Vendredi, 5 Juin 2020
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Affairisme:dans quoi s’est fourré Enow Abrams Egbe?

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Davantage connu comme président d’Elecam, il traine deux de ses associés en justice pour affaire de 200 millions Fcfa.
 
Par Cyril Marcel Essissima
 
Par une correspondance datée du 05 février 2020, les sieurs Chappi Joseph Siantoh et Mosoko Joseph Jembia, présentés comme des entrepreneurs, ont saisi le président de la République, Paul Biya, aux fins de porter à sa connaissance le litige qui les oppose à leur associé, un certain Enow Abrams Egbe, depuis le 08 novembre 2019.
C’est que les trois protagonistes sont partenaires dans le cadre d’une entreprise dénommée NOCHACAM Global Services (NGS).  Il s’agit d’une société à responsabilité limitée (Sarl), spécialisée dans la « maintenance générale des équipements portuaires et machines, services d’ingénierie et prestations de services », peut-on lire au pied de la lettre.
Créée en janvier 2018 à l’initiative de Chappi Joseph Siantoh (50% des parts), lequel a associé Mosoko Joseph Jembia (25%), puis Enow Abrams Egbe (25%), l’entreprise semblait prometteuse et juteuse. « Le 1er mars 2019 », NGS devient, apprend-on, « opérationnelle avec un effectif d’environ 20 personnels », grâce à l’acquisition de marchés, dont un au Port autonome de Kribi (Pak).
Les activités se déroulent « sans problème » jusqu’au moment où, « à notre grand désarroi, après seulement six mois d’activité, M. Enow Abrams Egbe, actionnaire minoritaire avec 25%, a pris sur lui, sans aucune preuve substantielle ni aucun audit d’expert des opérations de l’entreprise, d’accuser le directeur général (M. Chappi, ndlr) de mauvaise gestion et d’abus des biens sociaux avec une série de citations qui ont commencé le 08 novembre 2019 », s’étonnent les partenaires de départ. Dans leur version des faits, ils ajoutent à l’intention du chef de l’État que leur partenaire, de notoriété connue comme le président du Conseil électoral d’Elections Cameroon (Elecam), l’organe en charge de l’organisation des élections au Cameroun, « a poursuivi ses actions déstabilisatrices » de la société par l’utilisation de « sa position d’autorité pour influencer les autorités de police ». C’est ainsi que les sieurs Chappi et Mosoko ont passé cinq jours de garde à vue « au Commissariat central de de Kribi ». Un épisode que reconnaît le conseil d’Enow Abram Egbe, joint par téléphone le 11 mai dernier.
Arnaque
Toutefois, l’avocat réfute en bloc les mauvaises intentions prêtées à son client et dénonce une arnaque. « Il se trouve qu’il (Enow Abrams Egbe) s’est fait grandement arnaquer. Si vous leur demandez où se trouve la société, elle n’existe pas. Ils (les associés) sont allés le rencontrer pour lui dire qu’ils veulent ouvrir une société et qu’ils travailleraient avec lui. Mais comme il est occupé, il leur a entièrement fait confiance. Ils ont fixé le siège social de la société à Yaoundé. Mais si vous leur demandez où se trouve la société, vous verrez qu’elle n’existe pas », a-t-il ajouté. Il est à remarquer qu’aucune correspondance tendant à concilier les parties ne fait trace dans cette affaire. « M. Chappi a fourni de faux documents. Entre temps M. Enow a mis un véhicule, il a mis son titre foncier à la banque pour faire ouvrir le compte de fonctionnement de la société. Il a gagné un petit marché d’entretien des machines au Pak. Et il leur a demandé d’aller faire le marché à Kribi », révèle l’avocat.
Autre pomme de discorde, c’est la désignation d’un administrateur provisoire par ordonnance du président du Tribunal de première instance du centre administratif de Yaoundé.  Le duo d’associés soupçonne ce dernier d’être à la solde du président conseil électoral. Car, selon eux, aussitôt désigné, l’administrateur a accès au compte de la société NGS. Un fait confirmé par le conseil de l’accusation. « On a ordonné la nomination d’un administrateur provisoire en attendant la procédure qui les concerne en abus de biens sociaux (…) Il a accès au compte parce qu’il faut que l’entreprise fonctionne. Il faut qu’il paie les employés. Il ne gère que les affaires courantes. Mais il ne peut pas encore distribuer les dividendes parce que nous sommes en litige avec ces pseudos associés », a expliqué l’homme de droit.
200 millions Fcfa
Nerf de la guerre, c’est un truisme que de rappeler que l’argent est au centre du différend entre ces trois partenaires qui plus sont des amis au départ. 200 millions Fcfa, c’est la somme que réclame à présent Enow Abrams Egbe à ses acolytes d’hier. Un montant que ces derniers ne reconnaissent pas, car, disent-ils, « aucune preuve quant à la manière dont la société lui doit cette somme faramineuse » n’a été rapportée. Côté Enow, à travers son conseil, cette somme est réclamée « sans intérêts ». L’avocat fait savoir d’ailleurs que c’est son client « qui faisait tout » pour ses associés, « en terme de véhicule, en terme d’apports en nature, etc. » Bref, tranche-t-il, « en réalité, ils doivent être en prison ».
Parlant de la gestion querellée, il mentionne plusieurs cas de « fautes de gestion ». D’abord, énonce-t-il, « ces deux messieurs ont pris leurs femmes pour leur attribuer des salaires faramineux dans cette société alors que ces dernières étaient assises à Yaoundé. Voilà comment ils ont pillé complètement cette entreprise ».
À l’origine, Chappi Joseph Siantoh est « actionnaire majoritaire », apprend-on, puisque détenant « 50% » du capital de l’entreprise, tandis que les deux autres détiennent « 25% » chacun. Un autre argument refoulé par le conseil de M. Enow. « À bien y regarder, c’est lui la victime dans cette histoire, parce que sachant que c’est une personnalité publique, ils se sont dit qu’il n’irait jamais se plaindre. La société est censée être située à Bastos à Yaoundé. Or il n’y a même pas un bureau. La société est toujours dans leur sac comme ils baladent-là. M. Chappi est-il capable de dire ce que représente ses 50% sur un chèque en numéraire ou un don en nature ? S’il faut bien voir, M. Enow est le seul pigeon de cette entreprise. C’est-à-dire que c’est lui qui mis sa voiture 4*4 à leur disposition, c’est lui qui a loué les bureaux de Kribi, c’est lui qui a mis son titre foncier en jeu pour que la société puisse avoir des frais de fonctionnement, etc. Et depuis plus d’un an qu’il traite avec eux, il n’a rien vu. Aucune assemblée générale, rien du tout. C’est une société dangereusement fictive. Qu’ils commencent par montrer le siège de la société. Elle existe seulement dans leur sac comme ils la tiennent-là. Ils n’ont apporté aucune action dans cette société, et donc n’ont rien à revendiquer », a achevé l’avocat d’Enow Abrams Egbe. L’affaire est pendante en justice.

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