Vendredi, 20 Juillet 2018
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Bilharziose: deux millions de camerounais atteints  en 2016

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Les médecins recommandent l’application des règles d’hygiène pour prévenir cette maladie.
Par Paulette Ndong
Le jeune Alex Nyemb est originaire du département de la Sanaga-maritime. Il connait les cours d’eau de sa localité  au bout des doigts. Il y va d’ailleurs  régulièrement. Ngwei est son préféré. D’après ce jeune homme, il y a de petits vers dans cette eau et selon lui, ces mollusques sont inoffensifs. «Ils ne m’ont jamais fait de  mal», confie-il tout joyeux. Une affirmation qui ne satisfait pas les universitaires engagés dans la recherche sur l’éradication de la bilharziose.
 Selon une étude menée par le Programme national de lutte contre la schistosomiase et les helminthiases, au Cameroun, plus de  2 millions de personnes sont atteintes et plus de 5 millions sont à risque. Les enfants (6 à 15 ans) sont les plus touchés. L’universitaire Flobert Njiokon la présente comme une maladie parasitaire due à la pénétration à travers la peau d’un ver (le trématode), du genre schistosoma communément appelé bilharzie. La bilharzie pénètre dans l’homme, se développe et donne des vers adultes qui vont dans le sangSelon des experts présents à  Yaoundé à la première conférence de l’accélération de la lutte contre cette maladie au Cameroun, la contamination de  l’homme se fait dans les eaux douces à l’occasion de diverses activités (corvées d’eau et lessives à la mare ou au bord du fleuve, …). A en croire certains, les  pêcheurs et les agriculteurs sont des groupes à haut risque d’infection.
Ladite  maladie peut se présenter sous plusieurs formes. La forme intestinale se manifeste par des douleurs abdominales, une dysenterie avec des selles contenant du sang et de la glaire. La forme uro-génitale commence par une inflammation de la vessie (cystite) avec des douleurs et des difficultés lors des mictions (dysurie) et des urines sanglantes (hématurie).La bilhazie rectale entraîne des saignements au niveau du rectum, source d’anémie et de fatigue et des douleurs ano-rectales. Et la bilhazie artério-veineuse se caractérise d’emblée par une atteinte du foie et de la rate et, souvent, une jaunisse (ictère) eet des hémorragies digestives.
Par mesure de prévention, dans les régions dites endémiques comme le Nord, outre les précautions concernant le contact avec les eaux susceptibles d’être contaminées, «une prophylaxie médicamenteuse (chimioprévention) est recommandée dans certains groupes de populations», explique  Flobert Njiokon. Mais, pour André Mama Fouda, ministre de la Santé publique (Minsanté),  l’idéal serait l’éradication de la maladie.
 
Pr Louis Tcheum Tchuente : »L’éradiquer est notre priorité »
Le secrétaire permanent du Programme de lutte contre la schistosomiase et les helminthiases intestinales présente l’une des stratégies d’élimination.
Par Paulette Ndong
Vous êtes  le président du comité d’organisation de la première conférence de l’accélération de la lutte contre cette maladie au Cameroun qui se tient du 22 au 23 mars à Yaoundé. Quel est le but de cette rencontre scientifique internationale?
La rencontre a plusieurs buts. Au cours des échanges nous allons faire l’état des lieux de la parasitose et voir ce qui reste à faire. Nous espérons mettre sur pied des stratégies d’éradication de la maladie et échanger nos expériences avec des scientifiques venus d’ailleurs.  Leur présence au Cameroun est très importante. Vous savez, la science évolue et les méthodes de travail aussi. Un pays comme la Chine a  réussi à éliminer la pathologie grâce à une grande mobilisation.
Le Cameroun veut éradiquer la bilharziose. A-t-il les outils nécessaires?
Nous allons nous mettre à jour. Aucune méthode n’est parfaite. Nous allons adapter nos outils en vue d’éliminer. Il y a une différence entre contrôler une maladie et l’éradiquer. L’une des techniques va reposer sur la prévention à grande échelle. Nous allons abandonner la microprévention. Le traitement doit se faire selon les zones.  Il est arrivé que nous utilisons un matériel inadapté pour une région ou une localité. Cet acte peut compliquer le diagnostic.
Existe-t-il de grands foyers au Cameroun?
La maladie est présente sur l’ensemble du territoire mais pas de façon uniforme. On retrouve les grands foyers dans la partie septentrionale du pays. Dans tous les districts de santé, les médecins ont signalé des cas de bilharziose. Les régions du  Centre, le Sud-Ouest et du Littoral ne sont pas épargnées.

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