Dimanche, 27 Septembre 2020
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Commission de discipline du Rdpc:des mis en cause crient à la cabale    

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Ils dénoncent des rapports biaisés et mensongers transmis contre eux au comité central par les mandataires du parti.

Par Jean De Dieu Bidias

Un leader de l’opposition a décidé de voler au secours de deux militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), traduits devant la commission ad hoc de discipline chargée de connaître des cas d’indiscipline relevés lors des législatives et municipales du 09 février dernier. Leur convocation a fait suite à un rapport de la commission départementale de campagne du parti, qui les accusait d’avoir favorisé l’élection dudit leader au poste de 1er adjoint au maire de leur commune, en adhérant à sa liste opposée à celle du candidat investi par le Rdpc. Or, révèle-t-il, telle avait été la volonté manifestée par la haute hiérarchie du Rdpc à la suite de sa saisine du président national de ce parti. En effet,  « ma liste ayant  obtenu 41% des scrutins à l’élection municipale contre 49% pour le Rdpc, il était normal qu’un poste nous revienne dans l’exécutif communal, d’autant plus que nous étions un parti allié depuis la dernière campagne présidentielle », confie notre source.

Dans un témoignage envoyé à Elvis Ngolle Ngolle, membre de la commission ad hoc de discipline du Rdpc, il assure avoir reçu un appel du ministre directeur du cabinet civil de la Présidence, Samuel Mvondo Ayolo, pour lui communiquer l’assentiment de la haute hiérarchie du Rdpc. Un deuxième coup de fil, celui du secrétaire général adjoint du comité central du Rdpc, Grégoire Owona, reçu le jour même de la session de plein droit, venait confirmer cet arrangement. La vérité ainsi rétablie, il estime que les sanctions qui pèsent contre ces militants du Rdpc dans le cadre de ce deal politique sont « assurément en contradiction avec la une volonté du président du Rdpc pour une cohabitation entre les alliés politiques qui lui ont apporté leur précieux soutien à l’élection présidentielle d’octobre 2018 ». Il exige comme suite logique, que la procédure engagée contre ses colistiers soit purement et simplement classée sans suite. Sans quoi, il se verra dans l’obligation de rendre public ce témoignage.

Cité lui aussi à comparaître devant la commission Musonge, Saint-Eloi Bidoung, conseiller municipal à la commune d’arrondissement de Yaoundé 6e, qui avait non seulement posé sa candidature au poste de maire de cette municipalité, mais aussi à celui de premier magistrat municipal de la ville de Yaoundé contre l’avis de la hiérarchie du parti, dénonce un complot ourdi par des « généraux centraux et des fonctionnaires à qui l’on a donné des postes au comité central »mais qui « n’ont aucun fait d’armes dans le parti ». Or, réagit-il dans les colonnes du journal Le Messager et dans un message relayé par plusieurs sites d’information, « sauf la dictature de certains conservateurs du comité national qui tordent le discours et les orientations du président national avec la très ringarde « discipline du parti », rien ne m’interdisait de me porter candidat […] Comment une démonstration de la démocratie, qui constitue l’essence même de notre parti, peut-elle causer un procès au sein du parti ? C’est de la vraie sorcellerie ».

Exclusion

Un baron du Rdpc qui ne remet pas en question l’importance d’une commission ad hoc de discipline au sein du Rdpc reconnaît lui aussi que dans leur immense majorité, « les militants qui comparaissent devant cette instance sont ceux qui ont essayé de faire vivre la démocratie dans le parti. Il faudra tout faire pour que personne n’écope de la sanction suprême qui est l’exclusion du parti. Sinon, ce serait un mauvais signal pour notre parti qui doit irréversiblement s’inscrire dans la modernité ». Ce ministre en fonction est opposé au système des investitures qui, de son point de vue, a favorisé, particulièrement pour ce qui est de l’élection des maires de ville, le triomphe des impopulaires. Sur l’indiscipline, il dit ne pas avoir compris l’absence sur la liste des personnes convoquées par le comité central, des instigateurs des troubles de Sangmélima ( Sud), avant, pendant et après l’élection du maire. « Les échauffourées qui ont émaillé ce processus et qui ont nécessité la mobilisation de la force publique pour ramener de l’ordre, causées par les meneurs des deux listes Rdpc en compétition, constituaient un fait suffisamment grave pour passer inaperçu », juge-t-il.

Un autre haut cadre du parti évoque le cas Roger Nkodo Dang, député et actuel président du Parlement panafricain. Dans une vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux pendant la campagne électorale, ce dernier insulte copieusement le président de la commission départementale de campagne du Rdpc pour le Nyong et Mfoumou, l’ancien ministre Robert Nkili. En tout cas, s’ils disent attendre les sentences et leur dose de sanctions pour réagir, la plupart des mis en cause trouvent injustes les motifs invoqués pour les traduire devant la commission Musonge.

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