Mardi, 14 Août 2018
Accueil quotidien mutations environnement Cahier de charges :première cause de déchirement

Cahier de charges :première cause de déchirement

151
- Publicité -

Dialogue de sourds entre communautés villageoises entrepreneur à cause de l’absence des documents écrits.

Par Adrienne Engono Moussang

Même si l’on observe un calme apparent, il faut dire que les six derniers mois ont été agités autour de la forêt des huit villages de l’arrondissement de Messamena, dans le département du Haut-Nyong, région de l’Est, concernés par l’exploitation de l’unité forestière d’aménagement (Ufa 10-048); ainsi que dans le village Ngo’o, dans l’arrondissement de Minta, autour de la vente de coupe (Vc 0801236). Les deux concessions forestières sont exploitées par deux entités différentes, Société forestière du Haut-Nyong (Sofonhy), pour L’Ufa 10-048 et Express Affaire pour la Vc 0801236 attribuée en 2015. Mais les problèmes posés par les riverains sont presque les mêmes et se résument en «le non-respect des engagements vis-à-vis des commu-
nautés villageoises».

« Nous avons les 100 chaises en plastique, l’adduction d’eau et la construction d’un espace commercial qui sont toujours attendues. La société nous a remis des houes, des meules, des machettes et des tôles qui ne sont pas de bonne qualité », reprend
André Atangana, le chef de village de Ngo’o. Sur le terrain, l’on aperçoit la violation des limites de la Vc sur près de deux kilomètres (côté opposé à la concession). Difficile de transporter les produits des champs par moto ; des jeunes arbres ne pouvant plus résister au vent après que les plus robustes ont été coupés tombent et obstruent la piste. Les ponts et les autres moyens de communication sont absents.

Mais au-delà de ces aspects techniques parfois difficiles à prouver par le premier venu, Messamena, les villages Dimpam, Mejoh, Nemeyong II, Kompia, Malène II, III et V, Bifolone, etc. continuent d’attendre l’exploitant de leur forêt. Les chefs de ces
villages ont adressé des lettres au Réseau des chefs traditionnels d’Afrique (Rectrad) sollicitant son intervention face aux promesses non-tenues par Sofohny. Ici, l’exploitant avait, entre autres, promis de construire une salle de classe à Dimpam.
«Mais nous n’avons rien vu», clame Destin Mati, riverain de l’Ufa.

Joint au téléphone, le directeur de Sofohny a réagi en disant qu’il ne s’est pas dérobé des promesses faites aux populations riveraines de l’Ufa 10-048. « Je suis sinistré. Un incendie a consumé mon unité de transformation basée à Yaoundé. Je suis étonné que malgré tout cela, les communautés riveraines m’accusent. Ce sont des promesses que j’ai délibérément faites, sans aucune contrainte », va-t-il reconnaitre, en souhaitant garder l’anonymat. Sur la présence des Chinois dans son entreprise, le responsable de Sofohny va s’insurger par une série de questions: « Pourquoi ceci fait-il problème ? Sofohny est enregistrée dans le fichier des entreprises camerounaises, pour quelle raison s’attarder sur la provenance des fonds ? Nous utilisons le franc cfa au Cameroun. Cette monnaie est-elle battue sur place ? ».

L’entrepreneur insiste plus sur le cahier de charges officiellement signé avec l’administration qu’il respecte scrupuleusement depuis cinq ans. En réalité, à Messamena comme à Minta, les riverains reconnaissent n’avoir aucun engagement obligeant les exploitants forestiers à réaliser quoi que ce soit en contrepartie du bois coupé. « Nous ne le savions pas ! », confessent l’un après l’autre,
les chefs des différents villages parcourus dans les deux forêts. La situation est similaire dans la majorité des exploitations forestières du pays.

Newsletter: Restez au courant de l'actualité


- Publicité -

AGENDA

Festival des musiques et danses patriomoniales

première édition de Business Coffee Break

Tous nos évènements
Mutations SHOP