Dimanche, 8 December 2019
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Cameroun:L’essentiel et l’accessoire

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Le ping-pong entre le pouvoir et le président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) est reparti de plus belle. Dans une interview accordée mercredi à Radio France International (Rfi), Maurice Kamto, affirmait, au sujet de la présidentielle 2018,  qu’il avait « tendu la main pour que l’on solde le passif de cette élection. Personne n’a jamais saisi cette main ». D’où, ajoute-t-il, la résistance nationale qui va se poursuivre « dans les formes et les modalités » à indiquer en temps opportun.

Par la voix du secrétaire national à la communication du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), Jacques Fame Ndongo, l’establishment a réagi, dans un premier temps, sur Rfi. S’agissant de la relance projetée du plan national de résistance, Fame Ndongo n’y voit aucun problème, « si cela se fait dans la paix, dans la non-violence, dans le respect des lois et règlements de la République ».

Réagissant sur l’antenne radio de la Cameroon Radio Television (Crtv), le ministre de la Communication s’est voulu, quant à lui, plus cinglant : « …je me dois de relever l’outrecuidance de certains propos du leader du Mrc, qui dit avoir tendu la main à celui qui préside les destinées de ce pays, pour solder un soi-disant passif électoral. A ce que je sache, il n’y a qu’un fauteuil présidentiel, il a été pourvu, bien pourvu (…). C’est donc le président Paul Biya le seul et vrai élu de la nation ».

On a donc pris quasiment les mêmes acteurs pour réécrire un scénario qui s’est joué jusqu’à l’inconfort au lendemain de la présidentielle du 7 octobre 2018. 12 mois plus tard, en dépit de l’eau qui a coulé sous les ponts, les couverts sont remis. D’où cette question : président élu, président non élu, que gagne le citoyen ordinaire dans ce qui s’apparente désormais à une algarade ? Autant ces passes d’armes animent la scène politique et donnent du grain à moudre à la presse, toujours aussi avide des trois S (sang, sexe et scandale), autant il nous semble qu’en un an, elles n’ont en rien transformé le difficile quotidien des Camerounais. Pis, plus cette dispute s’enlise, plus les Camerounais se dressent les uns contre les autres sur la base de viles considérations, la confusion s’installe dans le débat public et les mœurs républicaines s’étiolent.

Dire qu’il est temps de revenir à l’essentiel, ce n’est pas prendre parti pour un camp au détriment de l’autre. Le dire c’est simplement se constituer en relais amplificateur de la majorité silencieuse, qui souhaite que ses préoccupations soient davantage au cœur du discours des politiques. Dans cette veine, il nous semble important de fédérer nos intelligences et énergies afin que la paix ait à nouveau droit de cité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Cela n’exonère naturellement pas la classe politique et la société civile d’exercer la veille citoyenne sur d’autres fronts de la vie sociopolitique et économique.

Du reste, le grand dialogue national (Gdn) a accouché d’un certain nombre de recommandations qui doivent être mises en œuvre. Tous les contre-pouvoirs, pensons-nous, doivent être regardants et exigeants sur ce dossier. Réclamer à ce stade l’organisation d’un autre dialogue inclusif, c’est avaliser une superposition d’agendas absolument contreproductive.

Le débat doit certes se poursuivre avec tous les acteurs épris de paix et de concorde nationale, mais il ne faut pas aller plus vite que la musique… La session parlementaire de novembre se profile à l’horizon. Le pouvoir tient là une occasion pour donner des gages de bonne foi à tous ceux qui ne cachent pas leur scepticisme sur l’implémentation, sans entourloupe, des recommandations du Gdn, dans l’intérêt supérieur de la nation.

Georges Alain Boyomo

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