Samedi, 21 Avril 2018
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Bernard Ouandji: « L’Upc est libérée de ses vieux démons »

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L’Upéciste soutient que l’élection d’une ressortissante du Nord à la présidence du parti historique a tranché le nœud gordien qui l’étranglait.
Par Jean De Dieu Bidias
Vous avez été dans les exécutifs précédents de l’Upc. Pourquoi n’avez-vous pas postulé à un poste électif lors du dernier congrès de votre parti ?
Le 05 août dernier, j’ai été désigné comme président de la Commission d’organisation du congrès en remplacement de Jean-Michel Tekam. Mais ce mandat n’a pas prospéré parce qu’une tendance a fait opposition à mon travail et il a fallu que le 14 septembre, toutes les tendances se retrouvent de nouveau. Cette fois-ci pour désigner un nouveau présidium en présence du préfet du Mfoundi. Et j’ai une fois de plus été désigné dans ce nouveau présidium qui avait à sa tête l’ancien ministre, le pasteur Njami Wandi. Maintenant, pour sauvegarder l’impartialité et la crédibilité de cette instance dont la constitution a été âprement disputée, j’ai décidé de ne pas me porter candidat et de me contenter de la fonction de membre du présidium. C’est un peu comme un membre du Conseil constitutionnel lors d’une élection.

Est-ce que le bureau élu à l’issue du dernier congrès est consensuel ?
Les élections ont été compétitives. On a pourvu à deux postes : celui de président et celui de secrétaire général. Pour le secrétariat général, il y a eu 12 candidats contre 8 pour celui de président. Et pour la première fois depuis le congrès de Nkongsamba en décembre 1991, il y a eu un congrès de l’Union des populations du Cameroun (Upc), où les postes ont été pourvus de manière compétitive. Et pour la première fois depuis 1991, les vaincus ont également accepté leur défaite et ont félicité les vainqueurs sous l’œil du présidium. On a eu des frayeurs étant entrés dans ce congrès sans une loi électorale préalablement adoptée. Puis heureusement, comme disait le feu Augustin Frédéric Kodock, en politique, le chemin se trace en marchant. Donc au niveau du présidium, nous avons veillé à ce que la loi électorale soit consensuelle et respectée.

Avez-vous mis entre parenthèses vos ambitions de diriger l’Upc unifiée ?
Je n’avais pas pris part au congrès de 2014. J’avais été convoqué mais, je n’y suis pas allé parce qu’il n’y avait pas de textes réglementaires censés encadrer l’élection. Vous vous rappelez certainement que le congrès de 2014 s’était terminé avec trois ou quatre vainqueurs. Pour le congrès d’octobre dernier, c’est à la dernière minute qu’on est venu me happer pour aller donner ma contribution à l’élaboration des textes et faire les élections. La direction sortante a fait trois ans sans élaborer les textes. Je me suis abstenu de toute candidature mais je suis fier de ma contribution dans la confection des textes de notre parti. Cette fois-ci, il n’y a eu aucune contestation. Et l’expérience que j’ai acquise à cette élection au sein de l’Upc me prédestine à devenir membre du Conseil constitutionnel du Cameroun quand le président Paul Biya voudra bien pourvoir à cette institution. On peut rêver, pourquoi pas.

Il n’y a pas eu de contestation c’est vrai, mais il y a quand même le député Bapooh Lipot qui continue d’entretenir la plateforme Upc-Rdpc, et qui annonce surtout un autre congrès de l’Upc en 2019 …
L’Upc revient d’une situation regrettable où l’on avait dénombré cinq secrétaires généraux en 2015-2016 parmi lesquels, Baleguel faisait figure de petit poucet, aux côtés de monstres médiatiques comme Bapooh, Bahebeck, Louka et Sende. Finalement, la base a contraint les dirigeants à réduire la voilure de leurs ambitions personnelles. Tous ont compris sauf Bapooh Lipot. Déjà en 2014, Bapooh avait refusé de signer la convocation du congrès. Moi j’avais signé, même si je n’y ai pas pris part. Le dernier congrès était composé de multiples étoiles, des cerveaux par centaines. Et je suis désolé de dire que par rapport à cela, le député Bapooh reste aujourd’hui un singleton.

Et pourtant selon ses dires, c’est lui l’héritier de l’ancien secrétaire général, Augustin Frédéric Kodock …
Le député Bapooh Lipot représente une minorité certes très agissante au sein de l’Upc : les deux autres députés Upc étaient avec nous au congrès. Peut-il donc avoir raison par rapport à ses deux collègues ? Non, je suis désolé. L’article 9 des statuts de l’Upc dit que les décisions se prennent à la majorité. Par rapport à sa base qui est Matomb, le maire de son village et tous ses adjoints étaient avec nous au congrès. Dès lors, que pèse encore Bapooh Lipot à présent, si tous les autres élus du Nyong et Kellé étaient avec nous ? Et par rapport à l’alliance avec le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), je vous signale que Bapooh Lipot n’est que le dernier venu. Le pasteur Njami Wandi qui a présidé le dernier congrès est le seul signataire encore en vie de cette alliance nouée en fin septembre 1992. Entre temps, les co-signataires sont décédés dont Augustin Frédéric Kodock et Feyou de Happy du côté de l’Upc, et Joseph Charles Doumba du côté du Rdpc.

Quels sont vos rapports avec la nouvelle présidente et le nouveau secrétaire général de l’Upc ?
Excellents. N’oubliez pas qu’il y a deux ans, le 06 juin 2015 plus précisément, j’avais formé un bureau de rectification avec Baleguel Nkot comme secrétaire général et moi-même vice-président. Donc, je connais les qualités de cet homme en tant que chef de parti. En ce qui concerne l’élection de Mme Habiba Issa à la présidence, ceci démontre simplement que l’Upc est un parti ouvert, un parti démocratique. Avec son élection, nous avons tranché le nœud gordien qui étranglait l’Upc depuis des décennies c’est-à-dire, le petit mythe entretenu par le parti au pouvoir qui consistait à dire que les Upécistes sont les ennemis des « Nordistes », pour une raison ignorée.

Un autre mythe prétendait que l’Upc est confinée en zone Bassa et Bamileke. Depuis le dernier congrès, un vent nouveau souffle sur l’Upc et même sur le Cameroun. L’Upc est libérée de ses vieux démons et prête pour son expansion. Quant à la nouvelle direction, ils ont été invités lors de la clôture du congrès à se mettre au travail, non pas pour passer du temps à la télévision comme la direction sortante, mais plutôt pour travailler à créer des textes modernisés du parti et son projet de société actualisé. Nous apporterons notre soutien.

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