Samedi, 20 Octobre 2018
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Cameroun : qu’est ce qui ne va pas ?

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crise anglophone

Ce n’est sûrement pas le genre de question qu’un lecteur aimerait croiser en titre d’un
éditorial un lundi matin, tant celle-ci peut paraître empreinte de sinistrose et de catastrophisme, mais il est des moments où le ciel semble vous tomber sur la tête. Depuis quatre semaines, voire plus, notre pays est en proie à une série noire
dont la facture humaine s’alourdit désespérément.

En l’espace des dernières 72h, un accident spectaculaire enregistré à l’entrée de la ville de Bafoussam a laissé sur le carreau au moins sept personnes et fait une quarantaine de blessés. Dans la localité d’Echock, près de Santchou (région de l’Ouest), les populations ont vécu un déluge qui a rasé des habitations et ravagé des plantations.

Le petit village paisible s’est transformé en vallée de larmes. Toujours la semaine dernière, l’on a noté la mort d’un motard faisant partie de l’escorte funèbre du
défunt évêque de Bafia, Mgr Jean Marie Benoît Bala (dont les causes officielles de la mort demeurent, à ce jour, inconnues), en route pour sa dernière demeure. Dans la région de l’Adamaoua, un car de transport en commun a foncé à tombeau ouvert
dans le fleuve Lom, dont les eaux sont sorties du lit.

La plupart des occupants de la « Saviem » n’ont eu la vie sauve que grâce à des riverains, qui ont vécu le film d’horreur en direct. En actionnant davantage la machine à remonter le temps, l’on citera dans cette série noire nationale, le naufrage du « Mudemba », du nom d’un navire du Bataillon d’intervention rapide (Bir) au large
du Cap Debuncha, dans la région du Sud-Ouest.

Sur les 37 soldats qui étaient à bord de ce navire, en partance pour la presqu’île de Bakassi, trois seulement ont pu être sauvés. On signalera également dans la chronique funèbre, la recrudescence des attentats-suicide dans la région de l’Extrême-Nord. Pour le seul mois de juillet, une vingtaine de personnes ont perdu la vie suite aux agissements des adeptes de la secte terroriste Boko Haram. C’est également dans l’Extrême-Nord, précisément à Kousseri, que Jude Woumessi, élève gendarme en service à l’escadron 33, a abattu quatre personnes, dont son supérieur hié-
rarchique, le capitaine Ondoua.

Affolante, l’arithmétique mortuaire au Cameroun interpelle donc. Des chrétiens en sont à convoquer des passages bibliques pour exorciser le spectre d’une éventuelle apocalypse qui planerait sur notre pays : « Instruisez-vous par une comparaison qui vient du figuier. Dès que ses branches deviennent tendres et que les feuilles poussent, vous connaissez que l’été est proche. De même quand vous verrez toutes ces choses, sachez que le fils de l’homme est proche, à la porte ». (Mathieu 24, verset 32).

Sans dessiner le diable sur le mur ou être suspect d’énumération sélective et simpliste de faits, l’enchaînement de malheurs au Cameroun constitue au moins une invite à une réconciliation des Camerounais envers eux-mêmes, envers autrui, mais,
surtout, envers Dieu. Il est sans doute temps de sortir de la théorie du bouc émissaire, qui consiste à désigner une victime expiatoire. Dans son livre « Le bouc émissaire », le philosophe français René Girard relève « la paix éphémère » qu’éprouve la communauté qui désigne la personne qui serait coupable de tous ses ennuis. A la vérité, au Cameroun, cette « paix éphémère » masque mal une dé-
mission quasi collective.

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