Jeudi, 13 December 2018
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Alibaba ou l’incarnation du rêve chinois

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Bienvenue dans un monde merveilleux de technologies. Cette phrase aurait pu barrer le fronton du siège du groupe Alibaba, basée à Hangzhou, une ville chinoise située à quelque deux heures de vol de la capitale Beijing.

Par Georges Alain Boyomo, de retour de Hangzhou

Dès l’entrée du gigantesque et futuriste édifice, le carnaval des lumières apprivoise le visiteur pour ne le lâcher qu’en bout de parcours. Sur un long corridor, des images résumant la fabuleuse histoire de Jack Ma (Ma Yun de son vrai nom), le principal fondateur du groupe Alibaba (absent au moment de notre excursion), stimulent l’envie de la découverte. La cour de miracles est interminable et a un goût de revenez-y.
A travers ses hommes, ses performances et le vertige de son chiffre d’affaires, l’empire chinois spécialisé dans le commerce électronique, qui étend aujourd’hui ses tentacules à travers le monde (l’Afrique et le Cameroun ne figurent pas encore dans la toile d’Alibaba), est une invite au rêve, à l’audace d’entreprendre. Un appel à repousser sans cesse ses limites, par ces temps de développement prodigieux de l’économie numérique.


Tout commence en 1999, lorsque Jack Ma, enseignant d’Anglais dans un institut d’électronique, et ses 17 associés (tous issus des milieux modestes) se lance de cette aventure, dans un appartement à Hangzhou, avec un capital d’à peine 60.000 dollars (33 millions Fcfa). Né le 10 septembre 1964 « au sein d’une famille des plus ordinaires »- selon ses propres termes-, Jack Ma possédait alors pour toute compétence numérique « l’envoi d’un e-mail ».

 

Mais il était convaincu dès le début des années 90 qu’internet représentait l’avenir de la société mondiale. C’est précisément en 1995, au cours d’un voyage à Seattle, aux Etats-Unis, voyage au cours duquel il joue les interprètes, qu’il entend parler d’internet. A cette époque, le réseau mondial n’est pas particulièrement connu, notamment en Chine. Jack Ma lance plus tard les « China Pages », avec un relatif succès.
Le nom Alibaba, qui rappelle un musicien camerounais qui a fait sensation dans les années 80, est choisi par Jack Ma et ses compagnons parce qu’il est facile à prononcer et connu du monde entier. Qui n’a pas à l’esprit la caverne d’Alibaba, lequel symbolise un lieu contenant divers objets de grande valeur. Cette expression tire son origine d’un conte « Ali Baba et les 40 voleurs », issu du recueil, « les mille et une nuits », où un marchand, Ali Baba, découvre une caverne dans laquelle des voleurs ont caché leur butin. La porte de la caverne ne s’ouvre qu’avec la formule magique « sésame, ouvre-toi ! ».


Mieux que le vaste bric-à-brac du conte, Ali Baba aujourd’hui, c’est une plate-forme globale internationale B2B : Alibaba.com, une plateforme B2B Chine : 1668.com, une plateforme de shopping en ligne : Tmail.com, des plateformes de vente en détail : Taobao (C2C) et Aliexpress, un moteur de recherche pour le shopping en ligne : etao.com, une plateforme de paiement : Alipay et des services de Cloud computing : Aliyun. En mars 2016, le groupe comptait 36.000 salariés.
Saillies
La mission que se donne Alibaba se veut simple : faciliter les affaires quel que soit l’endroit dans le monde. Alibaba rivalise avec les géants américains e-Bay et Amazon. En mars 2016, le groupe a atteint 476 milliards de dollars de volume de transactions. En juin 2016, il a enregistré 434 millions d’utilisateurs. Entre juillet et septembre 2016, le groupe Alibaba, inscrit dans les principales places boursières du monde entier, a dégagé un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros. En 2014, les transactions d’Alibaba représentaient 2,5% du Pib chinois.


Pour magnifier le dépassement de soi qui le caractérise, Jack Ma, le Bill Gates chinois, n’est pas avare en saillies. Florilège : « Je regarde la technologie avec les yeux de mes clients », « La seule qui ne change pas, c’est le changement », « Je n’’avais jamais peur des ennemis plus grands que moi », « vous êtes un contre-révolutionnaires si vous ne voulez pas commencer une révolution », « je n’ai jamais hésité à me battre, même contre un plus gros que moi », « si vous divisez les entreprises entre riches et pauvres, l’internet est le royaume des pauvres », « N’abandonnez jamais, aujourd’hui est difficile, demain sera probablement pire, mais après-demain sera ensoleillé. Si tu abandonnes demain, tu ne verras jamais le soleil ».
Avec une fortune estimée à 27 milliards de dollars, en 2016, Jack Ma est l’homme le plus riche de Chine. Ce praticien d’arts martiaux aimerait que l’on se souvienne de lui comme le grand maître de Tai-Chi.
Prochain article : Economie. Le raid chinois sur le Cameroun

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