2ème arrondissement à Mokolo, il y’a  une foule impressionnante.

Aux bousculades des candidats se greffent diverses arnaques. Pour faciliter la tâche aux candidats des différents concours et surtout pour s’en mettre plein les poches, des démarcheurs sont postés dans tous les coins de ce commissariat. Pour obtenir au plus vite le document, des usagers font recours à eux. Un service qui n’est pas gratuit. Au lieu des 2800 Fcfa prévus pour l’établissement de la Cni, il faut débourser 5000 Fcfa. L’argent en plus représente les quotes-parts du démarcheur et de l’agent de police qui procède à l’enregistrement des paramètres du « client ».

Certificat de toise

Les usagers impatients souscrivent à cœur joie à ce nouveau forfait. « La carte nationale coûte 2800Fcfa pas plus pas moins. Si quelqu’un vous demande plus c’est à vos risques et périls. De plus, ces personnes qui prennent plus ne font pas partie du corps de la police », soutient un inspecteur principal de la police. A cela s’ajoute le certificat de toise sensé être gratuit qui est vendu aux usagers à un prix forfaitaire de 2000Fcfa. Les centres hospitaliers et les mairies ne sont pas en reste.

La photocopie certifiée de l’acte de naissance qui au jour ordinaire se faisait dans les mairies et sous-préfectures à 1600 Fcfa est désormais obtenu après le paiement de 2000Fcfa. De même, obtenir un certificat médical dans les hôpitaux de Yaoundé, qui se fait rare, requiert un ajout de 500Fcfa sur la somme habituelle soit 1500Fcfa.

Une situation qui ne manque pas de susciter l’indignation. « Je suis déjà à plus de 50.000Fcfa pour’un dossier qui devait me prendre maximum 30.000 avec frais
de taxi. A croire que ces concours sont faits pour se remplir les poches. Il faut monnayer en toute circonstance pour avoir un service vraiment c’est déplorable », fulmine Maurice Tchatat, candidat au concours de la police.

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