Mardi, 25 Juin 2019
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Amnesty International-Cameroun – Désaccord majuscule

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11 mois après le dernier, l’Ong présente ce jour un nouveau rapport sur la situation des droits de l’Homme dans l’Extrême-Nord.

Tremblez, Amnesty International est de retour ! L’organisation non gouvernementale (Ong) présente ce jour à Yaoundé un nouveau rapport sur « les violations des droits humains commises par les autorités et les forces de sécurité camerounaises dans le cadre de leur lutte contre Boko Haram », lit-on dans le communiqué de circonstance. La synthèse du rapport que propose Amnesty donne une idée sur les accusations qui y sont contenues. « Ce rapport, intitulé Bonne cause, mauvais moyens : atteintes aux droits humains et à la justice dans le cadre de la lutte contre Boko Haram au Cameroun, montre que les forces de sécurité camerounaises, en cherchant à protéger les civils contre les violences de Boko Haram, ont elles-mêmes commis des violations des droits humains », apprend-on.

alioune

Le communiqué poursuit : « Elles [les autorités camerounaises, ndlr] ont arrêté de façon arbitraire des centaines de personnes accusées de soutenir Boko Haram, sur la base de preuves minces, voire inexistantes. Un grand nombre des personnes arrêtées ont été placées dans des lieux de détention non officiels et soumises à la torture et à des disparitions forcées, et jugées par des tribunaux militaires ».

Dans le précédent rapport sur le Cameroun, rendu public le 16 septembre 2015, et intitulé « Cameroun : les droits humains en ligne de mire. La lutte contre Boko Haram et ses conséquences ». Amnesty International accablait déjà le Cameroun : « Le groupe armé Boko Haram a bouleversé la vie de milliers de personnes dans le nord du Cameroun en se rendant coupable de crimes au regard du droit international, notamment d’homicides illégaux, d’attaques contre des biens à caractère civil, de détournements de biens et d’actifs, de pillages et d’enlèvements. Dans leur volonté d’empêcher Boko Haram de gagner du terrain, les forces de sécurité se sont livrées à des arrestations arbitraires, des placements en détention, des disparitions forcées et des exécutions extrajudiciaires visant des membres présumés de ce groupe ».

Le rapport soutenait du reste que « des centaines de milliers de réfugiés venus du Nigeria et de la République centrafricaine vivaient toujours dans des conditions précaires. Les libertés d’expression, d’association et de réunion restaient soumises à des restrictions. Des défenseurs des droits humains ont fait l’objet de manœuvres d’intimidation et de harcèlement, y compris de la part d’agents gouvernementaux. Les lesbiennes, les gays et les personnes bisexuelles, transgenres ou intersexuées étaient toujours en butte à la discrimination, à des manœuvres d’intimidation et au harcèlement, bien que les arrestations et les poursuites aient été moins nombreuses que les années précédentes. Une loi antiterroriste promulguée le 23 décembre 2014 bafouait les droits et libertés fondamentaux et élargissait le champ d’application de la peine de mort ».

En prélude au rapport qui sera présenté ce jour, le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary a reçu en audience mardi le directeur du Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de Amnesty, Alioune Tine. Les déclarations du Mincom au sortir de cette audience, ne s’éloignent pas de celles faites en septembre dernier : « Lorsqu’Amnesty International, prétendument, déclare qu’il y a violation flagrante des droits de l’Homme, nous disons qu’Amnesty International devrait se souvenir que ses paroles ne sont pas des paroles d’évangile. Amnesty International a une lecture partisane de la situation, utilise un prisme qui lui est propre »,explique Issa Tchiroma, qui confesse que le gouvernement camerounais ne rejette pas les observations d’Amnesty, mais se dit surpris « par ce qui nous [au gouvernement, ndlr] apparaît comme une sorte de sympathie manifeste d’Amnesty International vis-à-vis de cette cohorte de bandits ».

Georges Alain Boyomo

Qui est Amnesty International ?

L’organisation non gouvernementale (Ong), Amnesty International a été créée par le britannique Peter Benenson. Avant d’exercer le métier d’avocat, celui-ci a travaillé au bureau du ministère de l’Information et de la Presse britannique lors de son service pendant la Seconde Guerre mondiale. Peter Benenson a ensuite travaillé au Bletchley Park qui était le centre de décryptage anglais, où il était affecté à la «Testery». Benenson était chargé de déchiffrer les codes allemands. «En 1960, Benenson est choqué par un article de journal qui relate l’arrestation de deux étudiants condamnés à sept ans de prison pour avoir porté un toast à la liberté pendant la dictature de Salazar. Révolté, il lance dans le journal l’Observer (dont le rédacteur était David Astor) un appel en faveur «des prisonniers oubliés» dans lequel on a utilisé pour la première fois la notion de « prisonnier d’opinion». L’avocat reçoit alors des milliers de lettres de soutien. L’appel, repris dans les journaux du monde entier, demandait aux lecteurs d’écrire des lettres pour protester contre l’arrestation des deux jeunes hommes. Pour coordonner cette campagne, Benenson fonde en juillet 1961 l’association Amnesty International avec l’aide, entre autres, de Sean MacBride et d’Eric Baker.

Depuis, Amnesty s’est vu reconnaître le caractère d’organisme à voix consultative auprès de l’Organisation des nations unies (Onu), auprès, notamment, de son Conseil économique et social, de l’Unesco, de l’Europe et de l’Organisation des États américains. Elle jouit également d’un statut d’observateur auprès de l’Union Africaine. Sur le site de cette organisation non gouvernementale, il est écrit : « Amnesty International est un mouvement mondial regroupant plus de 7 millions de personnes qui prennent l’injustice comme une affaire personnelle. Nous faisons campagne pour un monde où chacun peut se prévaloir de ses droits. Nous sommes financés par nos membres et des personnes comme vous. Nous sommes indépendants de toute idéologie politique, de tout intérêt économique et de toute religion. Aucun gouvernement n’échappe à notre vigilance. Aucune situation n’est désespérée ».

Le site poursuit : « A nos débuts, peu de gens imaginaient que des tortionnaires deviendraient des hors-la-loi internationaux. Il paraissait improbable que la plupart des pays aboliraient la peine de mort. Il semblait tout aussi inconcevable que des dictateurs réputés intouchables aient un jour à répondre de leurs crimes ». Le slogan d’Amnesty International est : « mieux vaut allumer une bougie que maudire les ténèbres ».

Qui finance l’action d’Amnesty International ? A cette question l’Ong répond : « La très grande majorité de nos revenus provient des dons versés par des personnes dans le monde entier. Ces dons de particuliers permettent à Amnesty International de rester totalement indépendante vis-à-vis de tous les gouvernements et intérêts économiques et de toute idéologie politique et religion. Pour mener notre travail de recherche sur les droits humains, nous ne sollicitons ni n’acceptons aucun fonds provenant de gouvernements ou de partis politiques, et nous n’acceptons de soutien que de la part d’entreprises triées sur le volet.

Grâce à notre collecte de fonds basée sur des principes éthiques et aux dons des particuliers, nous pouvons continuer de défendre fermement et résolument l’universalité et l’indivisibilité des droits humains ».

Cependant, s’agissant du financement d’Amnesty international, une étude intitulée « guerre de l’information, les dessous des Ong : une vérité cachée », sous la direction de Christian Harbulot, fait des révélations : « En premier lieu nous pouvons voir que l’Ong dispose de plusieurs strates. Amnesty International est la première façade mais derrière nous retrouvons Amnesty International Charity Limited qui est une association enregistrée comme charitable et c’est par celle-ci que passe les financements d’Etats et de groupes corporatistes ». L’étude poursuit : « Georges Soros, milliardaire notamment accusé de délit d’initiés en France par la Société Générale est à la tête de la fondation Open Society Institute, qui promeut la démocratie, est l’un des plus gros donateurs d’Amnesty International Charity Limited. Il a déjà investi plus de 100 millions de dollars au sein de l’Ong. (Peut-être dans un souci de conscience et de transparence vis-à -vis des Etats) ». L’enquête conclut, au sujet des dons faits à Amnesty : « Il n’y a aucun détail des dons. Un don peut être un don d’Etat ou de particulier. Où sont ces détails ? Pourquoi ne sont-ils pas déclarés officiellement ? Peut-on se considérer comme transparent dans ces moments-là ? Toutes ces questions laissent planer des doutes au-dessus de l’Ong ».

G.A.B

Colonne

Formation

L’Eiforces et l’Esig à plein régime

En une semaine, ces deux écoles ont donné à l’Afrique et au monde le meilleur de leurs éléments en matière de sécurité et de défense.

L’Ecole supérieure internationale de guerre (Esig) du Cameroun, basée à Yaoundé a encore fait parler d’elle. Ce 13 juillet 2016, elle a livré à l’Afrique et au monde, la 11e cuvée de stagiaires formés en son sein sur le campus de Simbok. 52 stagiaires venus de trois continents (Afrique, Europe, Amérique), ont pendant 11 mois, subi les épreuves et les modules de formation en matière de stratégie et de gestion des conflits. Ils en sortent avec un Brevet d’enseignement militaire du second degré (Bems) et d’un Master II en stratégie de défense. 52 candidats issus de 22 pays ont ainsi, dans la pure tradition militaire, affronté les enseignements, tant du corps enseignant militaire que civil, sur les nouvelles formes de menaces auxquelles le monde actuel fait face aujourd’hui. Obéissant à la devise de l’Esig, « la stratégie au service de la paix », les 52 apprenants, parmi lesquels sept camerounais, une américaine et un français ont franchi avec brio les différentes épreuves soumises à leur évaluation. Sous la supervision de l’université de Yaoundé II qui abrite en son sein un centre dédié aux problèmes de stratégies.

Une sortie qui est sans rappeler celle des pensionnaires de l’Ecole internationale des forces de sécurité (Eiforces), dont la cérémonie solennelle a eu lieu le 11 juillet dernier au palais des congrès. Au menu, la sortie des candidats au diplôme d’Etat-major des forces de sécurité, 6e promotion, ainsi que la 9e promotion du stage de perfectionnement au commandement opérationnel de niveau II. Tous ces parchemins sanctionnent la formation sur des techniques de maintien de la paix. Au total 42 stagiaires ont subi avec brio les enseignements sur le campus d’Awae, dans le département de la Mefou et Afamba, région du Centre. Une institution qui de l’avis du représentant des stagiaires au diplôme d’Etat major (Dem), « a besoin de plus de visibilité dans l’attente de sa certification par les nations unies », qui par ailleurs sont au centre des modules de formation qui y sont dispensés.

Deux institutions de formation de haut niveau qui placent le Cameroun au centre de la réformation, non seulement de son armée, mais aussi des armées d’Afrique et du monde.

Grâce à l’assistance technique des partenaires, le Cameroun se situe aujourd’hui comme un pool d’excellence de la formation supérieure des hommes en armes, pour des armées plus citoyennes et plus républicaines, comme le précise le ministre de la défense, Joseph Beti Assomo. Le général de division Ngambou Esaïe, et le commissaire divisionnaire Cécile Oyono, principaux dirigeants de ces instituions ont de leur touche particulière marquée le fonctionnement de ces centres de formation qui font aujourd’hui du Cameroun, un centre d’excellence dans le domaine du maintien de la paix et de la stratégie militaire.

Joseph-Beti-Assomo

Georges Parfait Owoundi

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