Vendredi, 19 Janvier 2018
Accueil quotidien mutations chronique Cameroun: entre rigueur budgétaire et croissance keynésienne

Cameroun: entre rigueur budgétaire et croissance keynésienne

150
- Publicité -
Ape

Depuis le mercredi 26 octobre 2016, les chefs d’entreprises évoluant au Cameroun ne savent pas sur quel pied danser. Ainsi, à l’occasion de la présentation des perspectives économiques régionales en Afrique centrale  préconisait « un ajustement budgétaire rigoureux ». Il sera teinté d’un renforcement des mesures de protection sociale et des réformes structurelles. C’est en vue de l’accroissement de la compétitivité de l’économie camerounaise. Cécile Allard  prévenait du caractère immédiat et inéluctable de ces réformes. L’objectif étant d’arrêter la décélération de la croissance économique au Cameroun et dans la sous-région.

Tandis que dans le même temps, le Cameroun par l’intermédiaire du Minepat annonçait au courant du dernier trimestre 2016, un vaste programme économique triennal, avec la poursuite des grands chantiers. Le Fmi est revenu à la charge lors de la visite de Madame Lagarde et Monsieur Sapin. Il préconisait sans ambages un Programme d’ajustement structurel pour tous les pays de la sous-région. Alors, la dévaluation était brandie comme hypothèse de réflexion. Mais, elle a été exclue par les chefs d’Etat dans leur déclaration.

La position du « grand argentier international » est basée sur la volonté de redresser une économie. Celle-ci est  fortement marquée par la chute des cours du baril de pétrole en particulier. En ce mois de juin, le Cameroun, à l’instar des autres pays de la sous-région a validé un programme triennal d’aide proposé par le Fmi. Il est constitué d’un crédit de 666,2 millions de dollars avec un décaissement immédiat de 171,3 millions de dollars. Le reste sera déboursé de façon échelonnée.

Inutile de préciser que cet argent sera octroyé sous un contrôle minutieux du Fonds. Les objectifs du credit sont de diversifier les revenus non-pétroliers, améliorer la crédibilité et la transparence dans l’exécution budgétaire en publiant des rapports réguliers. En d’autres termes, il s’agit  d’améliorer la qualité de la dépense publique. Et c’est reparti pour un programme d’ajustement structurel qui ne cache même plus son nom.

Selon des observateurs, un vent d’incertitudes plane sur l’organisation effective de la Can 2019 par le Cameroun, car bien malin qui démontrera l’adéquation des grandes réalisations entamées à travers des chantiers observés çà et là avec ce contexte nouveau. Or le Cameroun veut « SA COUPE D’AFRIQUE ». Quelle sera la réaction des thuriféraires de l’administration face aux « experts trentenaires » envoyés régulièrement par le Fmi pour corriger les copies ?

Fmi

Quel jeu d’équilibriste le Minepat, qu’on peut imaginer et à raison bien embarrassé par la situation va jouer, pour poursuivre sa relance « keynésienne » face à un partenaire aussi averti que le Fmi, alors qu’il ne maitrise pas la dépense publique au Cameroun ? Va-t-on vers le retour d’un « Grand » ministère de l’Economie et des Finances au Cameroun ? En tout cas, comme on dit au Cameroun « On ne refuse pas l’argent ».

Par Lucien Ntamag: spécialiste en intelligence économique

Newsletter: Restez au courant de l'actualité


- Publicité -

AGENDA

Festival des musiques et danses patriomoniales

première édition de Business Coffee Break

Tous nos évènements
Mutations SHOP