Mercredi, 2 December 2020
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Brigitte Lekane Mvomo: « La confiance est l’unique garantie »

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Leader du collectif des docteurs/PhD recalés, elle présente le compromis trouvé qui a été à l’origine de la levée du mot d’ordre de grève et fait par ailleurs le bilan du sit-in qui a duré 28 jours.
Par Junior Ayissi
Vous avez passé 28 jours à la belle étoile sur la cour du Ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup) pour exiger la réparation des injustices commises suite à la publication de la liste de la première phase du recrutement spécial de 200 docteurs/phd dans les universités d’Etat. Quel bilan faites-vous du sit-in ?
Par ces trois semaines passées au perron du ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup), mes collègues et moi venons de réaliser le sit-in le plus long de l’histoire du Cameroun de ces dernières années. Pourtant, rendu à ce jour, il serait prématuré pour nous de parler d’un bilan. Néanmoins, on peut se permettre de faire un point sur les événements en deux axes:
Le premier axe peut être envisagé autour de la capacité de résilience du groupe des docteurs/PhD recalés en sit-in au Minesup. Pour tenir et braver un certain nombre d’obstacles. Notamment, notre capacité à nous organiser pour faire face au froid, aux moustiques et les risques de la nuit, faire face aux rayons du soleil et aux regards des autres en journée.

Le second axe quant à lui peut être fait sur la portée de nos revendications. Il s’agissait de mener un combat pacifique contre l’injustice en milieu universitaire dans le respect des institutions républicaines. S’il est clair que ces résultats ont été la goutte d’eau ayant débordée le vase, nous avons mis en avant un certain nombre d’irrégularités et de fraudes qui ont d’ailleurs fait l’objet d’un plaidoyer pour justifier la nécessité d’une liste additive. Cela s’est avéré être une cause noble qui a réussi à mettre tous les acteurs d’accord y compris le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur comme on a pu l’écouter dans ses différentes prises de paroles dans les médias. Notre ministre de tutelle en bon père de famille, a fini par reconnaître cet état de chose en portant nos doléances légitimes auprès de la plus haute instance de notre pays.

Vous avez levé le mot d’ordre de grève le 09 janvier dernier à la suite d’un compromis trouvé entre le Minesup et vous. Peut-on savoir de quel compromis il s’agit ?
Le compromis qui sous-tend la levée du mot d’ordre de grève est simple. Il s’agit de l’opportunité de voir nos tords réparés dans le respect des procédures usuelles de recrutement. Vous savez, un grand homme, je dirais même un grand État n’est pas un État sans erreurs. Mais il est un grand État parce qu’il prend acte des erreurs et envisage des portes de sortie dans ce sens. Le compromis loin d’être un signe de faiblesse, devient une marque de grandeur de l’État. On peut ne pas être d’accord sur ce point mais, en ce qui nous concerne, nous les docteurs/Phd recalés et le Minesup, nous avons su trouver, en collaboration avec les recteurs des universités d’Etat, la formule adéquate pour mettre fin à cet état de chose.

À la fin de cette première phase de recrutement spécial, en plus de nombreuses irrégularités que vous dénonciez, vous disiez être déçu du premier arrangement entre vous et le Minesup. Cette fois-ci, y a-t-il des garanties sur le respect de l’arrangement?
Ce compromis est le fruit de plusieurs moments d’échanges avec le Minesup, ça n’a pas toujours été facile. J’en profite d’ailleurs pour louer la patience du ministre à notre égard. Ce qui a permis au final de reconstruire le contrat de confiance perdu, et qui reste l’unique garantie de ce compromis ayant conduit à la levée du mot d’ordre de grève. Cela peut sembler léger pour certain mais, n’oublions pas que le rapport citoyen/Etat se consolide selon le degré de confiance établit entre les deux acteurs.

Quelle est la suite du combat ? Reprendrez-vous la rue si cet accord n’est pas respecté ?
S’il est clair que le climat de confiance a été restauré, la question de reprendre la rue ne se poserait pas. Je crois en l’État malgré tout.

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