Dimanche, 9 December 2018
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Buea:la vie sans les avocats

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Les avocat

L’absence des avocats dans les tribunaux de la région du Sud-Ouest perturbe le déroulement des audiences et la célérité dans le traitement des affaires.

Par Blaise Djouokep

Dans le box des accusés le mercredi 12 avril 2017, un prevenu a du mal à se défendre. Face aux accusations de vol portées contre lui par le plaignant, il peut à peine dire quelques mots, quand lui revient le moment de poser des questions au plaignant. Il est comme médusé. Il est presque sans voix, en l’absence d’un avocat pour lui dicter la conduite à tenir dans ce milieu qu’il affronte pour la première fois.

Dans le tribunal, seuls sont présents le juge, le représentant du ministère public et le greffier, qui font de leur mieux pour le rassurer. Au tribunal de grande instance (Tgi) de Buea, tout comme au tribunal de première instance (Tpi), au tribunal administratif ou encore à la cour d’appel du Sud-Ouest, pas l’ombre d’un avocat. Les audiences se déroulent en présence des juges, du ministère public et du greffier. Et les principales victimes sont les détenus. Ils étaient moins d’une dizaine devant le bureau du procureur du Tpi, attendant d’être auditionnés et fixés sur leur sort. Menottés, ils attendaient de passer les uns après les autres devant le procureur, sans l’assistance d’un conseil.

Autodéfense

Dans la salle du Tpi, deux détenus passaient à la barre. Incidences à en croire un proche d’un bagnard, «les détenus souffrent beaucoup depuis que les avocats sont en grève. Les gens ne savent pas se défendre tout seul. Il y a beaucoup d’innocents qui sont condamnés parce qu’ils ne savent pas se défendre tout seul ; parce qu’il n’y a pas d’avocat pour prouver leur innocence». Un avis soutenu par une dame : «mon frère est en prison et depuis que les avocats sont en arrêt de travail, son dossier ne peut plus avancer parce qu’on ne veut pas prendre le risque qu’il soit jugé sans la présence de son avocat. C’est très dur à supporter».

A en croire un autre, les avocats sont introuvables même dans leurs cabinets. Ceux-ci sont fermés. Conséquemment, selon une source pénitentiaire, le « nombre de détenus qu’on achemine au tribunal a diminué. Certains demandent de longs renvois dans l’espoir qu’à la prochaine audience, les avocats seront présents. D’autres sont complètement désespérés parce qu’ils ne savent pas combien de temps va durer la grève».

Les avocats

Les avocats absents des prétoires dans les régions anglophones

Au greffe, on reconnaît que la situation porte un sérieux coup sur le traitement des affaires. Cela « pénalise énormément le tribunal. En effet, nous sommes obligés de faire beaucoup de renvois parce que certains exigent la présence de leurs avocats. Les affaires pendantes prennent un sérieux coup», reconnait M. Ngwa, président du tribunal administratif de Buea. Le même constat est fait par la présidente du Tpi, qui souhaite le retour des avocats pour un traitement efficient des affaires. Curieusement, joints au téléphone, certains avocats exerçant dans cette partie du pays ont refusé de se prononcer.

 

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