Mardi, 14 Août 2018
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Arthur Locko: »je veux inspirer toute une génération »

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L’artiste de 25 ans a présenté au public vendredi dernier, son tout premier album «The Bridge».

Par Rosine Ntolo

Présentez-nous votre premier album « The Bridge » qui a été dédicacé vendredi dernier ?
Nous avons 18 titres que j’ai composés durant une période que je considère comme une période de transition. Pour beaucoup je suis « The lover boy », pour d’autres je
suis juste un narrateur. J’ai commencé disons « teenager» et là je suis en train d’entrer dans l’âge adulte. J’ai commencé « the Lover », là j’expérimente autre chose. Dans
cet album, j’ai donc envie de m’ouvrir un peu plus au public. La vérité est que, je suis une personne assez réservée et introvertie ce qui fait qu’au début de ma carrière j’avais beaucoup de mal à aborder des thèmes qui étaient plus personnels.
C’est plus facile pour moi de chanter le « Ndolo », maischanter autre chose était difficile. Alors dans « The bridge», j’ai décidé que l’on va un peu sortir  de notre cocon et on va tout donner et laisser le public décider. Je suis une personne ouverte à toutes les critiques parce que cela m’aide à m’améliorer. J’ai comme l’impression d’avoir tra-
versé un cap, parce qu’il y a trois ans que nous avons commencé cette folle aventure. Une période où personne ne voulait encourager un jeune Camerounais qui voulait faire dans la musique. Durant ces trois années, j’ai traversé de belles choses qui m’ont permis de continuer à croire en ce rêve d’enfant que j’avais et que j’ai d’ailleurs toujours. Trois années certes, mais cela ne dépendait pas de moi ; c’est le
label que j’utilise qui prend ce type de décisions.

Quelles sont les principales thématiques abordées dans cet album ?
Dans « The Bridge », je parle de la vie d’un Camerounais lambda (moi), de la vie de tous les jours. Je parle également d’amour. Et quand je pense au titre « Thank you lord », vous l’aurez compris, je remercie aussi le Seigneur. Parce que si je suis ici aujourd’hui certes c’est grâce au travail, mais c’est d’abord grâce à Dieu. Je ne suis pas en train de traiter d’une histoire de love story avec une fille comme beaucoup sem
ble l’imaginer, je commence dans cet album à m’ouvrir à mon public. J’ai décidé de casser ma coquille et de parler un peu de ce qui se passe autour de moi et dans ma vie. Il y aura des titres qui traiteront de sujets autre que l’amour. Un artiste est supposé être libre, il doit aborder tous les thèmes qui lui viennent à l’esprit. Dans cet album, il y a des rythmes variés, parce que je n’ai pas envie que l’on me garde dans
un genre ou un style de musique particulier.

Pourquoi une coproduction pour cet album ?
La coproduction parce que le premier contrat qu’on avait signé avec la maison de production Big Dreams est arrivé à son terme en fin 2017. Dès lors, nous avons décidé de lancer notre propre Label « Yema production » avec la permission de Gervais parce que Big dreams c’est déjà la famille. Nous avons commencé avec eux alors pourquoi ne pas terminer également avec eux ? Une coproduction parce que j’avais envie de m’impliquer et de participer à la construction de ma carrière. Je suis quelqu’un de trop introverti, mais qui aime apprendre. Avant, je vous assure je ne savais pas com-
ment faire des Twittes, aller sur Whatsapp. Quand j’ai appris tous ces éléments qui peuvent entrer dans ma carrière, je me suis dis, je dois apporter quelque chose. Alors maintenant au niveau de la direction artistique je peux donner monavis et à la fin on a un produit de qualité. On ne peut qu’être satisfait.

Dans quels styles musicaux évolue l’artiste ?
J’aime beaucoup le reggae parce que c’est un style musical assez riche, la Soul, le Jazz. Et en grandissant je suis tombé amoureux des rythmes de chez moi, le Makossa, l’Essewe etc. Aujourd’hui, il est important pour moi d’avoir une placedans le monde. Je n’ai plus envie seulement d’être un chanteur qui aura une belle voix et une belle plume. Je veux être celui qui va prendre ma culture et la présenter au monde et
ce n’est que de cette façon que j’aurais une place unique. Voilà pourquoi dans « The Bridge », vous aurez donc desthèmes et des rythmes assez variés. Et des genres qui ne
sont mêmes pas classés. Je suis Camerounais et l’être estune véritable bénédiction, parce que dans ce pays, il y a tellement de genres. On a de quoi puiser pendant des décennies et toujours être original. Dans cet album vous aurezdonc ce métissage entre les rythmes locaux et ceux d’ailleurs pour créer quelque chose de nouveau.

Qu’est-ce qui explique la multiplication des collaborations avec des étoiles montantes de la musique urbaine?
J’ai l’air vieux ? C’est donc pour dire que moi-même je suis jeune, je n’ai que 25 ans. Parce que j’ai eu le retour sur des commentaires de certaines personnes qui disent que cela fait dix ans que Locko a commencé sa carrière et il ne fait que travailler avec des jeunes. Les collaborations avec les jeunes, c’est travailler avec mes frères et sœurs. On est de la même génération. Honnêtement on ne s’en rend vraiment pas compte, mais la nouvelle génération est super talentueuse. Quand on a Nabila, Magasco, Mr. Leo dans mon album, on a tout au Cameroun. J’ai eu la chance de voyager un peu partout et je vous assure que quand on arrive il y a des artistes qui sont super impres-
sionnés par ce que l’on fait au Cameroun. Côté technique, on est super fort. Il y a tellement de volets qui concernent l’Afrique où on est super avancés. Ensuite, vous avez dû le remarquer dans mes clips, j’ai toujours envie de valoriser ce qui se fait ici chez nous. Avec cette casquette d’artiste, nous avons tous la responsabilité d’être des ambassadeurs du Cameroun.

Comment est-ce que l’artiste Locko qui a pourtant réussi à intégrer l’Ecole nationale polytechnique arrivedans la musique ?
Malheureusement j’ai une réponse assez cliché et voilà pourquoi je n’aime pas trop m’étaler. Je viens d’une famille ou la musique est très présente. Depuis tout-petit, surtout pendant les grandes vacances, on allait chez notre grand-mère à Douala et là-bas, il y avait un tonton qui apprenait à chaque petit fils un instrument de musique différent et c’est de cette manière que mon amour pour la musique commence à grandir. Puis après à l’école, on fait des kermesses parce que la musique c’est ma passion. Ma passion c’est de partager mon inspiration avec mon public. Comme je suis assez casanier, je ne pouvais pas aller dans les cabarets prester. J’ai donc créé dans ma chambre, mon i-tune Channel qui me permet de partager avecle public ce que je fais. J’ai eu un très bon retour. L’envie de continuer est né et au bout de quelqu e temps j’ai lancé une carrière.

Est-ce que Locko compose lui-même ses chansons?
Locko est à la base de toutes ses chansons. Je les compose moi-même. Je suis aussi un « musik producer », ce que les gens ignorent. Mais cela ne m’empêche cependant pas d’être ouvert à d’autres propositions. Jusqu’ici, je suis à la base de toutes les chansons que vous avez eu à écouter, niveau production. Maintenant, je suis le petit frère. Alors quand je finis de faire le projet sur mon ordinateur, je le prends et je vais voir mon père « Dj Kriss » et avec lui on réussit à avoir le produit fini que vous connaissez.

Locko entend-t-il donner de son temps pour aider les jeunes qui veulent faire carrière dans la musique ?
Oui je compte travailler avec des jeunes artistes. Je trouve que je le fais d’ailleurs déjà. Il y a ce concours que nous avons lancé sur Instagram après la chanson « Je serai là »,
ou les jeunes artistes devaient mettre leurs prestations en ligne et la jeune Rochelle Nganbou a gagnée. Il y a une chanson intitulée « The risk » dans ce nouvel album où je suis en featuring avec elle. Honnêtement, je suis heureux d’avoir fait ce concours. Cette petite n’a que 15 ans et elle est très talentueuse. Vous allez écouter la chanson et vous verrez. J’y crois. De plus, je suis l’artiste qui a fait le plus de collaboration avec les jeunes. La musique c’est une œuvre de l’esprit et je suis conscient que chaque artiste a en lui quelque chose d’unique. Si à travers moi mes frères et sœurs peuvent être connus, vraiment je serais très heureux.

Quels sont les prochains challenges de l’artiste ?
Il y en a beaucoup. Le fait d’être ce Camerounais-là qui a des ambitions globalisant, c’est énorme. Il faut répondre aux normes internationales, puisque maintenant, il est question d’être compétitif sur ce plan. Aujourd’hui c’est assez difficile, mais comme dans tout métier il y a des difficultés. Je vais juste continuer à y faire face. Aussi, les semaines qui arrivent, nous avons prévu un méga tour dans les villes de Yaoundé, Douala et Buea. Après on va voir comment arriver ailleurs, surtout qu’on prépare une tournée nationale donc on fera d’une pierre deux coups et on présentera l’album au
fur et à mesure que l’équipe se rendra dans chaque région du triangle national. Très prochainement vous aurez également le premier jet visuel de ce tout nouveau départ.

Qu’est-ce que Locko voudrait que les jeunes retiennent de lui ?
L’authenticité. C’est la règle même du succès dans ce métier. J’ai préféré m’appeler Locko qui est mon véritablement nom, parce que je me suis dit au lieu de jouer un rôle, de travailler sur un personnage, c’est plus facile de tout simplement être moi-même. Il faut croire en ses rêves même les plus fous et se donner les moyens de réussir.

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