Mardi, 25 Juin 2019
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Can 2019: à 17 mois du début de la compétition, la construction et la réhabilition des stades accusent du retard au Cameroun

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Can 2019

A 17 mois de la compétition, le visage qu’affichent les différents sites devant abriter cet évènement contraste avec l’ambition des pouvoirs publics. Celle de livrer à temps les infrastructures de la Can 2019. Ce qui a été réaffirmée le 18 juillet par le ministre des Sports et de l’Education physique au cours d’un point de presse. Il a indiqué  l’ambition du gouvernement à respecter le cahier de charges de la Caf. Or, 24h avant cette sortie, les responsables de l’entreprise Piccini, adjudicataire du marché de construction du stade d’Olembé, se justifiait déja sur la lenteur des travaux. Le Quotidien Mutations a visité certains stades de football devant abriter la Can 2019. 

Un tour des stades coordonné par Dimitri Mebenga


Stade d’Olembé: encore en phase de terrassement

Sur le site de l’une des infrastructures de la Can 2019, les ouvriers de l’entreprise Piccini s’affairent. Mais aucune infrastructure ne sort des terres.
Par Dimitri Mebenga

Quartier Olembé à Yaoundé, l’atmosphère alterne entre ciel nuageux et éclaircis ce 18 juillet 2017. Il abrite le site de construction du stade  devant accueillir à en croire les autorité, l’ouverture de la Can 2019. C’est un gigantesque chantier qui s’étend sur plusieurs hectares. On peut lire sur une plaque : « Bienvenue au complexe sportif d’Olembé ».

Entre la cité d’Olembé et le site des travaux, il faut parcourir à peu près une distance de 300 mètres de piste non bitumée. Sur ce tronçon, le visiteur  dlit affronter l’épais nuages de poussière provoqués par les va et vient des engins lourds. Ils transportent la terre extraite de l’excavation du chantier.

Un aspect du chantier de construction du stade d’Olembé

A l’entrée du site des travaux, un agent de sécurité passe au peigne fin les visiteurs. Il vérifie les pièces d’identité et s’acquière de l’objet de la visite. Par la suite il vous autorise à y entrer.  Une fois à l’interieur, une vaste étendue de terre rouge vous accueille. Après  200 mètres de marche un précipice en forme de cuvette d’un rayon d’environ 50 mètres se pointe à l’horizon. « C’est à ce niveau sera implantée l’aire de jeu, du complexe », confie une source sous le sceau de l’anonymat.

La maquette du stade d’Olembé

Au loin une femme traverse le chantier. Elle ne donne pas l’impression d’être gênée par le vrombissement de la pelle chargeuse. Les ouvriers présents sur le chantier  arborent des gilets de couleur jaune et d’autres oranges ou des combinaisons vert-citron avec des casques de protection. Ils sont à la manœuvre. D’aucuns conduisent les engins et d’autres font le nivellement du sol à l’aide de pelles.
Malgré ce dispositif  les fondations du stade d’Olembé ne sortent pas du sol.  « Nous sommes en phase de terrassement. Après cette étape  nous allons procéder aux fouilles », confie un manœuvre sous anonymat. Il est resté peu disert sur les délais. Encore moins sur le début des fouilles et l’arrivée en provenance d’Italie des matériaux préfabriqués. Notre source seulement de donner les heures d’arriver au travail  et de departir. D’après nos informations les recrutements de manœuvres sont en vue, afin d’intensifier le travail.

Toutefois, le directeur du projet du complexe sportif d’Olembé, Marco Debandt, a affirmé que le chantier n’accuse pas de retard. Il a donné une conférence de presse le mardi 18 juillet au cours de laquelle il a révélé que  le stade sera construit en matériaux préfabriqués. Aussi, le chantier sera livré  en septembre 2018, avant la dernière visite d’inspection de la Confédération africaine de football. Même si toutefois « le complexe hôtelier, le centre commercial et la piscine olympique s’achèveront après cette descente de la Caf », a-t-il conclu.


Douala: le stade de la Réunification bientôt rénové

La réfection qui concerne également d’autres stades du pays coûtera 60 milliards.
Par Jacques Eric Andjick
Le stade de la Réunification de Douala n’abritera pas les matches de la Coupe d’Afrique des nations 2019. Ce sont le Limbé Omnisport Stadium, le stade omnisports de Bafoussam, le futur stade Paul Biya à Yaoundé et le stade de Japoma à Douala qui abriteront la Can. Toutefois, la cuvette de Bepanda servira de site d’entraînements à celles des sélections africaines basées dans la capitale économique pendant la compétition.

C’est pourquoi South Atlantic Service Group, représentant local des entreprises canadiennes, a visité le 11 juillet dernier, le stade de la Réunification afin de mesurer l’ampleur des travaux. C’est cette entreprise qui est en charge de la rénovation de plusieurs stades, dont celui de la Réunification.

La principale entrée du stade de la Réunification

A la fin de cette visite guidée, le directeur général de l’entreprise susmentionnée, Benjamin Yakana, a annoncé : « Les travaux de rénovation du stade de la Réunification vont débuter dans les prochaines semaines». Idem pour le stade Mbappe Leppe, le stade annexe omnisport, le stade de Bonamoussadi, tous situés dans la capitale économique.

Deux stades de la région de l’Ouest (le Mtn Arena de Mbouda et stade de Bandjoun) seront également rénovés. La rénovation de ces six enceintes sportives coûtera 60 milliards de Fcfa. Un financement à 100% supporté par le Canada, selon Benjamin Yakana.

Construit pour abriter la 8è Coupe d’Afrique des nations en 1972, le stade de la Réunification est en ruine. Le sous-sol est un refuge d’enfants de la rue. Ceux-ci perpétuent des forfaits à l’endroit des sportifs et surtout des équipes qui y séjournent. Yong Sport Academy de Bamenda a d’ailleurs été victime d’un cambriolage de son vestiaire alors qu’il disputait un match. C’est la énième rénovation que connaîtra la cuvette de Bepanda.

La dernière en date était en 2008, pour la pose du gazon synthétique dit de 3è génération. Mais en dehors de l’aire de jeu, tout est en ruine : pas de tableau électronique, des chaises arrachées, la toiture en forme de passoire… La cuvette de Bepanda est rouillée. La rénovation prochaine est une aubaine.


Douala: Peur sur la construction du complexe sportif de Japoma

Les multiples arrêts de travail enregistrés sur ce site freinent l’évolution des travaux qui sont à la phase de fondation.
Par Blaise Djouokep et Renaud Inang (Cp)
Les employés du chantier de construction du complexe sportif de Japoma n’ont pas repris le travail vendredi dernier, 14 juillet 2017. Sur le site de construction de ce stade qui va accueillir les matchs de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) 2019, les ouvriers vont et viennent. Les travaux sont à l’arrêt. Réunis par petits groupes, ils discutent, la mine serrée.

Certains sont assis devant la direction de la construction dudit stade. Le mouvement de grève lancé la veille (jeudi, 13 juillet 2017) se poursuit, malgré l’annonce du paiement des 44 jours de salaire que revendiquent les grévistes. « Nous ne reprendrons les travaux qu’après le paiement de nos arriérés de salaire », lance un des travailleurs.

« Nous revendiquons le salaire. Le mois dernier, c’était la même chose. Les salaires sont bas. Nous avons accepté de travailler avec ce salaire et ils doivent nous payer », note Robert, un ouvrier. Recrutés en qualité de manœuvres, ces derniers soutiennent que ce débrayage n’est pas le premier du genre. Ils disent revendiquer en plus du paiement de leur salaire, de meilleures conditions de travail. En effet, les ouvriers camerounais ne jouissent pas des mêmes avantages que les expatriés. Tenez par exemple : « A l’infirmerie, on choisit les maladies à prendre en charge lorsqu’il s’agit de nous. Mais les Turcs sont entièrement aux petits soins », révèle Clébert, ferrailleur.

Des arrêts de travail et revendications qui ne sont pas sans conséquences sur l’avancement de ces travaux qui, avouent les ouvriers, accusent déjà un sérieux retard. A en croire quelques ouvriers, les travaux de la fondation ne sont pas achevés. « Le terrassement n’est pas totalement achevé. Mais, on peut dire que nous sommes au niveau de la fondation», affirme Jean Adamou, ferrailleur. Une situation qui amène certains de ses collègues à être dubitatifs sur la livraison du chantier dans les délais. « A mon avis, le stade de Japoma ne sera pas prêt pour la Can, vu la lenteur des travaux », pense Ebeny, coffreur. Surtout que la réception du chantier doit se faire trois mois avant le début de la compétition.

Lotissement
Paulin Joseph Nguimfack, ingénieur en génie civil, ne cache pas lui aussi ses doutes quant à l’achèvement et la livraison du stade dans les délais exigés par la Confédération africaine de football (Caf). A en croire ce dernier, deux conditions doivent être remplies pour achever ces travaux à temps. « Il faut d’abord scinder le projet par lots ; répartir ces lots entre plusieurs entreprises et leur donner des délais de livraison. On peut également multiplier les équipes de travail ; travailler de jour comme de nuit tous les jours et faire la sous-traitance. Parce que, même en utilisant les préfabriqués, si on continue de travailler au rythme actuel, on ne finira pas à temps », explique l’ingénieur en génie civil.

L’ingénieur note également que le gros œuvre et les finitions sont les parties qui prennent le plus de temps et que rien que le gros œuvre peut prendre plus d’un an. Or, cela n’a pas encore commencé. « Mais, l’idéal aurait été qu’on commence la construction des travaux des stades avant de postuler pour l’organisation de cette compétition africaine », explique l’ingénieur. Les travaux de construction du complexe sportif de Japoma ont été confiés à l’entreprise turque Yenigun Construction Industry, pour un délai d’exécution de 30 mois.


Bafoussam: de nombreux chantiers piétinent

Un regard interrogateur est braqué sur ces infrastructures sportives dont la lenteur des travaux préoccupe.

Par Robert Nkaké
Les populations de la région de l’Ouest semblent avoir perdu toute confiance quant à l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2019, dont la ville de Bafoussam devrait abriter l’une des poules de la compétition. C’est ainsi que toute réalité sur le terrain suscite des inquiétudes à ce sujet. Une descente effectuée le 17 juillet 2017 dans cette cuvette située à Kouékong, à une quinzaine de kilomètres de la ville, montre que des manquements sont remarquables à divers endroits. L’aménagement extérieur du site et son embellissement, la confection et le tracé des parkings, la finition de la clôture et autres travaux de réfection brillent par leur lenteur.

Il en est de même de certains pans de murs dégradés sous l’effet des intempéries. Pas de signe perceptible des quatre voies d’accès au stade, ni de contournement. Aux alentours du stade, des travaux de construction d’un hôpital de référence piétinent. Les stades municipaux annexes et d’entrainement, parmi lesquels ceux de Toket, Bandjoun, Mbouda et Bafoussam, ont bénéficié de l’expertise d’une entreprise canadienne.

Une étude d’impact environnemental a été récemment effectuée par une commission du ministère des Sports et des Travaux publics, en vue d’évaluer le niveau d’évolution des routes. L’on déplore l’absence d’hôtels de cinq étoiles prévus par la norme. Les seuls édifices en chantier devant abriter certaines délégations de la Can 2019 sont l’œuvre d’opérateurs économiques de la place.

Surtout que l’entreprise dénommée ‘‘China Machinery’’, qui avait effectué l’essentiel des réalisations de l’ouvrage, s’est vu confier certains travaux à exécuter par la partie camerounaise. Notamment au niveau de l’exploitation de la main-d’œuvre chinoise. Pour l’instant, le stade omnisports à Bafoussam en lui-même est presque prêt pour accueillir cette compétition de grande envergure.

Il ne reste que quelques travaux d’aménagement prévus pour qu’à la fin, l’on obtienne un ouvrage digne de ce nom. Toute chose qui pourrait calmer la hargne des élites de la Mifi, placées sous la diligence du Groupe de réflexion et d’initiatives pour le développement du département de la Mifi (Gridmi), qui reconnait d’ailleurs avec M. Noumbissi Foapa, que  »rien ne bouge ». Ce dernier ayant commis en avril 2017 une lettre au Minatd pour exprimer sa consternation face à une telle situation.


Garoua: les travaux n’ont toujours pas démarré

Près de six mois après le début envisagé de la réhabilitation, rien n’avait encore été fait l0 mai 2017 .
Par Jacques Kaldaoussa
Garoua fait partie des cinq villes du Cameroun retenues pour abriter les matches de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) masculine de 2019. Son stade omnisports de Roumdé Adjia devrait donc subir d’importants travaux de réfection. A moins de deux ans de l’événement, on n’observe aucun frémissement dans le début quelconque des travaux.
Ce mercredi 10 mai 2017, de loin, le stade omnisports de Garoua semble avoir pris un coup de vieux par rapport au visage présenté il y a dix ans. Même la tribune présidentielle censée se démarquer des autres témoigne de la vétusté croissante de l’infrastructure. A l’entrée de l’édifice, le reporter croise deux vigiles, visiblement surpris par cette visite impromptue et presque inhabituelle, selon leurs dires. Un tour complet du stade permet de voir plus clair.

De l’extérieur, tout autour, pas besoin d’être architecte pour constater que la cuvette de Roumdé Adjia demande en urgence des travaux de réfection. L’érosion et l’épanchement des eaux menacent sa fondation et ses voies d’accès extérieures. Au loin, au niveau de ce qui tient lieu de stade annexe, quelques individus s’adonnent à la pratique du sport sur ce terrain nu comme un crane. De l’intérieur, seul le gazon synthétique présente un bon aspect. Les autres tribunes, rien.

«On n’a aucune déclaration à vous faire. Tout est concentré au niveau des services du gouverneur. Mais vous pouvez déjà constater que rien n’a commencé», indique Idrissou Bouba, le directeur du stade. Tout autour du stade, les habitations et constructions qui étaient censées être rasées depuis plus d’un an sont encore intactes. Les riveraines semblent ne point s’en émouvoir.

Souloukna Gabdo, un vieil habitant de Roumdé Adjia, concerné par le déguerpissement, confie : «Une commission est venue ici il y a plus d’un an recenser les maisons à déguerpir et évaluer les montants des indemnisations. Mais depuis lors, l’on n’a vu l’ombre de personne. Et c’est tant mieux pour nous, parce qu’on ne nous a pas casés quelque part». Le stade et son voisinage restent donc en l’état.
Au ministère des Sports et de l’Education physique, on est serein. «Il y a des missions qui ont été envoyées là-bas. Pour engager les travaux, il faut d’abord faire des études. Tout cela est comptabilisé dans le temps prévu pour la durée du projet. Pour faire un parallèle, vous avez Olembé qui a bénéficié de la même étude.

Si c’est pour les marchés, ils ont déjà été passés aux entreprises. Le stade Roumde Adja de Garoua est géré par l’entreprise portugaise Mota Engil. La maîtrise est assurée par l’entreprise camerounaise Amac Consultant. Maintenant, il me semble que c’est le volet technico-administratif en termes de contraction du marché qui freine», révèle une source digne de foi.

 

 

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