Mercredi, 21 Février 2018
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Antoine Félix Samba: l’administrateur civil aux multiples visages

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Antoine Félix Samba

La tête d’Antoine Félix Samba  est mise à prix sur  les réseaux sociaux et sa casquette d’agriculteur fait débat.

Par Pascal Dibamou

Antoine Félix Samba, 56 ans, est l’actuel inspecteur général des services administratifs et budgétaires du ministère des Finances. Il a pris fonction le 16 mars dernier. Au cours de la cérémonie d’installation,  le ministre Alamine Ousmane Mey va lui prescrire  un cahier de charges fort complexe. La «  nouvelle gouvernance au sein de l’administration camerounaise depuis l’avènement du régime financier de 2017, fait de l’inspecteur général, un des acteurs majeurs du pilotage par la performance. Désormais, au-delà des enquêtes, des audits et des missions d’inspection auxquels elle était habituée, l’inspection générale se voit confier les missions d’évaluation des conditions de performance des programmes », avait instruit le ministre des Finances.

Contre toute attente, un mois plus tard, l’ancien directeur général du budget est au devant de la scène médiatique. On croirait sur le déroulé de son premier bilan puisqu’il doit veiller au respect des procédures internes. Il évalue continuellement l’efficacité, l’efficience et la pertinence des processus de gestion. Aussi, émettre opportunément une opinion sur la qualité des résultats des programmes mis en œuvre au sein du ministère des Finances.

 

L’originaire de Minta dans le département de la  Haute-Sanaga (Région du Centre) fait plutôt l’objet d’une autre forme de   « campagne médiatique » appuyée par les réseaux sociaux sur la résidence qu’il occupe depuis 1999.

En effet, c’est une publication du 18 avril dernier sur Facebook qui va mettre le feu aux poudres. Les« photos de la résidence de l’ancien directeur général du budget du Cameroun à Nkolodom, banlieue Ouest de Yaoundé. Rappelons qu’il n’est que fonctionnaire. Après ils viendront dire que nous sommes jaloux. Vous êtes malades ou quoi… vous volez notre argent. Les enseignants ne sont pas payés. Les médecins sont mal traités et vous nous dites que nous sommes aigris…… Taisez- vous simplement !  Et voilà maintenant Alamine Ousmane Mey qui dit qu’il n’y a plus d’argent », écrit un internaute. Le sujet médiatique sort des méandres de sa fonction d’inspecteur général. Un journal de la place qualifie cette mise en avant groupée sur les réseaux sociaux « d’acharnement ».

Sans doute, les images de la résidence d’Antoine Félix Samba engendrent immédiatement un débat ethnico-stratégique sur les réseaux sociaux. La flopée des commentaires ne laissera pas indifférent le journaliste Jean Lambert Nang . Le «  mythe de l’homme de l’ouest qui réussit à la force de son génie en vendant des cacahuètes et des tomates est éculé. C’est avec les mêmes deniers publics qu’ils ont construit leur colossale fortune, en rapinant tous les marchés publics. Alors arrêtez vos comparaisons inutiles. Il n’y a pas d’un côté des riches vertueux (Bamilekes) et de l’autre des riches voleurs (Betis)», réagira-t-il.

A sa suite, les commentaires iront dans tous les sens. Antoine  Félix Samba, totalise 31 ans d’expérience professionnelle dans l’administration et un peu plus dans l’agriculture. Le débat sur sa fortune gagne les chaumières. Comme pour répondre à la valse de commentaires pro ou anti Samba, Antoine Félix Samba donneSamba au champs

 

une première explication dans le magazine Attitude school. Je « suis promoteur d’une des plus grandes exploitations agricoles privées du pays. 300 hectares de cacao en cours de production. Riz, pastèques, maïs, arachides. Je suis le précurseur de l’agriculture enrichie au calcaire comme font les Brésiliens, seul modèle qui peut tenir dans notre écosystème  depuis 19 ans. Je suis l’un des rares producteurs de Cacao qui dépasse un rendement d’une tonne à l’hectare», explique-t-il. « C’est en cela qu’il faut plaindre monsieur Samba, tout comme monsieur Ndongo Essomba qui ont fait fortune dans le cacao. Ils demeurent des Buy and sellam dans un pays où la R&D leur aurait permis de franchir le pas de l’industrie», renchérit Christophe Bobiokono, le directeur de publication de l’hebdomadaire Kalara, dans un post.

 

Carrière

Antoine Félix Samba est un administrateur civil qui aurait dû prendre sa retraite de fonctionnaire en 2016. Sauf qu’il va bénéficier d’une dérogation spéciale du chef de l’Etat conformément aux dispositions du statut de la fonction publique. Il ne serait pas le seul dans ce cas. Plusieurs autres hauts cadres d’administration en ont bénéficié.

A sa sortie en 1985 de l’Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec) de Douala, ce fils de planteur fera  ses classes en deux ans comme chef du service financier et comptable à la Société de presse et d’éditions du Cameroun (Sopecam). Ses attitudes vont un peu intriguer ses collègues habitués des salons fastueux de la capitale. « Les week-end, le jeune Samba se rendait dans son village pour des travaux  champêtres dans les plantations de son papa », se souvient un ancien cadre de la Sopecam, aujourd’hui à la retraite.

Alors qu’il est en poste à la Sopecam, l’ingénieur financier entre en 1987 à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) pour en sortir deux ans plus tard comme administrateur civil. Débute alors  une autre carrière qui le conduira comme directeur des affaires générales (Dag) au ministère des Transports. Il occupera le même poste au ministère des Mines et de l’Industrie. Au ministère des Finances, il a fait trois ans à la tête de la Direction générale du budget.

Recolte

Jeune administrateur

Toutefois, ses prédécesseurs dans l’administration se souviennent encore de ses débuts.  « Nous avons accueilli Antoine Félix Samba comme jeune fonctionnaire. Un homme qui n’avait de cesse de parler de l’agriculture. Ce monsieur gagne au moins 200 millions de Fcfa chaque année dans ses plantations où il emploi pas plus de 100 Camerounais et  Brésiliens», confie Engelbert Essomba Bengono, l’inspecteur du Trésor, député suppléant du député Marie Rose Nguini Effa, élue dans le département de la  Mefou-et-Akono.

Un autre fonctionnaire ayant requis l’anonymat révèlera, qu’Antoine Félix Samba est un « animal de l’agriculture » qui y a consacré toute sa vie. « Je me souviens que lorsqu’il touchait son salaire il allait payer les terres dans son village pour faire de l’agriculture. Dans ses débuts également dans les années 80 il faisait des marchés publics de moins de 5 millions de Fcfa dont les bénéfices servaient à financer l’achat des terres cultivables dans la Haute-Sanaga », se souvient-il.

 

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