Mardi, 26 Mai 2020
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Anicet Nemani: « En 2020 nous serons sur plusieurs fronts »

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Fondateur et CEO de la plateforme Bimstr, dédiée à la promotion de la culture camerounaise, il dresse un bilan des activités de 2019 et se projette sur cette nouvelle année qui vient d’entamer son deuxième mois.

Par Lucien Bodo

Quel bilan faites-vous du comportement de la plateforme Bimstr en 2019 ?

Déjà il faut savoir que Bimstr initialement, était beaucoup plus présent sur Facebook. Bien que nous existions quand même sur les autres plateformes, c’est en 2019 qu’on s’est véritablement décidé à se développer efficacement sur les plateformes à l’instar de Instagram, Twitter et Telegram.

Aujourd’hui, Bimstr c’est donc plus de 200 000 abonné(e)s sur Facebook, plus de 60 000 abonnés(e) sur Instagram et plus de 10 000 followers sur Twitter. Il ne faut pas non plus oublier notre chaîne Telegram avec ses plus de 600 abonné(e)s.

Notre communauté labellisée les Z’experts s’est également développée et cumule à ce jour 11 rencontres. Le tout pour arriver à un nombre de 5 300 000 personnes qui voient nos publications chaque mois.

Pour finir, nous avons pu créer notre agence de communication Bimstr Agency. Avec Bimstr Agency, il est question de partager le savoir-faire et l’expérience que nous avons acquis au fil du temps. Notamment par la mise à disposition de nos community managers, nos rédacteurs/concepteurs, nos graphistes… ; et également faire le pont entre les parties en besoin grâce aux multiples partenariats que nous avons tissés.

On peut donc dire que le bilan est plutôt positif au regard des réalisations qui ont été faites et de la reconnaissance que les gens ont de notre travail. Même si nous sommes conscients que beaucoup reste encore à faire.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées dans le développement et l’exploitation de Bimstr, et comment s’organise l’équipe pour braver ces obstacles ?

D’abord, il y avait les préjugés vis-à-vis de la culture urbaine camerounaise et notamment la « musique urbaine ». Ces préjugés ne jouaient pas en sa faveur ; on dira même qu’ils étaient très réducteurs et plutôt péjoratifs. En effet, cette dernière était perçue comme réservée à une certaine catégorie de personnes ; ces personnes taxées de « délinquants », de « bandits », ces personnes qui n’étaient pas forcément très recommandables. Ceci d’une part à cause de notre story-telling musicale qui ne donnait pas de crédit à la musique urbaine, et d’autre part à cause de la réticence des médias locaux à faire une place à cette musique dans le paysage national.

Nous pouvons également invoquer le manque de soutien des artistes et des acteurs culturels du milieu. En effet, ceux-ci non pas directement soutenu dès le départ et ont décidé de rester un peu en retrait.

Pour finir, on peut parler du manque de ressources financières. Ça n’a pas été facile d’accomplir tout ce qu’on a réalisé sans véritable soutien financier. Même si certains ont tendance à penser que gérer une plateforme digitale ne coûte absolument rien. Voir les choses ainsi c’est ne pas considérer la publicité qui est nécessaire pour toucher un certain nombre de personnes. Nous avons donc fait de la publicité pendant deux ans, en sponsorisant notamment à nos frais les clips que nous apprécions particulièrement. Ce qui nous a coûté plusieurs millions.

Pour venir à bout de ces obstacles, on a donc dû innover dans plusieurs domaines. Déjà par notre manière de communiquer, en mettant au premier plan le consommateur du bas de la pyramide jusqu’ici délaissé ; par notre marketing, en adoptant dès la base le marketing tribal (fédérer une communauté autour d’une marque) ; ensuite en levant des fonds en interne entre nous, question de subvenir aux besoins de trésorerie ; enfin, par notre manière de développer et fédérer une base de personnes qui étaient disposées à porter notre musique au sommet. Ce qui engendra notre communauté labellisée les Z’experts.

Quels sont les grands chantiers en 2020 et de quoi avez-vous besoin pour tenir le pari ?

En 2020 nous serons sur plusieurs fronts. Déjà on compte développer encore plus notre communauté les Z’experts pour qu’elle soit encore plus grande et impactante. Viabiliser un peu plus le secteur culturel local grâce notamment aux rencontres professionnelles que l’on organisera. Musicalement parlant, nous comptons organiser le Bimstr Challenge, le Bimstr Music Djoss 3, produire des compilations et même produire un ou deux artistes. Enfin, sur le plan marketing, nous comptons rester la référence, c’est-à-dire continuer de communiquer comme personne grâce à notre agence de communication Bimstr Agency, apporter des solutions aux entreprises et aux particuliers par le biais de nos différents services et à travers nos ateliers de formation #ApprendreDeCeuxQuiFont dédiés au community management pratique.

En gros, l’objectif reste de maintenir notre leadership, continuer à marquer toute la sphère digitale par notre présence, devenir la voie autant que la voix du community management pour qu’au final chacun sache réellement pourquoi la créativité nous appelle « Papa ».

Comment se déroule la coopération avec les autorités camerounaises en charge de l’économie numérique ? Les avez-vous approchés ?

Nous n’avons pas encore approché les autorités (et elles non plus ne nous ont pas approché). Déjà parce que ce n’est pas du tout évident, et ensuite parce que c’est souvent source de déception de compter sur d’autres personnes.

Donc, de façon générale, nous ne comptons que sur nous, que sur notre équipe en nous disant qu’au bout de l’effort les choses se mettront en place d’elles-mêmes.

Dans votre domaine d’activités, quels sont, pour vous, les grands défis du numérique au Cameroun et en Afrique en ce moment ?

Et bien je pense tout de suite aux problèmes de connectivité Internet et d’accès permanent à l’électricité ; car, quand une de ces deux choses vient à manquer (comme c’est souvent le cas) cela nous empêche de travailler.

Mais notons également la nécessité de sensibilisation des internautes sur l’utilité du digital. En effet, beaucoup de personnes ont accès à Internet sans savoir l’exploiter à leur avantage. C’est en partie dans cette optique de sensibilisation que nous avons lancé les ateliers de formation #ApprendreDeCeuxQuiFont de Bimstr Agency. Nous souhaitons, par ces ateliers pratiques en community management, sensibiliser et former le maximum de personnes et ainsi leur permettre de trouver du travail grâce au digital.

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