Jeudi, 19 Avril 2018
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Cameroun : Crise anglophone ou fardeau colonial

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Les deux côtés du Moungo : La crise anglophone actuelle concerne tous les Camerounais pour une simple raison – quand un membre du corps est malade ou mal-à-l’aise c’est tout le corps qui en est affecté. Mais à vrai dire ce n’est pas une crise entre les deux communités linguistiques du Cameroun. De nombreux Camerounais originaires de deux côtés du Moungo sont Anglophones ou Francophones. Voici quelques illustres exemples : Le Professeur Gottlieb Lobe Monekosso, ancien Ministre de la Santé et Directeur Régional de l’OMS pour l’Afrique, est Anglophone mais originaire du Littoral francophone. Le Premier Président de la Cour Suprême, Daniel Mekobe Sone, est originaire de la commune  francophone de Manjo mais appartient au groupe ethnique Bakossi qui prédomine dans le Département anglophone de Koupe Mouanenguba dans la région du Sud Ouest. Son Excellence Paul Bamela Engo de regrettée mémoire, ancien Ambassadeur du Cameroun au siège des Nations Unies à New York de 1991 à 1996, était Bulu mais Anglophone de haut vol. De même, le Professeur Joseph Kayem, ancien Recteur de l’Université de Ngaoundéré, est Anglophone mais originaire de Baham dans la région francophone de l’Ouest. Les Départements de Fako (anglophone) dans le Sud Ouest et du Wouri (francophone) dans le Littoral sont peuplés par un même groupe ethnique que la frontière coloniale a arbitrairement scindé en deux. L’on peut multiplier ces exemples à l’infini pour souligner le caractère artificiel de notre héritage colonial (dont notamment les frontières linguistiques) qui ne devrait pas peser plus que les liens consanguins qui unissent les Camerounais entre eux, le naturel devant toujours prévaloir sur l’artificiel car « blood is thicker than water ».

Héritage colonial non réformé : Le problème anglophone n’est donc pas un conflit ethnique ou confessionnel entre Camerounais à l’instar des conflits que connaissent d’autres pays africains comme la République Centrafricaine, la Somalie, ou le Sud Sudan. Il s’agit plutôt d’une crise qui n’a pas jailli du sol camerounais, et qui n’est donc pas camerounaise à proprement parler,  car elle vient de l’extérieur, d’une histore coloniale à nous imposée. Cette crise est née de la collision de deux cultures politiques opposées que plus de cinquante ans de construction nationale n’ont pas pu transformer et fondre dans une stratégie de développement politique et culturel pour forger un projet nationaliste camerounais.

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