Vendredi, 17 Août 2018
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Attention danger !

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Xavier Messe

Beaucoup de nos lecteurs n’ont pas eu connaissance de l’excellente contribution de David Abouèm à Tchoyi que votre journal a publiée en deux temps, dans ses livraisons de lundi et de mardi dernier. Nous faisons nôtre cet extrait de l’analyse de l’auteur. Il est suffisamment soutenu par d’éloquents exemples et anecdotes qui conviennent aux instants que traverse le Cameroun. Cet extrait s’adapte aussi à notre position éditoriale qui est: dialogue, et surtout le dialogue !

 » Quand j’ai lu le mot Boko Haram pour la première fois dans un journal, je me trouvais à l’étranger. J’ai alors demandé à un collègue consultant nigérian des informations sur ce groupe. Avec un sourire narquois, il m’a répondu : « tu sais, ce n’est qu’un insignifiant groupuscule de fanatiques illuminés ». . . Devant les milliers de morts, les centaines de milliers de réfugiés et déplacés, les centaines de milliards de francs utilisés pour combattre cette nébuleuse, ou les souffrances sans nom qu’elle continue d’infliger, personne ne pourrait tenir un tel langage aujourd’hui. Que s’est-il passé ? Boko Haram a trouvé des appuis à l’extérieur.
N’attendons pas que des compatriotes mal à l’aise et qui crient leur mal être, en viennent un jour, par désespoir, à rechercher des appuis à l’extérieur. Nous discutons bien avec des criminels, pour libérer des otages ! Discutons avec tous les compatriotes qui en ressentent le besoin, pour libérer le Cameroun des menaces à la paix, à sa stabilité et à sa sécurité.
Dans les années 1960 en France, Etat unitaire et millénaire, le « Front de Libération de la Bretagne » (FLB) dénonçait ce qu’il appelait le « colonialisme français en Bretagne ». Stagiaire dans une préfecture dans l’ouest de la France, j’ai vu certains de ses militants brandir le drapeau du FLB à la place du drapeau français. . . Aujourd’hui, seuls les historiens parlent encore du FLB. Ce n’est pas le résultat d’une guerre, ni d’un embastillement de tous les protagonistes du FLB. C’est la conséquence d’une offre politique, le résultat d’un dialogue républicain.
Il y a quelques années, je discutais avec le Dr Ngwang Gumne, un des principaux leaders du courant sécessionniste, avec qui nous avions servi à Bamenda. Par hasard, nous nous étions retrouvés en Suède, tout heureux de nous revoir. A l’issue de plus de deux heures de discussions, il eut cette phrase : « mon frère, comme personne ne veut nous écouter, tout le monde finira par nous entendre ». Je lui ai fait remarquer qu’il m’appelait toujours son frère, alors que, pendant toutes nos discussions, j’argumentais contre la sécession. Avec un sourire, il me dit : « C’est vous à Yaoundé qui ne voulez pas nous écouter ».

Le gouvernement camerounais s’est ( enfin) ouvert aux discussions avec les syndicats anglophones pour un retour à la normale. Vendredi à Bamenda, les mêmes syndicats ont exigé que le problème d’un retour au fédéralisme soit inscrit à l’ordre du jour des 18 points à débattre. La partie gouvernementale estime quant à elle que ce sujet est tabou.
En se retrouvant mercredi prochain comme annoncé, chaque partie devra comprendre que dans les négociations, on gagne un peu, on perd un peu. On ne perd pas tout, on ne gagne pas tout. C’est la cohésion nationale qui devrait gagner, et tout le Cameroun l’emporter.
Par Xavier Messè

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