Dimanche, 8 December 2019
Accueil quotidien mutations economie Au pays de l’oncle Sam. Musée national de l’histoire et de la culture afro-américaine:un long chemin vers la liberté

Au pays de l’oncle Sam. Musée national de l’histoire et de la culture afro-américaine:un long chemin vers la liberté

227
- Publicité -

Au pays de l’oncle Sam

Entre le 18 et le 28 août derniers, 10 patrons de presse, journalistes et agents commerciaux camerounais ont séjourné aux Etats-Unis dans le cadre de l’International visitor leadership program. Le voyage, organisé par le département d’Etat américain, a permis, à travers divers échanges, d’aborder la problématique de la rentabilité économique des médias. A côté de cela, le groupe de 10 a pu s’imprégner de l’histoire de la première puissance mondiale à travers des visites dans des lieux cultes. Mutations se fait votre guide.

 

1-      Musée national de l’histoire et de la culture afro-américaine

Un long chemin vers la liberté

Inauguré en septembre 2016, l’édifice érigé en plein centre de Washington retrace la douloureuse lutte de la communauté noire pour son émancipation aux Etats-Unis.

Par Lucien Bodo, de retour de Washington

Le soleil est un compagnon de route très zélé et envahissant au mois d’août, à Washington. Les parapluies, les bobs et les lunettes fumées sont de sortie pour atténuer l’effet des rayons de l’astre du jour. Ceux qui ne disposent pas cet attirail plissent les yeux en essayant de lever la tête pour apprécier la beauté du joyau planté devant eux. Dans la capitale américaine, plusieurs lieux attirent à la fois touristes et visiteurs locaux, même en période de fortes chaleurs. Mais sur le National Mall, c’est le Musée national de l’histoire et de la culture afro-américaine qui est la principale attraction.

Celui-ci rompt avec le néo-classicisme qui caractérise l’architecture des autres musées situés à quelques pas. L’édifice porte la griffe de David Adjaye, architecte britannique né en Tanzanie. Bâti sur trois niveaux, il a la forme d’une coiffe traditionnelle d’origine nigériane. 3600 panneaux d’aluminium enveloppent la construction. Ils rappellent les objets de ferronnerie réalisés à l’époque par des esclaves de la Nouvelle Orléans. Au milieu d’édifices en pierre blanche, sa façade de métal ciselée affiche une couleur cuir à l’ombre ; elle passe au bronze quand le soleil se lève et à l’or quand la lumière se reflète.

Entré dans ce musée, il est difficile de ne pas être saisi par la chair de poule ; de ne pas avoir l’impression que le sol se dérobe sous les pieds. Sur les murs, les poutres, au sol, au plafond, sur des écrans interactifs, etc., le visiteur est d’abord frappé par l’horreur qui l’entoure. Plusieurs personnes restent figées pendant de longues minutes devant des photographies, des vidéos, des écrits, des statuettes et toutes sortes d’artefacts. Elles découvrent le versant sombre de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique, pays bâti sur le sang et la sueur de l’esclavage.

Le musée raconte l’histoire douloureuse du périple ayant conduit à l’émancipation de la communauté noire dans la première puissance mondiale. Le récit ici est cru. Il ne porte pas ne serait-ce qu’un cache-sexe. Il est nu. Un contraste terrible se dégage entre la beauté du bâtiment – vue externe et interne – et la laideur des souvenirs que la mémoire collective américaine veut entretenir. Un peu comme une auto-flagellation censée éviter que la même erreur ne se reproduise. Se faire mal pour ne plus jamais souffrir.

Liberté

Cela dit, le voyage auquel est convié le visiteur est long. Au fur et à mesure qu’on évolue, on sort peu à peu des ténèbres. On tend petit à petit vers le clair-obscur, et puis, finalement, survient un éclat lumineux intense et plein d’espoirs. Celui d’une communauté enfin libre. En effet, le Musée national de l’histoire et de la culture afro-américaine ne présente pas uniquement l’afro-américain en situation de faiblesse. Parmi les 34000 objets exposés ici, la plupart le montre en situation de combat, de conquête, de victoire de la liberté face à l’oppression.

C’est un hommage rendu à tout ce que les Afro-Américains ont apporté à l’Amérique et parfois au monde. Dans le domaine du sport, les athlètes Jesse Owens et Carl Lewis, le joueur de baseball Jackie Robinson, la tenniswoman Venus Williams, le basketteur Michael Jordan, etc. sont célébrés. Des héros de la lutte pour la liberté, tels que Rosa Parks, Martin Luther King, Malcom X, pour ne citer que ceux-là, aussi. La créativité artistique et culturelle des descendants d’esclaves est également mise en exergue à travers des objets ayant appartenu à divers artistes : John Coltrane, Miles Davis, Louis Armstrong, Chuck Berry, Michael Jackson ou encore Jimmy Hendrix.

Histoire

Hasard du calendrier, le Musée national de l’histoire et de la culture afro-américaine est inauguré le 24 septembre 2016 par Barack Obama. Le tout-premier président noir des Etats-Unis, qu’accompagne son prédécesseur Georges W. Bush, arrive quasiment à la fin d’un projet nourri depuis près d’un siècle lorsqu’il accède au pouvoir en 2008.  Le musée donne vie au rêve centenaire d’anciens combattants afro-américains de la guerre de Sécession. Ces derniers étaient montés au créneau sans succès dès 1915 à Washington pour proposer l’érection d’un mémorial en leur honneur.

En 1929, le Congrès vote une résolution autorisant la construction d’un musée. Mais avec la crise économique, il refuse un financement fédéral. Après la lutte pour les droits civiques, dans les années 1960, l’idée est relancée mais pas suivie par le monde politique et universitaire. Il faudra attendre 2003 pour qu’une commission nommée par Bush fils juge le moment venu de créer un nouveau musée dédié à l’histoire et à la culture noires aux Etats-Unis. La première pierre est posée le 22 février 2012. Les travaux auront coûté au total 540 millions de dollars.

A Suivre : Martin Luther King Memorial

Newsletter: Restez au courant de l'actualité


- Publicité -

AGENDA

Festival des musiques et danses patriomoniales

première édition de Business Coffee Break

Tous nos évènements
Mutations SHOP