Dimanche, 8 December 2019
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Bamenda: Le gouvernement a-t-il cédé ?

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Vingt-et-un manifestants ont été libérés, comme l’ont exigé les syndicats d’enseignants.

L’esplanade des services du gouverneur de la région du Nord-Ouest accueille, le 10 janvier 2017, vingt-et-un jeunes gens, conduits par le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire de Bamenda. Ce sont des manifestants soupçonnés d’être impliqués dans les manifestations sanglantes du 08 décembre dernier à Bamenda.

Des membres de famille qui attendent explosent en joie. «Mon fils est là, je suis très heureuse», entend-on dans la foule. Tout le contraire de quelques familles qui n’ont pas eu la chance de recevoir leurs enfants. Toute chose qui provoque un déchainement sur les lieux, avec des génitrices qui fondent en larmes, traînent le fessier au sol, avant de s’étendre sur la plateforme. « Où est mon fils Rigobert ? Je suis allée à la prison de Kondengui lui rendre visite, et on m’a dit qu’il a été libéré », lance une mère, inconsolable. L’enfant introuvable, âgé de 15 ans, était jusqu’à sa disparition élève de Form 5 dans un collège à Mankon. La cérémonie d’accueil de ces jeunes est présidée par le gouverneur du Nord-Ouest, Adolphe Lélé Lafrique. Les déclarations des libérés sont variées, selon les conditions de détention. « Ils m’ont tout pris, mon téléphone et mon argent », déplore un jeune désormais en liberté. Tandis que son compagnon raconte : « Nous étions en train de dormir et on est venu nous appeler. C’est un policier qui nous a dit que nous étions libres, alors que nous séjournions à Kondengui». Ambe, 22 ans, rapporte : «Nous dormions à même le sol, sans matelas. Les autres détenus nous obligeaient à ramasser nos défécations avec les mains».

Ils viennent de recouvrer leur liberté, ces jeunes arrivés à Bamenda par un vol spécial, indique une autre. Non sans reconnaître qu’ils ont été torturés pendant leur détention. Le consortium des syndicats d’enseignants, avocats et acteurs de la société civile a exigé la libération des personnes interpellées, avant la reprise de tout dialogue avec le gouvernement. Vingt-et-une personnes viennent de l’être dans cette seconde vague. Puisque la première en comptait 28. Soit 49 personnes au total. Des sources syndicalistes indiquent qu’environ 20 autres sont encore en détention ou introuvables : «Nous voulons que tout le monde soit libre avant de faire quoi que ce soit», insiste un membre de ce consortium. A Bamenda, le président de l’Add, Garga Haman Adji, joue déjà le médiateur.

La décrispation de l’atmosphère s’est quelque peu brisée, hier, vers 17h, lorsque le préfet de la Mezam, Pierre René Songa, a décidé de sceller la radio Hot Coco. Les autorités reprochent à ce média de diffuser deux émissions qui donnent la possibilité aux auditeurs d’intervenir en direct, pour se prononcer sur la crise sociale que traversent le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Les deux émissions interactives visées sont Frank Talk et Morning Breakfast.

Didier Kamdem (Cp)

 

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