Mercredi, 23 Mai 2018
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Barrages d’Edéa et Songloulou: au-delà de la résorption du déficit de production

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Grâce à la retenue d’eau de Lom Pangar, ces deux centrales produisent 170 Mw additionnels pendant l’étiage, mais pas assez pour mettre fin aux coupures d’électricité.
Par Jean De Dieu Bidias
Après un début d’étiage 2017-2018 « plutôt calme » aux dires du directeur général d’Eneo en décembre dernier, les villes et villages connectés au Réseau interconnecté sud (Ris) ont depuis peu renoué avec les coupures d’électricité qui se prolongent parfois sur deux semaines dans certaines localités. Entre 19h et 21h, mercredi dernier, c’était le blackout total à Yaoundé, Douala et beaucoup de villes périphériques desservies par ce réseau. A la cellule de communication d’Eneo, l’on parle d’« un incident majeur survenu sur le réseau de transport ».

Jusqu’au mois de juin, qui marque la fin de l’étiage, d’autres pannes de même nature seront certainement enregistrées. Et pas seulement sur le réseau de transport. Celui de distribution, talon d’Achille du système énergétique national, suscite encore plus d’inquiétude avec, entre autres, le phénomène de surcharge sur les transformateurs. Après avoir atteint un seuil critique entre décembre 2013 et juin 2015, les délestages (entendu comme des interruptions programmées de fourniture d’électricité liées à un déficit de production) relèvent aujourd’hui de l’histoire ancienne. Mais les coupures persistent en raison de la vétusté des réseaux de transport et de distribution. Par ailleurs, le barrage tant attendu de Memve’ele réceptionné de façon provisoire il y a peu, n’alimente pas encore les foyers.

A l’origine, la mise en service provisoire du barrage de retenue d’eau de Lom Pangar, d’une capacité de stockage d’un peu plus de 6 milliards de m3, en septembre 2015. « Depuis sa mise en service, Lom Pangar permet chaque année grâce à la régularisation de la Sanaga, d’apporter sur le système Songloulou et Edéa 170 Mw de puissance garantie volume, soit 500 giga kwh. C’est énorme, parce que les premières retombées sont déjà palpables. Quant à l’économie de gasoil [pour faire tourner les centrales thermiques, Ndlr] par Eneo qui est l’exploitant, elle s’évalue entre 20 et 25 milliards Fcfa. Après trois ans, des économies de 75 milliards Fcfa ont été générées. Ce qui permet à la société d’investir cet argent pour autre chose. Par ailleurs, la mise en service nous permet d’avoir un étiage apaisé », explique le directeur général d’Electricity Development Corporation (Edc), Théodore Nsangou, dans une interview accordée à Cameroon Business Today.

En effet, jusqu’à l’entrée en jeu du barrage de Lom Pangar, le fleuve Sanaga avait un débit de 640 m3/s d’eau pendant la période de basses eaux. Ce qui causait un déficit de production de l’ordre de 100 Mw au niveau des centrales d’Edéa (267 Mw de capacité installée) et Songloulou (388 Mw de capacité installée). Avec désormais un débit de 960 m3/s et 1090 m3/s pendant la même période, c’est un peu plus de 10% d’énergie en plus qui est produite par les deux ouvrages grâce à l’apport en eau de Lom Pangar.

En attendant la production du premier kilowatt d’électricité de son usine de pied en cours de construction et qui a vocation à desservir 150 villages de la région de l’Est d’ici au plus tard en 2020, le projet Lom Pangar joue déjà un rôle des plus importants dans l’amélioration de l’offre énergétique au Cameroun.  Une demi-douzaine de barrages hydroélectriques doit d’ailleurs être construite en aval de cette retenue, notamment Nachtigal et Grand Eweng (Batchenga et Dibang dans la région du Centre), entre autres, dont le lancement des travaux est annoncé cette année.

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