Samedi, 21 Avril 2018
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Afrique:la crise du logement en question

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Ce problème fait l’objet d’une grande enquête menée en Côte d’Ivoire et au Cameroun par « Infrastructures magazine ».
Par Lucien Bodo
L’Afrique a du mal à se lotir. Le constat empirique s’apparente à du déjà entendu. Et pourtant, la persistance et même l’aggravation du problème dans la partie subsaharienne et francophone du continent obligent encore à s’y intéresser. C’est ce à quoi s’est attelé « Infrastructures magazine » dans sa dernière livraison (Août-Septembre-Octobre 2017). « Afrique, L’enfer du logement ». Tel est le principal titre qui barre la une de cette publication basée à Douala et dirigée par Olivier Fokam. Comme échantillon, les reporters se sont déployés en Côte d’Ivoire et au Cameroun, deux pays qui font face à ce problème avec des fortunes diverses.

Comme une espèce de tour d’horizon, l’éditorial dresse d’emblée le tableau horrible des villes tentaculaires africaines qui s’étendent horizontalement sans véritable planification. La misère des campagnes et les rêves de succès que miroitent les zones urbaines est la cause d’un exode rural massif. On aura donc 1,2 milliard de personnes à loger d’ici 2050, à en croire Onu Habitat. Les villes sont surpeuplées et face à une demande sans cesse croissante, le logement s’obtient désormais à prix d’or.
En Côte d’Ivoire, la ville d’Abidjan qui compte à ce jour 10 millions d’habitants, présente un déficit qui se situe autour de 20.000 logements.

« Pour des maisons de 3 pièces, les ménages doivent débourser 150.000, 200.000, voire 250.000 Fcfa selon les quartiers », renseigne le magazine. Le Cameroun présente également un besoin de 2 millions de logements. L’Etat camerounais a investi dans les logements sociaux pour essayer de résoudre le problème. A ce propos, un programme de construction de 10.000 habitations a été lancé en 2009. Mais jusqu’ici, seule la phase pilote a démarré. Et encore, le profil des occupants des bâtiments déjà sortis de terre se recrute souvent parmi les hauts-cadres de la fonction publique.

En Côte d’Ivoire, le gouvernement a décidé de recourir aux promoteurs immobiliers avec pour objectif de proposer un logement à moindre coût. Malheureusement, les investissements entrepris ne permettent pas à ces promoteurs d’appliquer ce genre de prix. D’un côté comme de l’autre, le financement de l’habitat reste une grande difficulté. Acquérir une portion de terrain et ériger une habitation n’est pas l’affaire du premier venu. Le Cameroun brille par exemple par une insécurité foncière criarde marquée par une fragilité du titre foncier. A ceci, s’ajoutent les retards dans l’aménagement des voiries et réseaux divers et les faibles résultats du crédit foncier.
L’une des solutions prônées pour des résultats plus efficaces vient d’un ancien ministre ivoirien qui propose la « générosité nationale ».

Il s’agit de prélever mensuellement une faible somme sur les salaires des fonctionnaires et des travailleurs du privé. Aux fonds obtenus, viendrait s’ajouter une subvention de 10 milliards Fcfa. Ce qui permettrait la construction et la mise à disposition de logements à des prix abordables. En 84 pages aérées et bien illustrées, « Infrastructures magazine », en dehors du logement, s’intéresse également au port de Kribi, qui a accueilli son premier bateau en juin dernier. Le style simple usité par les rédacteurs rend la lecture fluide et les textes bien documentés en rajoutent à la crédibilité des informations.

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