Dimanche, 5 Juillet 2020
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Cameroun:vivre avec le présent

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A deux semaines de la fin d’année 2019, on ne peut s’empêcher de commencer à tirer les premières leçons des (bientôt) 360 derniers jours au Cameroun.

Par Georges Alain Boyomo

L’année qui va bientôt tirer sa révérence a pris, politiquement s’entend, son envol, toutes voiles dehors, le 4 janvier, avec le remaniement du gouvernement. Outre la nomination de Joseph Dion Ngute, à la surprise générale, au poste de Premier ministre, avec pour mission principale la résolution de la crise dans les régions du Nord-Ouest et le Sud-Ouest, et l’entrée de quelques nouveaux visages au sein du gouvernement, les promotions et les permutations auxquelles le chef de l’Etat a procédées ont laissé bien d’observateurs perplexes. Lesquels estimaient que les urgences qui interpellent le Cameroun commandaient non pas une brise vespérale, mais plutôt un tsunami.

A l’époque, nous osions déjà ce questionnement. L’équipe Dion Ngute peut-elle nous servir la gamme qui éclipsera cette mélancolie ambiante ? La classe politique et la société civile peuvent-elles être plus structurées, éclairées et offensives pour réenchanter le peuple ? Chaque citoyen peut-il jouer sa partition dans l’hymne au changement  attendu?

Ces questions restent d’actualité. Comme nous le constatons tous, la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest continue de sévir. En dépit du Grand dialogue national (Gdn), ces unités administratives vibrent toujours au rythme de la terreur de bandes armées qui volent, violent et tuent. En plus de l’option militaire, le pouvoir a enfin donné un début de contenu au statut spécial accordé au Nord-Ouest et au Sud-Ouest. Le signal est fort mais il ne rassure guère quant à la volonté du gouvernement d’être plus diligent dans la mise sur les rails du train de réformes attendu.

S’agissant des élections, notre espoir de voir la carte politique épouser le rapport de forces sur le terrain s’est évanoui. La principale force montante de l’opposition, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) ayant décidé, contre toute attente, de se retirer du jeu institutionnel, théoriquement jusqu’à la présidentielle de 2025, les cartes sont fondamentalement rebattues. Le retrait du Mrc ouvre la voie à une razzia du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) et à l’émergence non plus seulement de nouvelles figures, mais aussi de nouveaux appareils politiques. On avisera au soir du 9 février 2020.

Il n’échappe cependant à personne que l’enjeu de l’alternance au sommet de l’Etat continuera de structurer et déterminer les positions des différents entrepreneurs politiques, des acteurs de la société civile, mais également des partenaires au développement. Les uns et les autres étant persuadés, pour une raison ou une autre, que l’actuel locataire du palais d’Etoudi ira difficilement au bout de son mandat en cours depuis le 6 novembre 2018.

Le peuple souverain n’est pas indifférent aux jeux d’ombres dans ce paysage finalement insondable, impénétrable. Tout peut basculer à tout moment. Tout peut être à refaire à tout moment. Il ne reste pas moins qu’il faille vivre avec le présent et ne pas se perdre dans des prophéties qui, à la lumière des expériences précédentes de l’histoire politique du Cameroun, peuvent s’avérer comme des lubies de diseurs de bonnes aventures. Au peuple donc de ne pas se laisser voler sa souveraineté

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