Samedi, 28 Novembre 2020
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Chefferies traditionnelles:la mise en garde des Nyokon

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Des ressortissants de Makénéné se disent contre la désignation de personnes non autochtones  à la tête des villages de leur arrondissement. Par Claude Olivier Banaken

Dans la perspectives des élections régionales du 06 décembre prochain, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, instruisait les autorités administratives, le 17 septembre dernier, de pourvoir les postes vacants dans les chefferies traditionnelles et de procéder à la création d’autres chefferies où il n’en existait pas entre les échelons de 1er et 2e degrés, et de lui faire parvenir incessamment le fichier actualisé des chefs traditionnels. Dans sa correspondance, le Minat recommandait « la prise des dispositions appropriées en vue de pouvoir aux postes vacants conformément à la réglementation en vigueur, aux us et coutumes et aux données historiques des chefferies concernées ». Ces installations en procédure d’urgence a, en divers endroits du territoire national, relancé la polémique sur la question de l’autochtonie au Cameroun. Qui est autochtone, qui ne l’est pas ?

Dans le département du Mbam et Inoubou (région du Centre), la question se pose avec acuité dans l’arrondissement de Makénéné, où certains chefs traditionnels viennent d’être démis de leurs responsabilités pour « détention de faux documents ». Face à cette situation et surtout dans l’optique de corriger les erreurs du passé, certaines voix s’élèvent pour plaider « la désignation des ressortissants de Nyokon comme chefs traditionnels », notamment des villages Makénéné 1 et 2, où il est reproché à des autorités administratives de vouloir « placer des allogènes à la tête de ces chefferies », soupçonne le journaliste à la retraite Martin Ambang, sous sa casquette de premier vice-président du Conseil des sages des Nyokon.

En effet, tout comme les grandes métropoles, l’arrondissement de Makénéné est constitué d’une pléthore de communautés allogènes qui cohabitent depuis des décennies et aujourd’hui se considèrent aussi comme des populations autochtones. « Aucune exclusion n’est prônée, nous appelons simplement à une reconnaissance de nos droits », poursuit l’ancien employé de l’Office de radiodiffusion du Cameroun (Crtv). Le Conseil des sages des Nyokon se base sur le chapitre 2 du décret du 15 juillet 1977 portant organisation des chefferies traditionnelles. Lequel dispose en son article 8 : « les chefs traditionnels sont en principe choisis au sein des familles appelées à exercer coutumièrement le commandement traditionnel », « la chefferie traditionnelle étant territoriale », rappellent ses membres, réunis dans un domicile privés hier à Yaoundé.

Toutefois, dans le souci de conserver la cohésion et le vivre-ensemble dans l’arrondissement de Makénéné, le Conseil des sages des Nyokon propose que des représentants des populations allogènes soient désignés en qualité de « chefs de communautés », en lieu et place de chefs des villages.

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