Samedi, 21 Avril 2018
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André Bakaka:un lépreux autonome

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André Bakaka

Atteint de la maladie depuis 15 ans, André Bakaka  fait le petit commerce pour s’occuper de sa famille.
Par Guy Martial Tchinda
Contrairement aux autres patients de la lèpre qui se résolvent à la mendicité dans les différentes villes du Cameroun, André Bakaka a plutôt choisi de faire un petit commerce pour s’occuper de sa petite famille.

Agé de 53 ans, André Bakaka est atteint de la lèpre depuis 2002. Il avait 38 ans et il se souvient encore de cet épisode de sa vie comme si c’était hier. « Un matin, j’ai commencé à voir des taches et des rougeurs qui apparaissaient sur ma peau. Aussitôt, je me suis rendu ici [Centre Jamot, Ndlr] pour me faire consulter et on m’a dit que je souffrais de la lèpre », raconte-t-il sans regret. Le mal qui est dépisté tardivement prend rapidement de l’ampleur, avec notamment une plaie géante sur la jambe gauche qui le rend handicapé.

C’est alors qu’il est été interné au Centre Jamot pour son traitement. Heureusement, « j’étais logé, nourri et soigné gratuitement », se réjouit le commerçant, qui s’est rendu à Yaoundé pour la 65e Journée mondiale de la lèpre célébrée hier sur le thème : «Un enfant atteint de la lèpre est un malade de trop».

Mais, depuis la fermeture de cette léproserie située au quartier Mballa II à Yaoundé, tout semble se compliquer pour ce chef de famille. « Avant, tout était gratuit. Aujourd’hui, tout le monde se débrouille pour se soigner et pour se prendre en charge. En 2008, lorsqu’on fermait le Centre, on nous a fait comprendre que l’Etat n’avait plus assez de moyens pour s’occuper des patients de la lèpre. Il a été donné à ceux qui y vivaient de l’argent de poche et quelques tôles pour se construire une petite case», regrette le commerçant.

Celui qui est retourné dans le Mbam et Inoubou (son village natal) dans la région du Centre après son traitement poursuit d’ailleurs : « Je viens à Yaoundé tous les trois mois pour acheter les médicaments. N’ayant pas assez d’argent pour me faire interner en clinique normalement, je me contente des produits riches en calcium et ceux qui peuvent être à ma portée ».

Aujourd’hui, malgré ses efforts, il fait encore face à deux principaux obstacles. «Le problème de tout patient de la lèpre réside dans la difficulté à se soigner et à s’alimenter, car comme moi, plusieurs autres sont handicapés et donc diminués », conclut André Bakaka.

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