Vendredi, 5 Juin 2020
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Christian Tumi le Grand

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Le général de Gaulle disait un jour que « la vieillesse, c’est le naufrage.» Maintenant que j’ai 50 ans, je commence à voir ce qu’il voulait dire, l’ancien président français. L’autre jour, j’ai vu le cardinal Christan Wiygan Tumi trainant sa silhouette de colosse au journal du soir de la Crtv. Le « tamtam du président » (dixit le Dg Carlos) célébrait les 89 ans du vieux prélat. Ce qui n’était plus arrivé depuis longtemps, l’ancien archevêque de Douala étant voué aux gémonies pour ses prises de position plus redoutées que redoutables contre la Biyatie… Avec le Grand dialogue national, il est redevenu cathodique ! Il a fallu du temps comme à Galilée ou à une certaine bière blonde de chez nous. Encore que !
En réalité, le régime et Tumi se sont toujours tailladé les croupières. A la hache ! Tenez. « Un ancien ministre décédé m’avait dit : nous avons peur de vous et vous avez peur de nous. », confie-t-il à Jeune Afrique mi-juillet 2019. Tenez encore. Un jour de 2018, il reçoit un appel l’invitant à Etoudi. Rendu sur place, il est plutôt reçu par le modeste Directeur du cabinet civil. « Dites-lui(Paul Biya) que je suis son ainé.», jette le Tumi en prenant congé. Pas nouveau ça. Ngu Foncha et Tandem Muna rasaient déjà les murs pour voir Ahidjo. Le « successeur constitutionnel » fait plutôt mieux. Les leaders anglophones leur feraient-ils l’effet de l’éléphant qu’on préfère voir à la télé mais pas dans le salon ?
J’ai donc vu un homme fatigué disant presque son testament aux Camerounais unis et au grand jamais indivisibles devant Dieu ! Cent fois il a voulu organiser sa « All anglophone conference », cent fois le régime la reporta, craignant de voir l’affaire transformée en un « Independance day of Noso ». Pourtant, il a le fédéralisme chevillé au corps, Christian Tumi. « Ceux qui prétendent que je suis ambazo se trompent grossièrement. » affirme le fils de Kikaikelaki à Ja. « Ce n’est pas à mon âge que je vais commencer de nouvelles aventures ! » On ne sait jamais. Il semble qu’Abraham, notre ancêtre, était toujours paré… En revanche, j’ai entendu un chroniqueur citer cet anthropologue américain : « Vous cherchez Dieu ? Surtout ne soulevez jamais une soutane. Trois fois sur quatre vous trouverez un disciple du mal.» Faux ! J’ai soulevé celle du cardinal et j’ai vu Christ. Vous ne croyez pas ? Eh bien, trouvez-le en son prénom « Christ-ian ». Christ est vérité. Loin d’unir, il divise. A propos du cessez-le-feu dans le Noso, Christian Tumi dit: « ce n’est pas à l’armée de baisser les armes !» Il continue d’appeler ses « frères du villages » qui ont pris les armes contre la république, « mes compatriotes ». Il prêche là dans le désert mais ne tape pas la plante du pied au sol et tourne le dos comme l’aurait conseillé un certain Christ. Moïse ne se lassait jamais de se mettre devant les enfants d’Israël incrédules.
«Tumi le Saint ! » J’ai dû livrer un combat homérique contre moi-même pour ne pas titrer cette chronique ainsi. Avec raison. La proclamation de la sainteté étant une affaire située très en dessus des Pyrénées. Ils n’ont jamais de lèvres épaisses ni de nez épaté ni de cheveux crépus, les saints de l’Eglise du Christ. Ils sont toujours blonds jamais bruns si oui, au forceps. S’en fout ! Je décrète urbi et orbi que Christian Tumi est saint !

Le mutant

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