Lundi, 18 Juin 2018
Accueil quotidien mutations societe Obtention de la carte nationale d’identité : la croix et la bannière des Camerounais

Obtention de la carte nationale d’identité : la croix et la bannière des Camerounais

407
- Publicité -

Le nouveau processus d’élaboration de la carte nationale d’identité est laborieux.

Par Rosine Ntolo

Il est 7h ce 22 mai 2017. La cour du commissariat de Nkolndongo est pleine de monde. En rang serré, chacun veut être reçu pour l’acquisition de la nouvelle Carte nationale d’identité (Cni). D’autant plus qu’à 12h, le service prend fin. La nouvelle procédure, que les autorités en charge de l’élaboration de ce document annonçaient «rapide et simple», est plutôt un véritable chemin de croix. Le dossier à fournir n’est en lui-même pas un problème. Il est composé d’un certificat de nationalité, d’une copie certifiée d’acte de naissance, d’un document attestant de l’occupation du concerné ou le cas échéant l’acte de mariage certifié et d’une somme de 2800 Fcfa et 3000 Fcfa. La difficulté réside dans la lenteur des procédures. Elle est parfois à l’origine de ce que les agents de police affectés à l’identification appellent «motifs arbitraires de rejet». Ce sont entre autres, la non conformité de l’écriture sur certaines pièces du dossier à fournir, la différence de l’encre par endroit, la mauvaise signature, la couleur douteuse du cachet. Ces motifs irritent de plus en plus les candidats à l’obtention de cette pièce d’identification.

Stéphanie B. en a fait les frais. La mine serrée, retranchée dans un coin du commissariat, «c’est la deuxième fois que je viens dans ce commissariat. La semaine passée, j’y ai passé plus de six heures de temps, juste pour déposer mon dossier. Sans aucune justification ils m’ont donné rendez-vous une semaine plus tard, je suis là et j’attends d’être reçu», murmure-t-elle.

corruption

Une fois devant l’entrée du poste dédié à l’identification, la jeune fille croit son calvaire terminé.Que non! Elle vient une fois encore d’être renvoyée vers la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy). C’est pour le «retrait d’un document attestant de l’authentification de son acte de naissance». «Vraiment, je suis fatiguée, ils disent que mon acte est un faux. Que l’encre qui se trouve sur la signature du préfet en bas a été falsifié que je vienne avec la souche», renseigne Stéphanie B. Toute abattue, direction la Cuy. Lieu où devrait se trouver la souche de son acte de naissance, vu qu’elle est née à Yaoundé. Dans cette bâtisse, c’est un autre combat. «madame nous ne pouvons pas vous recevoir aujourd’hui revenez plus tard le temps pour nous de fouiller, il est difficile de trouver un registre aussi vieux parmi tant d’autres», explique un agent de la Cuy. Ce n’est qu’après maintes supplications et une bonne motivation en espèces trébuchantes et sonnantes que le monsieur décide enfin de traiter sa demande.

une longue attente

Stéphanie n’est pas la seule dans cette situation. Si elle a pu après trois semaines recevoir finalement son récépissé, d’autres attendent toujours une réponse «cela fait trois mois que j’ai introduit mon dossier ici pour avoir une carte d’identité, il y a un mois exactement que l’on m’a dit que mon dossier est à la cellule qui traite des contentieux. Selon eux, j’ai une double identité. Donc j’attends», avoue Guy Ondoua, dépité. Mirabelle Nyemb dit faire «la coure» depuis deux mois déjà. Elle ne sait toujours pas où en est son dossier. «Je suis venue déposer mon dossier au centre national de production. Sans me dire pourquoi on m’a molesté et puis mise en cellule. J’y ai passé trois jours pour soit disant usage de faux documents», narre Mirabelle. «Ce n’était plus un faux certificat de nationalité, on m’a dit que j’étais en usurpation de titre. Pourtant c’est la première fois que je fais une carte d’identité. Comment expliquer cela? Bref, j’attend toujours», ajoute-t-elle, dépitée.

vigilance redoublée

Du côté de la police, ils ne comptent pas baisser la garde malgré les désagréments causés aux usagers. Car disent-ils, il s’agit d’un mal nécessaire. «Vous ne savez pas combien ces faussaires sont rusés. Il nous faut donc être vigilants si nous voulons établir un bon fichier des populations», explique un policier. De source policière, près de 70% des cas où les Cni ne sont pas établies, sont dus à des problèmes de double identification. Un problème qui ne sera pas résolu d’aussitôt. Car selon cette même source, «les membres qui composent la cellule du contentieux, sensée gérer les dossiers relevant de la double identité ne sont toujours pas nommés».

Newsletter: Restez au courant de l'actualité


- Publicité -

AGENDA

Festival des musiques et danses patriomoniales

première édition de Business Coffee Break

Tous nos évènements
Mutations SHOP